EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 21/09/2005

"Marionnettes humaines" de Robert HEINLEIN

["The pupett masters", 1951]

1ER ED. FRANCAISE AU RAYON FANTASTIQUE, 1954 - REED. FOLIO SF, SEPT. 2005

Par K2R2

Alors qu’une grande convention mondiale se prépare à l’horizon 2007, afin de fêter le centenaire de la naissance de Robert HEINLEIN, voici que nos éditeurs hexagonaux sont pris d’une frénésie de réédition pour un auteur que la France a longtemps délaissé. Après "L’histoire du futur" [Folio SF] et avant "Révolte sur la lune" [Poussière d’étoiles], voici que Folio SF nous propose de redécouvrir "Marionnettes humaines", grand classique de la SF paranoïaque tendance maccarthyste.


Autant commencer par les choses qui fâchent, "Marionnettes humaines" n’est pas un roman majeur d’HEINLEIN et encore moins une oeuvre indispensable de la science-fiction américaine. Mais à défaut d’être un chef-d’œuvre absolu il n’en demeure pas moins un bon représentant de cette science-fiction de l’après-guerre, dont le charme un peu suranné fleure bon le papier bon marché des pulps et les couvertures criardes signées Franck R. PAUL ou Kelly FREAS.

Ce roman commence et se termine comme un mauvais film d’Ed WOOD [non il ne s’agit pas d’un pléonasme] et, dans une certaine mesure, il est tout à fait possible de prendre du plaisir à sa lecture... un peu comme on déguste un bon nanar !

Usant et abusant d’un thème cher à la science-fiction, celui de l’invasion extraterrestre, HEINLEIN développe une variation de "La guerre des mondes" dans un souci de paranoïa qui force l’admiration. Cette fois, les extraterrestres ont l’idée saugrenue de débarquer quelque part dans un coin paumé de l’Iowa et, dans un désir évident de communication, ces derniers entreprennent lentement mais sûrement de s’emparer de l’esprit d’honnêtes citoyens américains.

L’originalité tient ici au fait que l’attaque est insidieuse, les créatures se fixant sur le bas de la nuque des victimes pour en contrôler désormais les moindres gestes. Encore plus fascinant, ces extraterrestres sont loin d’être totalement stupides et visent une stratégie de contrôle des élites économiques et politiques du pays, ainsi, leur cible privilégiée n’est pas le redneck moyen de l’Iowa, mais le chef d’entreprise, le maire de la ville ou bien encore le directeur d’un service administratif.

Lentement, mais sûrement, l’ennemi noyaute la société américaine, contrôlant les secteurs décisionnels clés et réduisant à l’esclavage mental des millions de braves citoyens. Mais ce que ne savent pas ces perfides extraterrestres, c’est qu’ils n’ont pas choisi la bonne victime, car l’Américain moyen est un résistant dans l’âme et n’entend pas se laisser envahir sans résister farouchement.

Entre Independance Day, pour le côté Will SMITH sauve l’Amérique et "Plan nine from outer space", pour le côté kitch et paranoïaque, "Marionnettes humaine" est un excellent exemple de SF hystérique et légèrement réactionnaire, qui fleure bon le maccarthysme déguisé et aussi un peu la naphtaline. Si comme moi vous êtes définitivement fâché avec cet écrivain pourtant longtemps adulé au Etats-Unis, cette lecture n’est sans doute pas indispensable. Pour les autres, ce roman se lit aisément car en dépit des défauts précédemment évoqués HEINLEIN connaît très bien son boulot d’écrivain.


COMMANDER

Certes, l’écriture n’a rien de transcendant, les personnages sont superficiels et le texte est truffé de néologismes douteux, qui, à défaut de nous faire rêver, provoquent au mieux un sourire entendu au pire la consternation.

Pourtant le roman n’est jamais ennuyeux : rythme soutenu, péripéties haletantes, retournements de situation, font de "Marionnettes humaine" un travail honnête, qui, s’il ne restera pas dans les annales de l’histoire littéraire, a le mérite de nous distraire. Et c’est déjà pas mal.

Reste, malgré tout, que l’utilité de cette réédition me paraît pour le moins discutable au vu des standards de qualité de la collection Folio SF.