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Publié le 01/07/2005

"Mondes et démons" de Juan Miguel AGUILERA

AU DIABLE VAUVERT, MAI 2005

Par Mr.C

Quand on est fan de SF, on en avale des années-lumières de batailles galactiques et d’extra-terrestres venimeux... autant vous dire que les space-opera qui parviennent encore à me dresser les poils du bras deviennent aussi rares que les idées originales dans les romans de Bernard WERBER. Et voici pas qu’avec "Mondes et démons", Juan Miguel AGUILERA a réussi le tour de force de me provoquer un picotis très agréable le long de la nuque... c’est plutôt bon signe.


Prêt pour l’inévitable avalanche de noms propres à majuscules ? Ok. Donc, l’Empire et la Utsarpini, puissances rivales de l’amas globulaire d’Akasa-Puspa, font la découverte de la Sphère, objet astronomique d’un rayon de deux cents vingt-cinq millions de kilomètres, [si, comme moi, vous avez du mal à vous représenter des chiffres supérieurs à cent-cinquante, retenez simplement que la Sphère est vachement grosse.] Plus surprenant encore : la Sphère est une coquille formée de millions d’astéroïdes et sert d’enclos à 6 planètes de type humain en orbite autour d’un soleil.

Histoire d’étudier le phénomène [voire d’en tirer profit] l’Empire et la Utsarpini s’allient pour envoyer sur place l’Asura-Nama, un mega-cargo détourné pour l’occasion. Evidemment tout cela va très mal tourner parce que les angriffs ont répéré la Sphère eux aussi... Or les angriffs, c’est pas de la rigolade. Les humains les appellent les démons. Physiquement ces extra-terrestres malaimables tiennent du serpent, de la fourmi et du rotweiller. Et à leurs yeux les êtres humains n’ont qu’une qualité : ils sont comestibles.

Ai-je besoin de préciser que s’en suit un affrontement rudement violent au cours duquel les têtes vont voler ? Ai-je besoin d ’ajouter que parallèlement, une révélation quasi mystique finira par donner tout son sens à ces échauffourées, à la Sphère, à l’origine de la vie et à la construction européenne [non, pas à la construction européenne, pardon] ?

Bref, "Mondes et démons" est loin d’être un roman innovant. Pour la petite étincelle de génie, allez voir ailleurs. On peut même, à l’opposé, sentir de très fort emprunts de J.M. AGUILERA [l’éditeur lui, parlerait d’hommages rendus] à des space-op comme "Marée stellaire" de David BRIN, en particulier pour l’anthropologie extra-terrestre, la présence de dauphins pensants, la juxtaposition de scène d’actions rentre-dedans et de destinées humaines transcendées...

MAIS... il y a un MAIS[enfin là, ça fait deux] : "Mondes et démons" est un voyage à faire. Non, vraiment. Pourquoi conclus-je ainsi après avoir démontré quasiment l’inverse ? Parce que monsieur AGUILERA a un sacré savoir-faire et dépasse les limites du genre qu’il s’est imposé. Prenez ces satanés angriffs, répugnants, baveux, baaah, beurk, impossible de comprendre des bestioles pareilles, bouffeuses d’humains, pleines de pattes et de dents, au long cou reptilien... Eh bien le récit progresse et, tout comme les Humains, plus on découvre de l’intérieur la culture angriff plus on la comprend : elle est cohérente, elle a ses valeurs, sa morale... A ses yeux, c’est nous qui sommes monstrueux, et AGUILERA réussit à nous faire ressentir cela. Et des jolies choses commes cela, des petites traces d’intelligences, y en a partout dans ce bouquin !


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Moralité : "Mondes et démons" a une qualité énorme : il est rudement accrocheur. Je n’ai pas pu me détacher du livre avant de l’avoir terminé. AGUILERA fait du space-op méchant mais pas bêta : il écrit fort bien, ses personnages sont attachants, l’intrigue rebondit tout le temps, les surprises succèdent aux surprises et mêmes les bons gros clichés s’avalent sans peine grâce à un style souple et bien balancé.

Foi de cafard, je parie que ce monsieur AGUILERA va nous sortir un de ces jours un truc qui vaut réellement le coup. Parce qu’il ne lui manque pas grand-chose pour égaler ses maîtres.