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Publié le 01/10/2003

« Lord Gamma » de Michael MARRAK

[« Lord Gamma », 2003]

ED. L’ATALANTE / LA DENTELLE DU CYGNE, SEPT. 2003

Par Daylon

Cela fait un sacré bout de temps que l’on pensait avoir fait le tour de ce qu’on appelle communément les "délires dickiens"... Où la réalité n’est pas ce qu’elle semble être, les univers gigognes... Tout ça, on pensait le connaître et ne plus rien découvrir de neuf à ce sujet.
Grave erreur.


La route est rectiligne et légèrement déclive. Elle s’étire jusqu’à l’horizon embrasé par un éternel crépuscule. Rien ne bouge : chaque élément dans le décor est parfaitement immuable. Cela fait des mois que Stan parcoure ce paysage totalement figé, se dirigeant toujours tout droit vers ce soleil rougeoyant immobile, à bord de sa pontiac minable, le coffre chargé d’un arsenal à faire pâlir tout bon texan.
Stan recherche la femme avec qui il partageait sa vie, avant : Prill. Il va de bunkers en bunkers à travers ce monde apocalyptique afin de la retrouver. Mais ce ne sont à chaque fois que des clones. Encore et encore.
Stan vient d’abattre la quinzième copie de Prill.
Combien en reste-t-il encore avant de retrouver l’originale ?

Michael MARRAK est auteur pour ainsi dire [encore] inconnu dans nos contrées. Mais il suffit de lire les critiques de ci, de là, pour avoir envie de le connaître mieux. Car tout le monde en dit du bien. Beaucoup de bien. Je me vois contraint de rejoindre leurs rangs : il faut lire ce roman !

Le découpage narratif est en lui même quelque chose de vraiment prenant. Trois projections se répondent en échos : On passe ainsi d’un Stan arpentant un monde ravagé à un Stan bloqué dans une structure métallique étrange et métamorphique... Voire même, à chaque fin de partie, à une Prill bloqué dans un univers... Etrange.

Aucun indice temporel ne permet de situer ces trames parallèles. Il serait sacrilège de vous en révéler plus.

L’histoire est captivante, et on ne peut en décoller sans attendre nerveusement la séance de lecture suivante. Les trouvailles tant au niveau du style que de l’univers sont tout simplement excellentes [mention spéciale au nain en costar cravate, alias le "morner", ou bien encore au homard géant à tête humaine], à tel point qu’on frise même parfois l’hallucination...
Tout simplement jouissif.

Allez, petit reproche :
Pour les révélations, vous allez être servis. Mais peut-être un peu trop : 30 pages tartinées de hard-sf hardcore des familles, le tout blindé de termes du cru, c’est assez difficile à suivre. On peine, on essaie de digérer le tout laborieusement...
Mais rassurez-vous : cela ne gâche en rien l’oeuvre car l’épilogue rattrape le tout avec brio, offrant une ouverture au lecteur qui restera bien des soirs à essayer d’en démêler l’écheveau.


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Dans ses remerciements, l’auteur évoque Andreas ESCHBACH, son "mentor"... Si cela ne vous fait rien, je veux bien miser sur le fait que l’élève risque de dépasser le maître.