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Grand poète de l’ésotérisme, Gustav MEYRINK a écrit de nombreuses nouvelles et cinq romans, dont le célèbre « Golem », œuvre qui lui vaut une place d’honneur auprès des maîtres du genre fantastique comme Edgar Allan POE ou H.P. LOVECRAFT.


Quand l’ésotérisme s’immisce dans la fiction.

Gustav MEYRINK est le fils illégitime du baron Karl Warnbüller et de l’actrice Maria Wilhelmina Adelheyd Meier. Il habite Munich jusqu’à 13 ans avant de se rendre plus tard avec sa mère à Prague. Cette ville aura un impact considérable dans sa vie et son œuvre. MEYRINK raconte en effet que la veille de l’Assomption 1892, alors qu’il n’était âgé que de 24 ans, il décida de mettre fin à ses jours et juste au moment où il allait appuyer sur la détente il entendit un léger bruit : quelqu’un avait glissé un minuscule livret minuscule sous sa porte. Son titre était « La vie après la mort ». MEYRINK y vit comme un signe du destin. Il se mit alors à étudier la littérature occulte. La ville de Prague servira de cadre notamment dans nombres de ses nouvelles ainsi que dans « Le golem » et « La nuit de Walpurgis ».

De l’influence de l’occultisme et de ses mésaventures...

S’il est un personnage qui a marqué à vie Gustav MEYRINK c’est bien le célèbre britannique John DEE [1527-1609]. Cet érudit aux multiples facettes [mathématicien, astronome, astrologue, occultiste] qui eu une vie pleine d’aventures extraordinaires le fascina et l’amena à l’alchimie. Voici ce que dit MEYRINK à propos de cette science occulte : « cet art secret qui permet à l’homme d’opérer la transmutation, de se métamorphoser soi-même en un être qui ne connaît jamais l’extinction de la conscience ».

Vers la fin du XIXème siècle, MEYRINK travaille dans des sociétés secrètes, étudie les sciences occultes et la parapsychologie. Il est co-fondateur et président de la Loge de l’Etoile bleue, société de théosophie. MEYRINK fut également un membre du célèbre "Hermetic Order of the Golden Dawn" à Londres.

Il n’est pas encore romancier mais il est déjà un observateur perspicace et ironique du monde et un critique impitoyable de la médiocrité humaine, ce qui lui vaudra des ennuis [par ex. il critique les fondements de la culture occidentale européenne].

En 1889, avec le neveu du poète chrétien Morgenstern, MEYRINK établi sa propre banque, appelée Meier et Morgenstern. Mais trois ans plus tard, il est provoqué en duel et, presque en même temps, il est accusé d’escroquerie, plus exactement il est accusé de fraude et d’employer le spiritisme afin de tirer bénéfice des opérations bancaires. Il reste deux mois en prison [expérience qu’il décrira dans son roman le plus célèbre, « Le Golem »].

Finalement réhabilité, il doit tout de même mettre fin à sa carrière de banquier : il n’a plus sa place dans la société pragoise. Au printemps 1904, il quitte Prague. Il débarque à Munich en 1906. A l’approche de la Grande Guerre, ses écrits antimilitaristes passés le rattrapent. La presse nationale le dénigre et l’accuse d’être défaitiste et immoral. Le calme revient progressivement avec l’intervention de ses amis intellectuels que sont Wedekind, Mühsam et Heinrich Mann. Une nouvelle vie s’ouvre devant lui, car il remporte ses premiers succès littéraires. Le monde des finances l’a rejeté, le monde des lettres va bientôt le porter aux nues. L’épisode pragois de son existence s’achève par un nouvel espoir. L’écrivain a trouvé sa vocation.

... jusqu’à l’écriture

Dans les années 1900, MEYRINK publie des nouvelles satiriques dans le magazine Simplicissimus, les signant sous le nom de famille de sa mère, MEYER. En 1908 son troisième recueil de nouvelles « Les figures de cire » est édité. MEYRINK commence en parallèle un gros travail de traduction : il s’atèle aux 15 volumes de Charles DICKENS. Il continuera de traduire jusqu’à sa mort, y compris des ouvrages occultes et même « Le Livre des morts » thibétains.

