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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Daylon
On dit la SF mal-aimée, maltraitée, miséreuse ; on l’imagine un peu clocharde, obligée de racler les fonds de poubelle de la littérature pour gagner de quoi subsister. Certes. Mais il existe aussi quelques auteurs, devenues icônes de leur vivant ou après leur mort. Un statut de quasi déité dépassant le simple effet de mode ou l’énième adaptation de telle nouvelle au cinéma, format blockbuster.
Quel meilleur exemple que Philip K. DICK pour illustrer ce statut de rock star de l’Imaginaire. Au-delà même d’auteurs comme ASIMOV, HEINLEIN ou LOVECRAFT, quel auteur, revenu d’outre-tombe, pourrait se targuer d’une telle notoriété populaire ? Cependant le nom dépasse l’œuvre et peu nombreux seraient ceux, dans le grand public, qui pourraient citer ses œuvres... À l’heure d’une quasi inondation dickienne, n’est-il pas temps de jeter un œil sur cette traduction de l’essai de Kim Stanley ROBINSON [auteur de la trilogie martienne], tentative de décryptage de l’œuvre de DICK ?
Et effectivement, c’est bien un décryptage en règle auquel nous avons droit.
Nous apprenons les différents schémas narratifs des romans de DICK [on devrait peut-être insister maintenant sur le titre qui mentionne clairement "Les ROMANS" et non "Les NOUVELLES"], sa manière de gérer une intrigue, de diffuser ses idées au travers des personnes.
Nous découvrons pourquoi telle œuvre est devenue moins culte que telle autre. Pourquoi à un moment précis, DICK devint superstar après des années d’ignorance. ROBINSON offre un pavé véritablement complet sur l’auteur. Peut-être, certainement même, le plus accompli de tous. L’analyse est fine, les interprétations intelligentes. On ressort de cet essai avec une masse de connaissances non négligeables. Passionnantes et érudites. Où pourrait donc se trouver la faille, dans ce cas ? Est-ce parfait ? Tout dépend du public.
Cet essai va certainement ravir le fandom [ça va faire plaisir à certains cafarnautes, ça], mais il ne faut pas perdre de vue que cette analyse va en profondeur et ne s’embarrasse pas d’effets de style. Cela signifie donc au menu spoilers à profusion [pensez à lire les quelques indispensables comme "Ubik" ou "Substance Mort" avant de vous attaquer à l’essai de Mr. ROBINSON] et une écriture très très très [très] scolaire. Nous avons affaire à une thèse et on ne peut s’y tromper, ce qui pourra par moment gâcher le plaisir de la lecture par ce côté rabâché de l’analyse.
Fort heureusement, le propos sauve largement cette forme taillée à la serpe. On relèvera enfin l’excellente idée d’avoir intégré un index qui ravira les personnes désirant se reporter ultérieurement à l’essai ; ainsi que le maquettage des Moutons qui aère et rafraîchi l’essai, lui offrant une allure tout sauf rébarbative.
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"Les romans de Philip K. DICK" se révélera rapidement comme un incontournable, tout autant pour les amateurs dickiens que pour les amateurs de science-fiction désirant parfaire leurs connaissances du genre. |
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A LIRE AUSSI :
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