Publié le 01/04/2006

Millénaire, mode d’emploi de J. G. Ballard

ED. TRISTAM, MARS 2006

Par Daylon

Je suis un fan de Ballard. De base. J’aimerai être capable d’expliquer à quel point The Atrocity Exhibition m’a retourné comme une crêpe ; bouleversé, traumatisé, écrasé. Ce bouquin est peut-être l’un des [le] chef d’œuvre du XXème siècle. La compilation absolue de ce que l’Homme a créé. Et cette œuvre, nous n’avons pu la lire en français que grâce aux efforts d’un éditeur : Tristam.

Et, aujourd’hui, Tristam persiste et signe en sortant un recueil d’articles publié par Ballard dans différentes revues, sur les 30 dernières années. Ah, oui ; mais le problème, c’est que ce n’est pas forcément une bonne idée.


Ballard : on dit un peu tout et n’importe quoi, sur cet auteur. En général, les idioties racontées évoluent au grès de la mode (je vous redonnerai bien un peu de Vermillion Sands, pour l’hiver ?) Je vais éviter de vous écrire un petit précis du Ballard mondain ; mais à mon avis, pour bien se la jouer, il faut dire : que le Ballard-sf est poétique, que Vermillion est une tuerie ; bien se toucher sur la réédition de IGH (okay : celui là, je l’ai pas encore lu) ; que Crash (version soupe populaire d’un texte de The Atrocity Exhibition, doit-on le rappeler ? Lisez plutôt l’original, vous me ferez plaisir) est un chef-d’œuvre subversif (bah tiens) ; que dernièrement, Ballard n’écrit plus que des fictions de bourgeois ennuyés (si, si. Je l’ai encore vu récemment sur le net, ça).

À propos : doit-on aussi redire que le point central de Millenium People était sa thèse de la « violence sans but, aléatoire » (tiens, j’ai cru voir ça au JT, récemment) ?
Bref.

Sur Ballard, on raconte tous (un peu) que des conneries. De facto, tout le monde va encore procéder à une masturbation commune dans un rassemblement fraternel absolu, sous un soleil de midi, à l’idée de la sortie de Millénaire, mode d’emploi. J’en ai déjà la larme à l’œil. De tristesse.

Il n’empêche que Millénaire, mode d’emploi et totalement dispensable. Non représentatif, généralement traité avec une subjectivité devant ma pauvre chronique ici-présente aurait à pâlir : des clichés puants sur le medium vidéoludique, des assertions douteuses à propos de tel ou tel artiste (on en vient à regretter de ne pas avoir la matière originale sous les yeux, pour comparer), des obsessions ballardiennes (je vous assure que c’est plus drôle dans ses fictions que lorsqu’il en parle dans un article).
Bref.

On s’ennuie ferme, pour ne pas dire autre chose ; le recueil ne possède strictement aucun intérêt et PIRE (enfin, à mes yeux ; mais j’ai parfois l’impression d’être tout seul à pester sur ce genre de détail) : le packaging est naze, fragile ; laid. Lorsqu’on compare à la qualité de l’autre Ballard (je vous remet encore le titre, ou ça ira ?) chez Tristam, ça la fout mal. Le coup du cartonnage papier-toilette couvert d’un film de plastique, quelque soit l’éditeur, ce n’est jamais heureux.


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Voilà.
Donc, Millénaire, mode d’emploi : ne le lisez pas.
Malgré tout, je suis un mec sympa (mais si) et je vous file un article type de BALLARD -> http://arts.guardian.co.uk/print/0,...] (les ¾ du recueil viennent aussi du Guardian). Et en plus, c’est gratuit.
Économisez. Un peu.