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Publié le 08/04/2008

« London Bone » de Michael MOORCOCK

[« London Bone », 2002]

ED. LES 3 SOUHAITS, FEV. 2008

Par PAT

Michael MOORCOCK novelliste, voilà une bonne surprise concoctée par Les 3 Souhaits, émanation éditoriale du site ActuSF. London Bone fera donc plaisir à tout le monde, aux fans, aux exégètes et aux néophytes avides d’essayer un Michael MOORCOCK différents des lourdes et pénibles sagas à la Elric [d’autant que, question nouvelles, à part l’excellent Déjeuner d’affaire avec l’Antéchrist - disponible chez DLE - le lectorat français n’avait pas grand chose à se mettre sous l’oeil].


Au menu de ce court recueil, quatre textes écrits entre 1966 et 2000, autant dire quatre Michael MOORCOCK différents.

Ouverture en douceur avec Le cardinal dans la glace, sorte de délire à la limite de la parodie Âge d’Or, qui met en scène une équipe d’explorateurs sur une planète gelée et totalement inhabitée. Sauf que la petite équipe découvre un machin dans la glace, un machin pas ordinaire, un cardinal - de l’église catholique, oui oui - dont la simple présence, la posture sévère et le regard froid posent quelques problèmes aux pauvres humains qui l’observent sans bien savoir qu’en penser.
Sur cette idée saugrenue, MOORCOCK promène son regard d’anglais blasphémateur comme il l’avait fait dans Voici l’homme - on se souvient notamment du Jesus trisomique amateur de porcs - avec détachement, amusement et même une certaine tendresse à l’égard de ses personnages.

Clôture propre et nette avec Le jardin d’agrément de Felipe Sagittarius, jolie uchronie axée sur la trame classique d’une Seconde Guerre Mondiale inexistante, avec les caméos d’Adolphe Hitler, de Bismarck et de quelques autres, le tout dans une histoire très vaudeville avec meurtres, femmes et... jardin carnivore. Du beau travail, certes, mais rien de bien renversant.

Entre ces deux textes accessoires [mais pas désagréables, loin s’en faut], deux pépites valent à elles seules l’acquisition immédiate du recueil.

London Bone, initialement parue dans Galaxie N°17 et - extrêmement bien - traduite par Nathalie Serval, dont la trame, le ton, et la subtile déviance en font un texte tout simplement magnifique, drôle, inventif et totalement décalé. Sous Londres, une ville dont on connaît l’importance pour l’auteur, le narrateur découvre un gisement pas ordinaire. Des os. humains ou pas, quelle importance, du moment que ça se vend ? Il faut dire que ces fragments sont plutôt jolis, ambrés, recouverts d’inscriptions étranges et possèdent des vertus difficilement qualifiables, mais bel et bien notables. Attention, point de mystère cosmique ici, juste la chronique tragicomique d’un homme dont un fabuleux trésor fait la fortune, tout en posant de sérieux problèmes au passage, dont on ne dévoilera évidemment rien ici. Du grand art.

Enfin, Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs et Chasseurs Surréalistes renoue avec les obsessions religieuses de MOORCOCK d’une façon inattendue et casse gueule, celle d’un club à tendance féérique qui reçoit la visite de Dieu himself. Ce qui permet à la petite assemblée de poser quelques questions bien senties et à Dieu de balancer quelques vérités bien senties elles aussi. Drôle, mais essentiellement triste, et c’est à ça qu’on reconnaît la vraie littérature.


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Amateurs de Michael MOORCOCK , jetez-vous sur ce petit livre qui fera votre bonheur. Sceptiques, jetez-vous sur ce petit livre qui vous surprendra par son intelligence et son humour subtil.

Néophytes, jetez-vous sur ce petit livre qui vous ouvrira les portes d’un univers qui ne ressemble à aucun autre : le crâne d’un anglais fou. Fou et incontournable pour tout un pan de la littérature.