
Par Soleil vert
Voici enfin le dernier tome des « collected stories » choisies par Robert Silverberg couvrant la période 1988-1997. Mon nom est Titan a bien failli ne pas paraître, en raison du décès de Jacques Chambon, grand ordonnateur de ce projet. Mais les éditions J’ai Lu ont heureusement repris le flambeau de la collection Imagine et les quatre volumes sont désormais disponibles dans l’auguste maison présidée par Thibaut Eliroff.
Quelques précisions encore sur la présente édition. Les traductions ont été révisées par Pierre-Paul Durastanti. Cependant, ainsi qu’il nous l’a précisé, le matériel textuel et para textuel (les commentaires de Silverberg) avait été préalablement rassemblé par Jacques Chambon.
On remarquera aussi que 10 ans se sont écoulés depuis 1997, mais à ce jour aucune suite n’est prévue à l’anthologie.
Que dire de ce gros pavé regroupant 23 nouvelles dont 6 inédites ?
Robert Silverberg donne une indication sur l’orientation de son inspiration : « ... vers le milieu des années 1990 je commençais à me lasser des machines temporelles, de la nanotechnologie et des robots, si bien que la tentation m’a saisi de m’y [la fantasy] adonner un peu ».
En fait la thématique de ce recueil tourne autour de l’uchronie, des univers parallèles et témoigne de la passion de l’auteur pour l’Histoire et l’archéologie.
Ne peut on déceler dans cette mutation le signe d’un fléchissement ? Tous les textes sont agréablement écrits avec ces flambées de lyrisme en fin de récit que j’affectionne [« Vers la terre promise », « Chip runner »...] mais avec parfois un manque de fond : « Chip runner », justement ressemble à un récit cyberpunk écrit par un auteur de l’age d’or.
Pire, « les carnets d’Henry James récit de l’invasion martienne » donne envie de retourner au texte de Wells , « Diane aux cent seins » ou « Mon nom est Titan » sont sans consistance.
On retiendra donc :
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Au total un recueil décevant, qui souffre de la comparaison avec le récent « Axiomatique ». Il n’ y a pas de déchet, c’est agréable à lire, les personnages sont consistants [eh oui, en SF on sait faire !] mais ça ne décolle pas. |
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