En 1911, il s’installe, avec sa femme et ses deux enfants, dans la petite ville bavaroise de Starnberg. En 1913, il publie à Munich l’ensemble de ses nouvelles. Deux ans plus tard, ses romans se succèdent, chaque fois influencés par l’ésotérisme : on sent l’empreinte de la Kabbale dans son premier roman « Le Golem » [1915], celle du yoga dans « Le visage vert » [1916], de la philosophie tantrique et des citations de Bo Yin Ra dans « La nuit de Walpurgis » [1917], du tao chinois dans « Le Dominicain blanc » [1921] et enfin de l’alchimie dans « L’ange à la fenêtre d’occident » [1927].

Grâce au succès du « Golem », il n’a plus connu de souci financier et sa popularité ne se démentira as de son vivant. Gustav MEYRINK s’est éteint en 1932 à l’âge de 64 ans.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


- « Le Golem » [« Der Golem », 1915]

Prague et ses ghettos. Les habitants survivent tant bien que mal et se réfugient dans leurs modestes activités quotidiennes. Une présence maléfique sillonne le cœur de la ville. Il s’agit d’une entité artificielle - le Golem - créée par l’homme, en l’occurrence un rabbin kabbaliste, il y a fort longtemps. Cet être surgit du néant tous les trente-trois ans, suite à la prononciation d’une formule magique et y retourne de la même manière. Constitué entièrement d’argile, son existence est machinale car dépourvu de conscience. A chacune de ses apparitions la créature terrifie la population... mais nulle ne se souvient de son apparence.

Ce premier roman est le plus célèbre de l’auteur. Il lui assura la notoriété publique et se vendit à plus de 100 000 exemplaires. MEYRINK s’est appuyé sur ses études occultistes et tout particulièrement sur la Kabbale pour bâtir son univers. Ans les ruelles sombres de Prague, il nous entrîne dans polar fantastique habité d’êtres haut-en-couleur, hanté par les rêves et l’inconscient,et la recherche de l’amour.

« Le Golem » est aujourd’hui considéré comme un classique du fantastique gothique. Il a été plusieurs fois porté à l’écran.

- « Le visage vert » [« Das grüne Gesicht », 1916]

Au début du XXème siècle, Amsterdam est la ville qui accueille la majorité des émigrants européens. Un homme erre en ville et entre dans une boutique de farces et attrapes et observe. Il s’amuse avec des objets assis sur une chaise et voit les jambes d’une personne. Lorsqu’il lève la tête, il découvre un individu avec un bandeau noir sur le front et une peau olivâtre puis il disparaît. Un peu plus tard, lors d’une conversation ils en viennent à parler de la légende du Juif errant qui aurait pris sa source en ... Hollande. Les gens espèrent trouver le secret du "pont qui mène à la vie". Sectes, charlatans, kabbalistes s’en mêlent. Il existerait, selon un ami du narrateur, en Orient une communauté qui possède le secret dans son intégralité, ce serait des disciples des Rose-Croix. Un seul homme peut franchir le pont de la vie, mais pour cela il lui faut une compagne, ce qui tombe bien car Eva et Hauberisser vivent leur amour comme une quête spirituelle. Mais Eva se fait enlever par un nègre et sera retrouvée morte. Hauberisser, désespéré, va tenter de la « ramener » par l’intermédiaire d’un effort spirituel et c’est le Juif errant, aussi appelé Chidher le Vert, qui leur servira de guide dans leur quête des mondes secrets.

Roman d’amour et d’aventure intérieure, imprégnés de l’univers des sectes, de la magie ou encore de la Kabbale, le visage vert est considéré par certains comme son chef-d’œuvre, assurément indispensable à tout amateur de littérature fantastique qui se respecte.

- « La Nuit de Walpurgis » [« Walpurgisnacht », 1917]

Nous sommes en 1917, avec en toile de fond la guerre en Bohême. Les aristocrates vivent de l’autre côté du pont de la Moldau, dans le Hradschin. Passé ce pont, on arrive « dans le monde ! En bas ! A Prague ! », la ville mystérieuse. Dans la lignée Flugbeil, les hommes sont médecins de la cour impériale de génération en génération. Au château Hradschin, le dîner est interrompu par la visite d’un somnambule. Ils apprennent que son nom est Zrcaldlo, ce qui signifie « miroir » en tchèque et qu’il habite « en bas » chez une prostituée, Liesel la Bohémienne. Celle-ci ramène Zrcadlo. Le médecin est persuadé d’avoir déjà vu cet homme et décide de se rendre la nuit chez la Bohémienne pour en savoir plus. Au même moment « dans le Monde » se forment des attroupements, il semble que quelque chose se prépare...

