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Si, à la fin de siècle dernier, les Comics ont enfin atteint leur maturité, pour passer des années ados de la Marvel-Stan-LEE à des récits plus complexes, plus littéraires, plus sombres, c’est grâce à des auteurs comme Frank MILLER, Neil GAIMAN... et Alan MOORE. Influencé par des écrivains de SF et d’horreur, ou des expérimentateurs comme Williams S. BURROUGHS ou Thomas PYNCHON, MOORE a explosé les codes de narration et de mise en page, osant des intrigues complexes, voire névrosées.


LE SCÉNARISTE FOU-GENIAL

C’est en 1989, dans le magazine Doctor Who Weekly que paraissent les premières pages de "V for Vandetta". L’intrigue détonne dans le paysage de la BD : c’est un récit très politique qui, dans une Grande-Bretagne fasciste, à la fin du XXème siècle, a pour héros "V", un anarchiste mystérieux dont le masque souriant reprend le visage de Guy Fawkes [1] et qui combat le pouvoir avec panache.

La série a un succès retentissant, aussi bien critique que public [elle est primé au Festival d’Angoulême en 1990], et propulse MOORE en première ligne des scénaristes les plus demandés de la BD mondiale. Le début d’une carrière unique qui partait pourtant de très bas...

LES DEBUTS

Alan MOORE est le fils d’un pauvre ouvrier. Il mène une scolarité difficile, se fait virer du lycée pour revente de LSD à 17 ans, et se marie à seulement 21 ans alors qu’il est au chomâge et sans qualifications. Avec des amis, il publie un petit magazine, EMBRYO, et il dessine pour un autre "Sounds", ce qui lui permet de comprendre qu’il n’est pas doué pour le dessin. Il décide de s’orienter vers l’écriture.

Sa collaboration avec le magazine Doctor Who Weekly et le succès de "V for Vandetta" attire l’attention de l’éditeur américain DC Comics qui commande à MOORE sa première série américaine, "The Saga of the Swamp Thing". MOORE y ressuscite brillament un vieux comics pour lequel il joue des clichés du genre tout en abordant des thèmes nouveaux comme le nucléaire ou le racisme.
Suspense, psychologie des personnages, poésie et terreur mêlées, la série, dessinée par TOTLEBEN, est un grand succès. MOORE est désormais célèbre.

L’AVENTURE DC COMICS

En 1986, l’éditeur DC Comics cherche à renouveller son catalogue, et Alan MOORE crée alors les Watchmen, série qui va révolutionner le style, le ton et les thèmes des comic books. [cf. plus bas]
Watchmen sera le premier comic book a recevoir le prestigieux Prix Hugo, jusqu’ici réservé aux romans et nouvelles de SF. Une adaptation cinématographique est sorti sur les écrans fin 2008.

Décidément génial, Alan MOORE écrira aussi l’une des aventures les plus réussies de BATMAN [The Killing Joke, en français, Rire et Mourir], où, au passage, il parvient à raconte la génèse de la personnalité du ricanant JOKER... et à prouver qu’en dehors du costume, bien peu de choses sépare les deux adversaires... Seul défaut : c’est trop court !

En désaccord avec certains choix éditoriaux de DC Comics, MOORE reprend son indépendance quelques temps. C’est l’époque de l’ambitieux From Hell, bande-dessinée sur laquelle il aura travaillé près de dix ans. Ce roman-BD reprend l’histoire de Jack l’Eventreur, dessinée dans un noir et blanc cruel par Eddie Campbell et qui, une fois de plus, dynamite les cadres habituels de la bande-dessinée.

MOORE fait un retour dans le mainstream avec la série 1963, publié chez Image Comics [2]. 1963 était une parodie des premiers Marvel, réaction de MOORE aux pales imitations de ses propres BD par les éditeurs américains. Mais la série ne connu pas de fin pour des raisons de mésentente éditoriale.

Parmi ses nombreux faits d’armes également plusieurs scénarios pour le Spawn de Todd McFARLANE et surtout la reprise en main du personnage de "Supreme" à la demande de son créateur Rob Liefeld. MOORE mis de côté le passé de ce Superman violent et égocentrique pour en faire le vecteur d’une mise en abime intelligente de l’univers des comics : dans le civil, Supreme est lui-même un auteur de comics... et sa mémoire est en reconstruction permanente ce qui donne un récit dans le récit dans le récit et se concrétise par l’utilisation de différentes manières de dessins.

