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Publié le 01/12/2006

Mon nom est Titan de Robert Silverberg

[Nouvelles au fil du temps 1988-1997 - ED. J’AI LU, 2006

Par Soleil vert

Voici enfin le dernier tome des « collected stories » choisies par Robert Silverberg couvrant la période 1988-1997. Mon nom est Titan a bien failli ne pas paraître, en raison du décès de Jacques Chambon, grand ordonnateur de ce projet. Mais les éditions J’ai Lu ont heureusement repris le flambeau de la collection Imagine et les quatre volumes sont désormais disponibles dans l’auguste maison présidée par Thibaut Eliroff.


Quelques précisions encore sur la présente édition. Les traductions ont été révisées par Pierre-Paul Durastanti. Cependant, ainsi qu’il nous l’a précisé, le matériel textuel et para textuel (les commentaires de Silverberg) avait été préalablement rassemblé par Jacques Chambon.

On remarquera aussi que 10 ans se sont écoulés depuis 1997, mais à ce jour aucune suite n’est prévue à l’anthologie.

Que dire de ce gros pavé regroupant 23 nouvelles dont 6 inédites ?
Robert Silverberg donne une indication sur l’orientation de son inspiration : « ... vers le milieu des années 1990 je commençais à me lasser des machines temporelles, de la nanotechnologie et des robots, si bien que la tentation m’a saisi de m’y [la fantasy] adonner un peu ».

En fait la thématique de ce recueil tourne autour de l’uchronie, des univers parallèles et témoigne de la passion de l’auteur pour l’Histoire et l’archéologie.

Ne peut on déceler dans cette mutation le signe d’un fléchissement ? Tous les textes sont agréablement écrits avec ces flambées de lyrisme en fin de récit que j’affectionne [« Vers la terre promise », « Chip runner »...] mais avec parfois un manque de fond : « Chip runner », justement ressemble à un récit cyberpunk écrit par un auteur de l’age d’or.

Pire, « les carnets d’Henry James récit de l’invasion martienne » donne envie de retourner au texte de Wells , « Diane aux cent seins » ou « Mon nom est Titan » sont sans consistance.
On retiendra donc :

  • « La route de Spectre city », longue nouvelle bien ficelée, mise en scène d’une Terre occupée par des envahisseurs ET. Les USA sont coupés en deux avec une zone libre et une zone occupée. Un humain franchit la frontière à la recherche de son frère. Un texte sur l’acceptation de l’altérité.

  • « Voués aux ténèbres », long récit d’un prêtre qui renie sa Foi au profit d’une autre infiniment plus vaste. Ou comment la fin devient le commencement. On retrouve un peu la thématique de la rupture [forte celle là, pas tranquille] que j’apprécie tant chez cet auteur.

  • « Entre un soldat puis un autre », nouvelle relatant le dialogue entre Socrate et un Conquistador grand massacreur d’indiens devant l’éternel, par simulation interposée. Enfin une tentative, enfin une quasi claque !
  • « Vers la terre promise ».Une uchronie extraite de « Romae aetarna » dont le point de départ « biblique » est l’échec de la traversée de la mer rouge par les juifs
  • « Jouvence », autre récit de conquistador qui rappelle la conquête de l’Eldorado.
  • « Va et vient », le seul inédit [avec peut être « la zone des clones »] intéressant au sens ou il s’agit d’un récit fantastique qui dénote un peu dans cet ensemble d’uchronies et de textes « touristiques »

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Au total un recueil décevant, qui souffre de la comparaison avec le récent « Axiomatique ». Il n’ y a pas de déchet, c’est agréable à lire, les personnages sont consistants [eh oui, en SF on sait faire !] mais ça ne décolle pas.

Enfin les inédits n’apportent aucune surprise. A conseiller donc uniquement aux grands fans de Silverberg.