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Culte pour les uns et infréquentable pour les autres, M. John HARRISON fait partie des auteurs qui tracent leur route sans vraiment s’inquiéter de ce que peuvent penser d’eux quelques misérables français effrayés par une oeuvre obscure, sombre, introspective et parfaitement oblique. Les anglais - ceux-là même qui considèrent Mervyn PEAKE comme un classique et Ian M. BANKS comme un écrivain respectable - ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en lui donnant quelques prix littéraires recherchés.

Reste à convaincre l’hexagone, et là, comment dire, il reste encore quelques unités astronomiques à faire...


Après avoir vendu son premier texte en 66, Michael [oui, c’est M. pour Michael, c’est bête, hein ?] John HARRISON collabore à New Worlds, célèbre revue qu’on ne présentera pas ici et dont on mesure aujourd’hui l’importance.
Cette expérience éditoriale s’arrête en 1975 au moment où sort son second roman, « La mécanique du centaure », livre intéressant à plus d’un titre [malgré quelques défauts] qui a le mérite de poser les jalons d’une sorte d’anti-science-fiction amusée qui inspirera beaucoup de plumes aussi minables que BANKS, McLEOD, DUNCAN et quelques autres.

Revenu de cette période féconde mais frustrante, M. John HARRISON n’est pas loin de renier cette oeuvre de jeunesse. Dommage, car cette transposition de l’éternelle guerre israélo-arabe dans l’espace vaut largement le détour, sans parler des coups de pied désespérés assénés au Space-Opera, bien connu pour son crétinisme quasi systématique.

Quelques années auparavant, encore sous l’influence de MOORCOCK, HARRISON accouchait de « La cité pastel » en 1971, premier tome savamment délirant de ce qui n’était pas encore la trilogie Viriconium [dont le troisième et très illisible tome publié en 1982 - « Les dieux incertains » - a reçu le Guardian Fiction].
Oeuvre aussi géniale que folle [avec quelques moments de bravoure noyés dans des délires parfaitement hermétiques], « Viriconium » ne ressemble à rien de connu et procure d’intenses moments de bonheur aux lecteurs et lectrices motivé(e)s. Autre intérêt non négligeable pour l’analyste littéraire, la façon dont HARRISON se débarrasse peu à peu de l’encombrant MOORCOCK au fil des tomes - notamment dans « Le signe des locustes » - traçant sa propre voix au milieu d’une fantasy post-apocalyptique beaucoup trop convenue à son goût. L’illustration exemplaire du nécessaire meurtre du père.

En attendant, M. John HARRISON reste dans le journalisme mais, point intéressant, s’intéresse beaucoup plus à la littérature blanche en collaborant à des magazines aussi normaux que Times Literary supplement, le Guardian ou le Daily Telegraph.

Parallèlement à ces activités déviantes, HARRISON se livre également aux saines joies du sport. Grimpeur émérite, il fait même de son loisir favori un roman encensé en Angleterre et inédit [semble-t-il à jamais] en France, « Climbers  », en 1989.

Grand amateur de nouvelles, M. John HARRISON en produit de nombreuses, hélas peu ou pas traduites en français, mais dont les lecteurs anglophones peuvent profiter quasi-intégralement grâce à l’édition de « Things that never happens », anthologie raisonnée qui rassemble les deux recueil « The ice monkey  » [1985] et « Travel arrangements  » [2000].
Au mieux formidables, au pire étonnantes, les nouvelles de M. John HARRISON sont incroyables de densité, d’intelligence et - parfois - d’épouvante. C’est véritablement dommage qu’aucun éditeur n’ait suffisamment de poids pour prendre le risque de publier ce recueil très certainement destiné au pilon. Passons.

Avec « Light », publié en France par le Fleuve Noir sous le titre « L’ombre du Shrander » en 2004 [ Prix du Cafard cosmique 2005 ], HARRISON fait un retour aux sources et boucle la boucle entamée par « La mécanique du centaure ». Inspiré par BANKS qu’il a lui même inspiré, HARRISON se lâche plus franchement et dégomme la SF dans son ensemble [de « Matrix » à « La Guerre des étoiles » en passant par VAN VOGT ] en la parant de sa prose inimitable et de ses questionnements intérieurs trop souvent décrits comme simplistes.
Si la critique est subtile, c’est pourtant d’un hommage qu’il s’agit.
De cet univers foisonnant, HARRISON tirera en 2006 « Nova Swing », sorte d’anti « Light » conçu sans doute comme un pied de nez à ceux et celles qui avaient vu là un excellent roman de SF, sans toutefois saisir sa thématique humoristique [très foutage de gueule] et sa dimension critique.
Concentré de littérature introspective plantée dans un décor de SF en carton-pâte, « Nova Swing » ressemble à un règlement de compte, mais superbement filmé. Une idée qu’on appliquera d’ailleurs à l’ensemble de son oeuvre, une oeuvre dont le premier degré est totalement absent.

Reste que les lecteurs francophones n’ont que peu accès aux textes de M. John HARRISON, là où les critiques et auteurs anglais [dont China MIEVILLE ] s’étonnent de plus en plus bruyamment qu’il ne soit pas encore nommé au Nobel.
Comme quoi.



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Nova Swing de M. J. Harrison

I M P O R T

« Everything he played this evening, the audience understood, would be a joke at the expense of some other tune, some other musician, some other kind of music. »

Parfaitement fidèle aux parti-pris narratifs qui le caractérisent, M John Harrison se paye la SF dans son ensemble avec « Nova Swing » . Tout ce qu’il y décrit, chaque situation, chaque personnage, chaque implication est un rappel, une moquerie, une satire, une destruction, un hommage subversif à la Science-Fiction contemporaine.

 

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« L’ombre du Shrander » de M. John Harrison

[« Light », 2002]

Grand retour à la SF de M. John Harrison, Light [dont la traduction douteuse est donc "L’ombre du Shrander"] est l’essence même du roman fantastique moderne. Epique, fou, complètement barré, lumineux, génialement écrit, éclaté dans sa narration, sombre, ambitieux et renversant.

Autant dire que le voyage promis par "Light" [on abandonne "L’ombre du Schrander", d’accord ?] est de ceux qu’on oublie pas.

 

PAT