AMERICA’S BEST COMICS

Entre 1991 et 1996, MOORE s’attaque à sa dernière grande oeuvre qui vient de sortir aux USA en intégrale Lost girls, dans laquelle il met en scène de la pornographie en revisitant les personnages de Alice [au pays des merveilles], Wendy [Peter Pan] et Dorothy [magicien d’Oz]. Les éditions Delcourt annonce la publication courant 2008.

Grâce à tous ses succès, MOORE a lancé son propre label, A.B.C., America’s Best Comics [3] dans lequel sont nées des séries originales très réussies :

  • La Ligue des Gentlemen Extraordinaires reprend les clichés et les personnages des feuilletons d’avant-guerre, mixant H.G. WELLS et Edgar POE, convoquant L’homme invisible, le Dr. Jekyll et le Capitaine Nemo, pour un récit échevelé et hilarant. Le dessin est superbe.
  • Promethea ou les aventures mystico-oniriques d’une jeune new-yorkaise héritière des pouvoirs et de la charge de la déesse éponyme, confrontée à d’ancestraux démons. Graphisme à tomber par terre et thématiques magiques chères à Alan MOORE.
  • Tom Strong, une sorte de Superman moderne, dont les aventures repoussent très loin les scénarios jamais imaginés pour son ancêtre... Très malin.
  • Top Ten narre avec un humour corrosif - servi par le dessin minutieux de Gene HA - la vie d’un commissariat dans une ville délirante dont tous les habitants ont de supers pouvoirs... Notre préférée !

Parmi ses derniers faits d’armes, Le miroir de l’amour. Au départ MOORE raconte 2000 ans d’homosexualité sous les pinceaux de Rick Veitch et Steve Bissette . En 2004, les éditions CARABAS ont repris le texte de MOORE mais en l’accompagnant de photos signées José Villarubia.
La voix du feu, roman paru aux Editions Interstices en 2008 est un superbe chant choral où douze personnages de douze époques [de - 4000 avant JC à aujourd’hui] sont l’objet de douze crimes dans la région de Northampton chère à l’auteur. Un très grand livre.

Aux dernières nouvelles Alan MOORE vit toujours à Northampton, en Angleterre et gère en parallèle plusieurs projets de BD, de romans et de musique. Il est aujourd’hui le scénariste de comics le plus primé de l’histoire. Il s’est pris de passion pour l’occultisme et a décidé de devenir magicien...


Certains projets ambitieux [et souvent jamais réalisés] d’Alan MOORE sont déjà entrés dans la légende :

- Brought to Light [1989], avec le dessinateur Bill SIENKEWICZ projetait de sortir de l’oubli des crimes commis par le gouvernement américain au XXème siècle. La chaîne de librairie WH Smith refusa de vendre le livre, bloquant ainsi sa distribution.

- Big Numbers [1990], avec le même dessinateur, devait, en presque 500 pages, illustrer la théorie du chaos à travers les destins croisés d’une douzaine de personnages. La série ne dépassa pas les trois premier épisode et coula la maison d’édition fondée par MOORE.

- Fashion Beast, un scénario co-écrit avec le manager des Sex Pistols, Malcom McLAREN, et qui ne verra jamais le jour.


Alan MOORE collectionne les démêlées [parfois judiciaires] avec ses éditeurs, en particulier le géant américain DC Comics :

  • Après le succès des Watchmen, DC Comics envisagea de poursuivre les aventures [et les profits] sous la forme d’une mini-série.. mais sans Alan MOORE ! L’auteur attaqua en justice, et, de façon innatendue, il gagna. Mais sa collaboration avec DC pris fin...
  • Le label ABC a été créé par MOORE avec l’éditeur Wildstorm en 1999. Depuis, celui-ci a été racheté par... DC Comics sans prévenir MOORE qui avait décidé de ne plus travailler avec DC ! Contraint et forcé, MOORE a du accepter la situation et a promis de mener à leur termes les séries entamées.

BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


V pour Vendetta
[V for Vendetta, série publiée entre 1989 et 1990]

Dans une Angleterre Fasciste qui se remet difficilement d’un cataclysme mondial, un mystérieux homme masqué assassine les uns après les autres les principaux dignitaires du régime. Il semble hanté par d’étranges souvenirs de tortures et ne dévoile jamais son visage... Evey, une jeune femme de 16 ans à qui il sauve la vie, tente de percer le mystère et rejoint son combat.

Une oeuvre fascinante, construite comme une mécanique de précision, et semée de références littéraires, comme toujours chez Alan MOORE. La BD a été adaptée au cinéma en 2006 par les frères Wachowsky, réalisateurs de la Trilogie Matrix, pour un résultat plutôt décevant.


Watchmen
[Watchmen, publié en fascicule en 1986 et édité en 1987]

Ils étaient 6. Six supers-justiciers réunis pour maintenir l’ordre... Le temps a passé et ils se sont éloignés les uns des autres... Il y a le COMEDIEN, agent cynique du gouvernement aux méthodes expéditives. RORSCHACH, dément violent masqué par une cagoule tâchée d’encre. LE HIBOU, policier pathétique et LAURIE, cliché de la justicière en collant vert. Il y a aussi OZYMANDIAS, athlète au QI supérieur devenu manager-millionaire.

Et puis il y a le Dr. MANHATTAN, le seul vrai super-héros, né en mars 1960 dans un [classique] incident de laboratoire. Cet homme bleu est tout simplement tout puissant, omniscient et invulnérable. En conséquence, il est également complètement indifférent à notre pauvre monde...

Mais quelqu’un a décidé de les tuer tous, les uns après les autres. Un vaste complot qui les dépasse pousse les Watchmen a rendosser leurs collants élimés...

Watchmen est la bande-dessinée la plus innovante publiée ces 20 dernières années, avec le Dark Knight Returns de Franck MILLER. Alan MOORE a créé un monde proche du nôtre dans lequel des supers-héros fatigués se montrent plus cruels, plus bêtes et plus mégalos que les simples humains.

Le scénario est complexe, nouant une intrigue golbale et de nombreuses sous-intrigues qui ont toutes leur importance. Les textes sont d’une intelligence et d’un humour rares... terrassant d’inventitivité.

Comme si ça ne suffisait pas, MOORE remet également à neuf la façon de raconter par le dessin : cadrage cinématographique, zoom avant, raccords sur des détails, effets de symétrie... tout cela donne plusieurs niveaux de lecture qui se croisent et renvoient les uns aux autres.

Enfin, MOORE a le goût des références : chansons [Bob DYLAN, Elvis COSTELLO, John CALE] ou poèmes, ils s’ingénient à citer, à glisser des extraits d’oeuvres, de lettres ou de journaux au millieu du récit... Soulignons aussi le dessin superbe de Dave GIBBONS, clair et précis, jamais approximatif.

Bref, les Watchmen, c’est une bd comme il en existe peu. Il vous faudra plusieurs lectures pour la comprendre complètement... si cela est possible.

Pour décrypter case après case les WATCHMEN, ne pas manquer ce site qui vous fera lire et relire la BD...

From Hell
[2000]

Londres, 1888. L’inspecteur ABBERLINE mène l’enquête autour d’une série d’assassinat de prostituées dans le quartier de White Chapel. Un mystérieux Jack l’Eventreur, premier serial-killer de l’histoire, revendique les meurtres dans une lettre adressée au commissariat.

S’agit-il de William GULL, le médecin personnel de la Reine Victoria, intervenu pour empêcher un scandale mouillant la famille impériale ? 576 pages, 9 ans de travail... ce roman graphique, dessiné par Eddie CAMPBELL est le dernier monument accouché par l’esprit tortueux et génial d’Alan MOORE. Dans une ambiance macabre on y croise la Reine Victoria elle-même

Ce qui compte finalement, ce n’est pas l’identité de Jack The Ripper... c’est plutôt l’exploration de l’angoisse primale que cette légende a fait surgir dans l’inconscient collectif...

Cette bande-dessinée hors-norme, qui peut décourager par son graphisme dur [en noir et blanc] et sa longueur a été mal adaptée au cinéma en 2001. Dispensez-vous du film.



