EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 07/11/2010

Léviathan de Scott Westerfeld

[Léviathan]

ED. POCKET JEUNESSE, SEPT. 2010

Par Ubik

La Belle Époque s’achève. Entre les puissances centrales – les Clankers – et les pays de l’Entente – les Darwinistes –, l’antagoniste économique, politique et technologique atteint sa masse critique. Une détonation risquant d’entraîner le vieux continent et, qui sait, le Nouveau Monde, dans une conflagration mondiale.
Pendant que les adversaires fourbissent leurs armes, le jeune Alek joue à la guerre au lieu de dormir. Il ne sait pas encore que l’assassinat de ses parents, l’archiduc d’Autriche et son épouse – va leur servir de prétexte pour déclencher les hostilités. Plus à l’Ouest outre-Manche, Deryn s’apprête à réaliser son rêve : intégrer l’Air Service. Ne lui reste plus qu’à duper tout le monde en se faisant passer pour un jeune et fringuant jeune homme.


Présenté comme le premier volet de la nouvelle trilogie de Scott Westerfeld, Léviathan s’annonce sous le signe du gigantisme. Une impression confirmée par les volets suivants, intitulés respectivement Béhémoth et Goliath, et vérifiée à la lecture du présent roman. En effet, Léviathan aligne tous les poncifs d’un rétrofuturisme bigger than life, exubérant jusque dans le moindre de ses rivets ou piston.
Après les ombres de Midnighters et les adolescents d’Uglies, contrariés à la fois par les questions éthiques et esthétiques, Westerfeld donne dans la démesure rétro. Un genre que d’aucuns ont décrété steampunk. Toutefois, il souffle également un vent de Mécas et de Morphos sur Léviathan. Pas grand chose mais suffisamment pour évoquer, au moins fugitivement, les deux factions imaginées par Bruce Sterling dans un futur lointain.

L’affrontement se situe ici dans le passé. Celui d’une Europe alternative à la veille de la Grande Guerre. La géopolitique y est peu ou prou la même que dans notre Histoire. Mais, une bifurcation fantaisiste de la science a entraîné un bouleversement total de la technologie.
Les Clankers apparaissent comme des adeptes de la mécanique, fiers de leurs mécanopodes géants mus par des moteurs diesel, satisfaits de leurs cuirassés terrestres bardés de mitrailleuses et de pièces d’artillerie, se vantant de leur suprématie aérienne. Les Darwinistes manipulent les fils de vie des êtres vivants et conçoivent les créatures répondant à leurs besoins.
Évidemment les préjugés des uns et des autres se conjuguent aux nombreux autres motifs de détestation. On sent que Scott Westerfeld s’est beaucoup amusé en imaginant les machines des Clankers et les créatures des Darwinistes. Le morceau de choix étant le Léviathan, l’aérostat des Darwinistes. Imaginez une baleine volante de taille XXL, abritant en son sein un écosystème entier, lui fournissant sa nourriture et servant d’armement à l’équipage humain qu’elle emporte.

Si le décorum de l’histoire impressionne, l’intrigue respecte à la ligne les procédés éprouvés du roman d’apprentissage et du récit d’aventure. Westerfeld met en scène deux adolescents, un garçon et une fille, l’un né avec une cuillère en argent dans la bouche mais déchu de son héritage, et l’autre poussé par son origine modeste et son sexe à se battre pour accomplir ses désirs. Les événements menés à un train d’enfer vont bien entendu éprouver leur personnalité, révéler leur potentiel et au final les rapprocher, leur permettant ainsi de nouer une amitié, voire plus si affinités (apparemment affinités, il y a).


COMMANDER

Sans surprise, Léviathan atteint son objectif : distraire avec humour et fantaisie. Une lecture plaisir agrémentée d’illustrations qui font de ce roman un joli objet et rappelleront aux lecteurs plus chenus les images décorant les histoires de Jules Verne.