Ce roman parle du soulèvement populaire à Prague durant la Grande Guerre. MEYRINK évoque l’éternel retour de la violence par la légende de Zizka, chef borgne des tabourites qui ordonna qu’une fois mort on fit de sa peau un tambour pour mener ses troupes. Cette légende fonde la manifestation cyclique de la fureur à une soif de sang dans la Bohême et l’auteur l’associe à l’extension de la guerre à l’échelle planétaire. « Le bras impitoyable de la furie de la guerre avait laissé partout l’empreinte de son action dévastatrice ».

Un ton en dessous des autres romans, « La nuit de Walpurgis » vaut malgré tout le détour ; un style fluide et une intrigue bien ficelée.

- « Le Dominicain blanc » [« Der weiße Dominikaner », 1921]

Dans la lignée Von Jöcher, allumeur de réverbères est un métier honorable. Et pour cause l’Ancêtre du 11ème baron a été anobli. Cette tradition se perpétue de génération en génération. Chaque baron a eu un seul enfant, toujours de sexe masculin. Mais le baron est célibataire car sa femme l’a quitté, est âgé et se retrouve donc sans descendance. Il se voit contraint d’adopter un jeune garçon qui doit être impérativement somnambule. Il en trouve un dénommé Christophe, le même prénom que l’Ancêtre... Le garçon va, sans le savoir, se confesser à la forme spectrale du Dominicain blanc qui lui pardonne ses péchés passés et ceux à venir. Tandis que le baron lui transmet son savoir, Christophe découvrira l’amour physique et spirituel au côté de la ravissante Ophélie...

S’entremêlent réflexion sur l’art, quête de l’immortalité via la dissolution du cadavre et de l’épée ou encore l’apparition de la tête de Méduse. Le lyrisme, l’intelligence et la subtilité du récit font du « Dominicain blanc » un roman tout simplement fascinant.

- « L’ange à la fenêtre d’occident » [« Der Engel vom westlichen Fenster », 1927]

Quatrième de couverture : « L’Ange à la fenêtre d’Occident », l’ultime roman de Gustav MEYRINK, est de ces livres qui, sitôt ouverts, n’en finissent plus de vous hanter. Rédigé peu avant la mort de l’auteur, il est à son œuvre ce que Faust est à celle de GOETHE : une " somme ". L’histoire fascinante de John Dee, célèbre alchimiste du XVI° siècle, y est relatée à travers les fragments de son journal, que le baron Müller, un lointain descendant, a reçu en héritage. De l’Autriche du XX° siècle à l’Angleterre de la reine Élisabeth, en passant par la Prague du Rabbi Löw, droit venu du « Golem », les repères peu à peu vacillent, et l’on voyage, de la table de travail de Müller au cachot où l’alchimiste, accusé de sorcellerie, est retenu prisonnier... Placé sous l’auspice du culte de la " putain du diable ", Isaïs la Noire, figure de la tentatrice, ce roman est sans doute l’un des plus sensuels de MEYRINK. Sombre et charnel, « L’Ange à la fenêtre d’Occident », où les ressorts du fantastique « meyrinkien » sont exploités jusqu’au vertige, est un "livre extraordinaire, foisonnant de symboles, pullulant de mystères, rempli d’un désordre grandiose où la vision profonde confine souvent à la folie" [Marcel Béalu].

- « Nouvelles fantastiques pragoises » [ED. FLAMMARION, 2006]

Comprend des nouvelles, un roman inachevé « La maison de l’alchimiste » et des extraits autobiographiques.


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L’ami de la mort de Pedro-Antonio De Alarçon / Le Cardinal Napellus de Gustav Meyrink

Les initiatives éditoriales aussi intelligentes que suicidaires sont suffisamment rares pour être saluées [et signalées] avec le respect qu’elles méritent. Louons donc ici la formidable idée des éditions Panama : rééditer en fac-similé la très belle collection confiée à Borges himself en 1972 par le jeune éditeur Franco Maria Ricci.

Mais enfin qu’est-ce que c’est ? Tout simplement trente livres fantastiques spécialement choisis par le vénérable [et décidément très recommandable] maître argentin et dûment préfacés par lui. Trente titres généralement inédits en France et tous aussi intelligents qu’importants.

 

Pegase