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Publié le 03/07/2003

Les voies d’Anubis de Tim Powers

[The Anubis Gates, 1983]

REED. J’AI LU / SF, 2003

Par Lunatik

1810. Sur les bords de la Tamise dans un camp de gitans, Amenophis Fikee et le Dr Romany tentent un sortilège afin que les dieux égyptiens reviennent sur le devant de la scène. Malheureusement pour lui, c’est un échec total.

1983. Brendan Doyle, universitaire californien spécialisé dans la littérature anglaise du XIXème siècle, est contacté par le milliardaire J. Cochran Darrow afin de donner une petite conférence sur le célèbre poète Coleridge.
Intrigué et appâté par les 20 milles livres sterling du contrat, Doyle se déplace jusqu’à Londres afin d’en savoir plus. Mais là, surprise ! la conférence sur Coleridge, qu’il doit donner à un parterre d’érudit aisés, n’est qu’un préliminaire. Il doit en effet accompagner le petit groupe à une autre conférence, cette fois ci dirigée personnellement par Coleridge... en 1810.


En fait, Darrow a trouvé le moyen de voyager dans le temps, au moyen de "brèches" qui apparaissent ponctuellement, à certains endroits bien précis. Le vieil homme d’affaire, atteint d’une maladie incurable, a utilisé sa fortune personnelle et ses laboratoires de recherche pour découvrir quand aura lieu la prochaine brèche dans l’espace, et quand elle permettra d’accéder dans la passé.

Les voyageurs, désireux de voir le célèbre poète en chair et en os, devront débourser chacun 1 million de dollars. Mais, l’argent est-il le seul moteur de Darrow pour entamer cette grande aventure ?

Doyle, sceptique, mais ne voulant pas laisser une occasion unique d’assister en personne à une conférence de Coleridge, accepte la proposition de Darrow.
Une fois sur place, et au moment de regagner la brèche qui les ramènera en 1983, Brendan Doyle se fait enlever par de mystérieux gitans.
Désormais prisonnier du temps, Doyle n’aura de cesse de trouver un moyen de retourner chez lui...

Grandiose, magnifique, extraordinaire... sont les premiers mots qui viennent à la bouche après avoir refermé ce livre. C’est une plongée dans les bas fonds de Londres, en 1810.
Mais c’est loin d’être un simple voyage touristique dans le temps, avec son lot de paradoxes. Non. Ici, le fantastique côtoie la magie, l’horreur et le mystérieux. Vous allez rencontrer un clown monté sur échasses [chef d’une armée de mendiants], des lutins qui voguent sur la Tamise dans des coques de noix, des magiciens redoutables, des poètes anglais tel que Byron, Coleridge et le célèbre Ashbless, une sorte de loup garou du nom de Joe face de chien, dont la particularité est de pouvoir changer de corps à sa guise et des monstres créés par la main d’un fou. Le tout s’agençant de façon admirable et cohérente.

Une fois de plus Powers fait mouche en mélangeant personnages fictifs et réels (cf. Les puissances de l’invisible). Ainsi, Ashbless, créé de toutes pièces par Powers et Blaylock lorsqu’ils étaient sur les bancs de l’école, prend de la consistance aux côtés de Byron et Coleridge.

Reste le problème de tous les récits traitant du voyage dans le temps : comment expliquer les incontournables paradoxes temporels ? Powers esquive. Il n’essaye, tout simplement, pas de fournir une explication. Il ne s’attarde pas sur des raisonnements fumeux d’univers parallèle, ou autre type d’explication que l’on retrouve fréquemment dans ce type de roman. Du coup le récit est plus fluide et le lecteur y est gagnant. D’autant plus qu’il boucle les paradoxes avec brio (si toutefois on est pas trop regardant sur les incohérences liées aux paradoxes eux-même).


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L’accueil critique a été unanime : ce roman est une grande réussite ! Il mêle tous les genres avec dextérité, donne vie à des personnages grotesques et féroces étonnament réalistes, nous entraîne aux coeurs des égouts londoniens à la rencontre de sorciers grandioses...
On pense à Dickens, à Gustave Leroux... ça pourrait sombrer dans le ridicule, mais ça n’arrive jamais !

Le rythme est trépidant, le héros attachant, c’est plein d’humour, d’imagination et de noirceur...
Écrit il y a maintenant 20 ans, Les voies d’Anubis n’a pas pris une ride. C’est toujours un monument de la littérature de science fiction dans lequel il fait bon se plonger, replonger, et se rere...