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Dans l’Hexagone, on a découvert Ian McDonald en 1989 avec Desolation Road, premier roman pour lequel d’aucuns ont évoqué Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et Chroniques martiennes de Ray Bradbury. Peut-être conviendrait-il d’ajouter aussi Cordwainer Smith.
Vingt années plus tard, après une longue éclipse en francophonie, Ian McDonald nous revient avec Roi du matin, Reine du jour, portrait de trois femmes et de la terre d’Irlande agrémenté d’un voyage au pays des mythes. Un livre assez ancien suivi par deux parutions plus récentes : Brasyl chez Bragelonne, puis Le Fleuve des dieux dans la collection Lunes d’encre. Deux romans post-cyberpunks dont la particularité est de s’ouvrir sur les cultures des puissances émergentes.
ÉTRANGER DANS SON PAYS
Né en 1960 à Manchester, de père écossais et de mère irlandaise, Ian McDonald n’a finalement connu que la terre natale de sa mère, plus précisément Belfast, où sa famille émigre dès 1965. À cette époque, l’Irlande du Nord est ensanglantée par les tensions ethniques et religieuses qui déboucheront sur le « Bloody Sunday » et l’échec du Mouvement pour les droits civiques. Ceci explique sans doute que l’on trouve dans ses textes de nombreux emprunts au conflit nord-irlandais. De son propre aveu, trois romans dénotent de cette imprégnation : Roi du matin, reine du jour, Hearts, Hands and Voices (aka The Broken Land aux États-Unis) et Sacrifice of Fools.
Fan de science-fiction, via la télévision, Ian McDonald attrape le virus de l’écriture vers 9 ans. Après bien des efforts, il vend en 1982 son premier texte, The Island of the Dead (au sommaire du recueil État de rêve), à la revue Extro. Puis dès 1987, il écrit à plein temps.
L’auteur a travaillé aussi comme consultant à la télévision nord-irlandaise, contribuant notamment à quelques scénarios de la série pour enfants Sesame Tree, co-produite par la BBC et Sesame Workshop.
Actuellement, il habite toujours à Belfast.
UNE ŒUVRE COSMOPOLITE
Styliste impressionnant, Ian McDonald est l’auteur d’une œuvre foisonnante se déployant dans les futurs proche et lointain. En effet, à l’exception de Out on Blue Six, une dystopie rappelant par certains côtés le cycle de La Cité impeccable de Jeffrey Ford, et du roman graphique Klick Klang Klatch, la bibliographie de l’auteur britannique semble se cantonner au champ de l’anticipation et du post-cyberpunk.
Se considérant comme un marginal en terre nord-irlandaise, de surcroît dans un territoire marqué à ses yeux par la colonisation et ses conséquences, Ian McDonald met souvent en scène dans ses textes des marginaux et des civilisations issues du tiers-monde.
En proie aux transformations provoquées par la mondialisation et les technosciences, en particulier les nanotechnologies et les biotechnologies, ces sociétés traditionnelles non-occidentales se voient contraintes de s’adapter pour le meilleur comme pour le pire. On visite ainsi le Brésil (Brasyl), le Kenya (Chaga Saga), l’Inde (The River of Gods et Cyberabad Days) et plus récemment la Turquie (The Dervish House) par le biais d’une multitude de destins individuels ou de trames temporelles différentes, procédé narratif courant chez l’auteur.
Souvent baroques, les histoires de Ian McDonald se caractérisent aussi par leur regard critique, l’auteur n’hésitant pas à faire œuvre de satiriste.
BIBLIOGRAPHIE CHOISIE :

2047. Année périlleuse pour un sous-continent indien désormais balkanisé. Tiraillé par les ancestrales tensions sociales, ethniques et religieuses, en proie à la rapacité politique et économique, la terre de Gandhi est au bord de l’implosion. Les dieux eux-mêmes ont déserté les rives d’un Gange dont les eaux déclinent depuis trois années, asséchés par l’absence de mousson et l’incurie des hommes.
À notre époque, à Rio de Janeiro, Marcelina, productrice d’une émission de téléréalité, devient la cible d’une conspiration séculaire.
En 1732, dans la forêt amazonienne, un aventureux missionnaire jésuite,pourchasse un prêtre sanguinaire qui fait régner la terreur.
En 2032, à São Paulo, un jeune homme rêve de sortir de sa favela sordide, tandis qu’arrivent sur le marché noir les technologies quantiques.
Trois époques, trois histoires, trois Brésil. Une même énigme.
Un an à peine après Desolation Road, « Ailleurs et Demain » continue sa mise en lumière de Ian McDonald à travers un recueil de nouvelles.
État de rêve déploie une palette d’ambiances et d’idées très diversifiée qui donne un excellent aperçu de l’originalité de son auteur.
Sur une Mars en cours de terraformation, un scientifique rejeté par sa communauté — le professeur Alimantado — échoue dans le grand désert martien. Il y rencontre un être vert fantomatique qui le nargue en prétendant se déplacer aussi facilement dans le temps que lui dans l’espace. cette quête du voyage dans le temps est justement l’unique obsession du professeur Alimantado...
« La première chose offerte par la nanotechnologie est la résurrection des morts. »
Corollaire de Tesler.
Quarante ans après la mise au point de ce miracle, les ressuscités constituent une classe sociale à part entière. Assujettis à la multinationale Tesler qui leur a permis de revenir à la vie, ils sont devenus la main d’œuvre du monde des vivants. Parqués dans le ghetto de leurs nécropoles, les morts attendent leur heure.
Trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d’autres.
La première fréquente les lutins des bois quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres. La deuxième, Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à la troisième, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d’on ne sait où...
Ubik