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en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

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Publié le 03/07/2010

Magiciennes et sorciers de Stéphanie Nicot

ÉD. MNÉMOS, AVRIL 2010

Par Tallis

Après Rois et Capitaines en 2009, les éditions Mnémos s’associent de nouveau avec le festival des Imaginales par le biais d’une anthologie. Magiciennes et sorciers regroupe treize auteurs francophones sur un thème extrêmement classique.


L’ensemble démarre plutôt mal avec « Cœur de serpent » de Sire Cédric. Si l’idée de convoquer le fantôme de Robert Howard se révèle sympathique et si la plume ne manque pas de souffle dans les scènes d’action, le résultat pêche par ce qui devait être son point fort : l’héroïne imaginée par l’auteur se veut certainement un pied de nez aux poncifs du genre mais elle se trouve malheureusement vite réduite à jouer les gros bras en armure – avec la finesse et l’intelligence qui vont avec. Dommage.

Laurent Gidon et Charlotte Bousquet prolongent leurs univers respectifs par le biais de nouvelles plaisantes mais pas totalement abouties. La faute à un dénouement un peu trop abscons pour « Djeeb l’encharmeur » et à une fin ouverte qui laisse une désagréable impression de teasing pour « Toiles déchirées ».

Maïa Mazaurette, sur le thème casse-gueule de l’apprenti sorcière, fait montre d’une réjouissante méchanceté qui rehausse de manière bienvenue un texte par ailleurs de facture classique à la chute attendue.

Avec « T’humilierai » de Justine Niogret, on tient incontestablement le grand texte de l’anthologie : le style tout à la fois épuré et travaillé ne dépaysera pas ce qui ont déjà découvert Chien du Heaume. Mais surtout, il se dégage de la magie infusée dans ces dix courtes pages un sentiment d’étrangeté, d’altérité qui donne le frisson et fait cruellement défaut aux autres textes. On en redemande.

Mis en perspective, les textes suivants d’Erik Wietzel, Rachel Tanner et Julien d’Hem (malgré la noirceur d’encre qui entoure sa « Margot ») font du coup pâle figure.

« Le Crépuscule des maudites » de Sylvie Miller et Philippe Ward fait preuve a contrario d’une authentique originalité en puisant son inspiration au cœur du folklore et des légendes basques. Le bestiaire et les divinités croisées en chemin font souffler un vent de dépaysement bienvenu sur le recueil.

Du dernier tiers, seules se détachent les nouvelles de Jean-Claude Dunyach et Jean-Philippe Jaworski. Le premier reprend son personnage désormais fétiche de « troll d’entreprise » (déjà croisé dans son intégrale publiée à l’Atalante) pour livrer le texte le plus drôle et décalé de l’anthologie. Le second développe son univers du Vieux Royaume à travers un récit mi-épique mi-intime extrêmement – et pour le coup presque trop – travaillé.


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Le bilan de ce recueil se révèle au final très mitigé : une grosse majorité des auteurs convoqués ici ne sont clairement pas parvenus à faire preuve d’originalité ou d’audace, préférant pour certains exploiter leurs univers respectifs ou livrer un pur texte de divertissement.

Du coup, seul un petit tiers des nouvelles se détachent clairement du lot : l’originalité de Justine Niogret et du duo Sylvie Miller - Philippe Ward ou l’humour de Jean-Claude Dunyach. Même l’incontestable talent de Jean-Philippe Jaworski paraît ici un peu figé dans l’exercice de style.
Voilà qui apparaît bien maigre…