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Alan Moore, tisser l’invisible
sous la direction de Julien Bétan

ALAN MOORE EST DIEU. Ceci étant posé, rien de plus naturel que les Moutons électriques consacrent un volume de leur « Bibliothèque des miroirs », dont tout un pan est consacré aux auteurs de BD, au génial scénariste (entre autres ; voyez par exemple ici) britannique. Mais, direz-vous, il y avait déjà L’Hypothèse du lézard ? Très bonne remarque, ce fut même un des premiers titres de l’éditeur lyonnais. Et, autant le dire de suite pour les possesseurs du susdit « quasiment épuisé », les ovins survoltés, écolos par nature, ont fait dans le recyclage, et cet Alan Moore, tisser l’invisible en est largement une réédition « augmentée », moins la nouvelle titre (il est vrai que ce n’était pas ce que Moore avait fait de mieux). Une bonne part du matériel de ce « nouvel » ouvrage provient en effet de « l’ancien »… Ce qui a de quoi faire grogner un peu, et friserait l’escroquerie, n’était l’avant-propos de Julien Bétan, qui en fait mention d’emblée. Cette précision nécessaire ayant été apportée, voyons un peu ce que contient ce beau volume (mais en noir et blanc, pourrions-nous bourgeoisement regretter… surtout après les chatoyantes quatre premières pages).

 

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Suprême, t. 2. le Retour, d’Alan Moore et un collectif d’illustrateurs

[Supreme : The Return, 1997, 1999, 2000, 2005]

Enfin ! On ne l’attendait plus, depuis le temps — et les énormes chamboulements dans la distribution des comics en France… —, mais ça y est, il est là ! Le deuxième tome (et le dernier, hélas, l’entreprise ayant été interrompue brutalement) des aventures du plus suprême de tous les super-héros vient de paraître aux Éditions Delcourt, et cela mérite bien une chronique (suprême, comme il se doit).

 

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« La voix du feu » de Alan MOORE

« Voice of the Fire », 1996

Scénariste de BD aussi connu que vénéré par des légions de fans épaté(e)s par sa propension à détourner les mythes les plus classiques, Alan MOORE cumule bien des talents. Témoin, ce roman [?] sombre et dense, drôle et tragique, magnifiquement servi par une traduction de haute volée [Patrick Marcel, pour le dénoncer].

 

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« Le miroir de l’amour » de Alan MOORE et José VILLARRUBIA

« The Mirror of Love », NOV. 2003

Alan MOORE est un scénariste de bandes-dessinées devenu culte [« From hell », « Watchmen », « Promethea », etc] mais aussi un romancier talentueux à ses heures [son premier roman « Voice of the fire » devrait paraître courant 2007 aux éditions Calmann-Levy] et un poète érudit, comme le prouve ce « Miroir de l’amour » illustré qui vient de paraître.

 

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"L’hypothèse du lézard" de Alan MOORE + intervenants

["The Hypothetical Lizard"]

Autour d’un court roman de fantasy par Alan MOORE, Les Moutons électriques ont réuni une séries d’essais sur l’homme, son oeuvre - notamment "From Hell" - et son influence dans les comics + deux entretiens exclusifs avec lui. Le tout est illustré, et la préface est signée Michael MOORCOCK.

 

Mr.C


NOTES

[1] Guy Fawkes est un officier catholique anglais qui vécut au XVIIème siècle, célèbre membre du groupe de conspirateurs qui tenta de faire exploser la Maison du Parlement, en 1605, pour protester contre la politique intolérante de Jacques Ier en matière de religion. Arrêté le 5 novembre 1605, il fut jugé pour trahison et pendu.

[2] Image Comics est le troisième éditeur de comics aux USA, après Marvel et DC. Il a été créé en 1992 par sept auteurs indépendants, dont Todd MacFARLANE, et a publié des séries comme Spawn, Gen13 ou WildC.A.T.s ou Witchblade. Image Comics concrétisait la volonté de laisser aux auteurs de BD les copyrights de leurs créations, plusieurs d’entre eux ayant mal vécu que les studios commercialisent de nombreux produits dérivés de leurs personnages sans leur reverser un centime.

[3] America’s Best Comics a été créé en 1999, et est éditée par Wildstorm