EN BREF

 
SYNDICATION


Suivez le Cafard cosmique sur Twitter

Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook

Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.

netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.


 
 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AUX LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

 

D'AUTRES AUTEURS

A VOIR AUSSI


En quelques textes bien sentis, ponctués d’un total chef d’œuvre, l’anglais David MITCHELL s’est forgé une réputation internationale à la hauteur de son talent. Encore assez peu reconnu en France, il bénéficie néanmoins d’une aura grandissante grâce aux traductions régulières des éditions de l’Olivier. D’où nous tombe ce monstre littéraire aux récits marginalement imaginaires ?


La jeunesse de David MITCHELL se déroule à Malvern, village typique du Worcestershire, à la vie provinciale un rien angoissante - ce village servira de toile de fond à son roman Black Swan Green. Plus tard, à l’université du Kent, il étudie l’anglais et la littérature américaine, et décroche une maîtrise en littérature comparée.
Pendant une année, il voyage : d’abord la Sicile, puis une destination qui sera décisive, le Japon. Il enseigne l’anglais technique aux étudiants d’Hiroshima, de 1994 à 2002. C’est lors de ce séjour qu’il se met à écrire, lui qui est depuis son enfance convaincu qu’il a la vocation de devenir un écrivain. Il considère lui-même que l’influence de la culture orientale et cette expérience professionnelle si particulière au Japon ont été décisives dans sa démarche littéraire.

En 1999, c’est la publication de Ghostwritten [Ecrits fantômes, Ed. L’Olivier], un coup de maître. Les dix nouvelles sont dix incarnations de personnages extrêmement variés : un terroriste illuminé, un jeune disquaire introverti, un esprit voyageant à travers le monde d’hôte en hôte, métaphore de l’auteur lui-même. Car MITCHELL, qui dans l’adolescence a baigné dans la culture science-fictive, horrifique ou fantasyste, n’hésite pas à convoquer l’imaginaire pour appuyer son propos : ses récits basculent souvent d’un réalisme parfois tragique à l’onirisme le plus total, de la façon la plus naturelle qui soit.
Surtout, on découvre avec Ghostwritten une plume sublime, une rare qualité d’empathie avec les personnages, au service d’idées parfaitement définies : la recherche solitaire de l’Autre, l’abandon de la sphère publique, l’obsession pour le voyage et l’exotisme, la combinaison de petites causes individuelles produisant les grands effets mondiaux, politiques et géographiques, l’insertion systématique des références culturelles comme emblèmes des univers individuels. Alliées à la notion - fondamentale pour MITCHELL - d’intertextualité [spatiale, temporelle], elles tissent la toile d’une écriture capable comme rarement on a pu le voir de saisir les enjeux du monde moderne.
Ghostwritten a remporté le prix John Llewellyn Rhys qui récompense les meilleurs jeunes auteurs anglais. Il fut également nominé au Guardian First Book Award.

En 2001, MICHELL publie number9dream, récit initiatique en neuf parties, qui n’a toujours pas été traduit en France, nominé au Man Booker Prize.

Après son escapade orientale, David revient au Royaume-Uni, et s’installe en Irlande, où il vit toujours aujourd’hui avec sa femme et ses deux enfants.
En 2004, la publication de Cloud Atlas [Cartographie des nuages, Ed. L’Olivier] confirme ses dispositions : axé sur une intertextualité non plus spatiale mais cette fois-ci temporelle, Cloud Atlas narre six histoires dont chacune est un manuscrit relié au suivant plus tard dans le temps. On voyage de l’expansion coloniale du XIXe siècle à un futur post-apocalyptique belliqueux.
Dans la droite lignée des Ecrits fantômes, Cloud Atlas diffère néanmoins par un concept pour le moins original : chaque nouvelle s’arrête brusquement en plein milieu, et l’on retrouvera sa deuxième partie après avoir lu l’intégralité des premières moitiés de chacune... Cet effet de scission est justifié par la mise en perspective de chaque texte, mais le livre est peut-être au final desservi par son ambition trop conceptuelle. Le style et la narration restent néanmoins splendides. Granta, célèbre magazine littéraire anglais, le nomme parmi les plus prometteurs auteurs brittaniques, et il est à nouveau nominé pour le Booker Man Prize. En 2007, le Time Magazine va jusqu’à l’inclure à la liste des 100 personnalités les plus influentes au monde !

En 2006, c’est Black Swan Green qui paraît, nominé illico pour le Booker Prize, traduit en 2009 en France sous le titre Le Fond des forêts.
MITCHELL ne s’arrête pas là, pour notre plus grand plaisir, et d’autres travaux sont en cours de préparation actuellement : il semblerait que son prochain roman ait pour décor Dejima, l’île artificelle construite au XVIIe siècle au coeur de Nagasaki : c’est donc un virage total, puisqu’on devrait alors nager en plein Japon médiéval et monde de shogun. On attend ça avec impatience.



Lire la critique

COMMANDER

Le Fond des forêts de David Mitchell

[Black Swan Green, 2006]

De David Mitchell, on a trop peu parlé en ces lignes, et c’est un tort. Soyons faibles et cédons même à un peu (beaucoup) d’emphase : le XXème siècle est encadré par trois grands recueils de nouvelles : Dubliners de James Joyce [1914] au début, Fictions de Jorge Luis Borges [1944] au milieu et les Écrits fantômes de David Mitchell [1999, Points Seuil] à la fin. C’est que l’écrivain grand breton est probablement une des plus belles plumes anglophones du moment, et ce n’est sans doute pas pour rien qu’il a été cité par le Time Magazine parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde !
Cartographie des nuages [2004], son autre texte traduit en France chez L’Olivier, était également brillant, quoi qu’un peu pénible par moment et peut-être trop conceptuel. Retour aux affaires avec Black Swan Green, toujours chez L’Olivier [vous ai-je dit qu’il s’agit d’un des meilleurs éditeurs français de littérature ? C’est fait].

 

Lire la critique

COMMANDER

« Cartographie des Nuages » de David MITCHELL

[« Cloud Atlas », 2004]

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la grande mode est d’évoquer l’exfiltration de la SF [et assimilés] vers les territoires de la littérature dite blanche, ou mainstream. Les auteurs picorent, bricolent et réinjectent de l’imaginaire sous forme de touches timides, d’esquisses discrètes et de suggestions quasi subliminales.
Certes s’en plaignent.
Nous, au Cafard, nous sommes contents : ces livres nous donnent l’occasion de vous parler de tout et de SF. De tout. Et de rien. Et de tout, aussi.

 

Shinjiku