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D'AUTRES AUTEURS


Auteur d’une saga historique à succès, Fortune de France, du célèbre La mort est mon métier, et du Prix Goncourt Week-end à Zuydcoot, Robert MERLE est aussi connu pour quelques contes scientifiques profondément humanistes qui s’apparentent à la science-fiction par leur vision anticipatrice.


Eclectique et surprenant Monsieur MERLE

Robert MERLE fait de brillantes études à Paris : licence de philosophie, agrégation d’anglais, doctorat de lettres [sa thèse portait sur Oscar WILDE]... il est professeur en lycée puis en Faculté à Rennes, Toulouse, Caen et enfin Paris-Nanterre [il s’y trouvait en mai 1968].
Prisonnier trois années pendant la guerre, il écrit son premier roman , Week-end à Zuydcoot en se remémorant la catastrophique retraite de Dunkerque. Coup de maître : il remporte le prix Goncourt en 1949 ! Robert MERLE entre ainsi directement dans le club des romanciers connus et reconnus.

Cela ne l’empêchera pas d’étonner à chaque nouveau roman par les thèmes abordés, en particulier quand il décrira de l’intérieur l’organisation des camps de concentration avec La mort est mon métier, raconté à la première personne par un Waffen SS.

Là où Robert MERLE commence à nous intéresser plus directement, c’est quand il s’aventure sur les plaines de la fiction scientifique : attiré par les problèmes du langage, il consacre deux romans à la possibilité d’une communication entre l’Homme et l’animal :

  • Un animal doué de raison [où des dauphins apprennent à parler]
  • Le propre de l’homme [même chose avec des chimpanzés]

Mais parce que MERLE est un humaniste, il oppose la "gentillesse" naturelle des bêtes et des scientifiques qui ont réussi à communiquer avec elles, aux militaires qui n’ont d’intentions que belliqueuses, et pour qui les dauphins parlant sont des armes.

Autre oeuvre proche des thèmes de la SF, Malevil, épais roman qui raconte la survie d’une communauté d’hommes après le grand cataclysme nucléaire. A comparer avec Ravage de BARJAVEL, autre roman post-cataclysme, plus naïf et moins ambitieux, car là où BARJAVEL ne cherche qu’à idéaliser un monde soi-disant "naturel", quasi rousseauiste, duquel machine et progrès sont exclus, MERLE pousse loin la réflexion autour de l’Homme et de son organisation politique.

Dans Les hommes protégés [Gallimard, 1974, disponible dans la collection blanche de FOLIO], MERLE imagine un monde proche où une épidémie aurait tué plus de 9 hommes sur 10. Les féministes prennent le pouvoir [on est en plein dans les années 70 qui voient le développement du féminisme en France à travers, entre autres, le MLF] et les hommes n’occupent plus qu’une place subalterne. Le roman décrit les recherches, finalement couronnées de succès, d’un des rares hommes ayant survécu à l’épidémie pour trouver un vaccin et vaincre la maladie. Sous couvert d’oeuvre SF, il s’agit d’une satire sociale sur les relations hommes-femmes. Le roman est loin d’être aussi bon que "Malevil" ou "Un animal...", raison pour laquelle on l’oublie souvent.

La dernière oeuvre de Robert MERLE est une saga historique, intitulée Fortune de France et qui compte 13 volumes... le succès populaire est incroyable, plus de 5 millions d’exemplaires vendus rien que pour les 10 premiers tomes...

Robert MERLE est mort d’un arrêt cardiaque dans la nuit du samedi 27 mars 2004, dans sa demeure de La Malmaison, près de Montfort l’Amaury [Yvelines]. Il avait 95 ans.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


Un animal doué de raison [1967]

L’armée américaine entraîne des dauphins à comprendre le langage de l’Homme. Les progrès des deux mammifères marins sont spectaculaires. Mais l’objectif final des chercheurs est réellement militaire...

Des dauphins plus intelligents qu’on ne le croit, des Hommes moins bien intentionnés qu’ils n’en ont l’air, une intrigue classique, mais des développements innatendus pour un roman superbe.
MERLE aime les personnages d’opposants, et le scientifique qui refuse l’utilisation cynique de ses découvertes pour la guerre est l’exemple type de son héros en résistance que l’on retrouve dans Malevil.
L’ambiance est magique, l’idée excellente et l’écriture superbe. Un magnifique roman à lire au plus vite, qui distille à la fois humanisme, compassion, humour... et acidité.

Malevil [1972]

Après qu’une guerre atomique ait détruit quasiment toute vie humaine, quelques rescapés s’organisent dans un château pour survivre... mais des bandes rivales font leur apparition.

Seule la situation de départ [l’holocauste nucléaire] relève de la SF, la suite du roman cherchant juste à imaginer la reconstitution d’une micro-société, ses errement,s ses combats et ses doutes.

Les personnages sont extrêmement attachants, l’ambiance très réaliste, le style simple emprunte la forme d’un journal de bord... c’est un beau bouquin qui ne manque pas de surprise.

Un film très réussi a été tiré de ce roman, Malevil [1981], réalisé par Christian De CHALONGE, avec notamment Michel SERRAULT, Jacques DUTRONC et Jean-Louis TRINTIGNANT.


merci à Erispoe pour son éclairage sur Les hommes protégés.


Mr.C