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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

AU SOMMAIRE DU RECUEIL :
Si vous êtes persuadés que le cyberpunk, c’est réalité virtuelle à tous les étages, connexions neuronales obligatoires et plongée dans le cyberespace, vous avez tout faux. Le cyberpunk c’est bien plus que ça, et ce recueil est là pour le démontrer.
Comme l’indique Bruce STERLING en préface, le cyberpunk, c’est avant tout une génération d’auteur de SF née dans les années 80 et décidé à dépasser l’horizon habituel du genre. Il a eu ses précurseurs [BALLARD, MOORCOCK, ALDISS], ce qui ne l’empêche pas d’avoir une longueur d’avance sur la SF de son temps. Parce qu’il est branché sur le rééel, sur la pop-culture, sur l’underground, et sur une recherche formelle que les puristes du sens of wonder ont tendance à négliger et qui va naturellement vers davantage de vitesse et d’information.
On passe donc en cinquième avec quelques nouvelles qui accélèrent la prose à plaisir : Tom MADDOX ou Pat CADIGAN s’y entendent pour lacérer les dialogues et foncer tête baissée dans des univers trash où les technologies ne mènent pas toujours au paradis.
Rudy RUCKER, sans faiblir, fait davantage dans l’ironie en malmenant un Houdini inssaisissable. Et Marc LAIDLAW imagine une sorte d’ « Akira » survolté qui pourrait bien vous donner des cauchemars. Tout est dans l’efficacité.
Plus ambitieux, moins rentre dedans, J.P. KELLY rêve de Stonehenge, tout comme William GIBSON ouvrait le recueil par un mélancolique mirage de rétro-futur.
Si la nouvelle de Lewis SHINER, « Le jour où des voix humaines nous éveilleront », est clairement en-dessous du lot, trois autres nouvelles légitiment à elles-seules la lecture du recueil : d’abord le maginifique « Petra » de Greg BEAR, univers post-cataclismique réduit à la taille d’une cathédrale de pierres vivantes, à la fois poétique et attachant. Ensuite « Freezone » de John SHIRLEY, très crédible variation sur le thème sexe, drogue et rock’n’roll. Puis « Pierre vit » de Paul DI FILIPPO, découverte d’un héritage maudit pour un jeune aveugle des bas-fonds.
cela aurait pu suffire à faire de « Mozart en verres miroir » un excellent recueil. Et c’est en bonus qu’on s’embarque sur la station orbitale déglinguée de STERLING & GIBSON, ou dans le délirant voyage temporel imaginé par STERLING & SHINER pour la nouvelle éponyme finale, un texte qui prend l’exact contrepied des contraintes habituelles imposées aux "voyageurs imprudents" dans le tunnel du temps, pour un résultat trashicomique [ouais, j’avais envie d’inventer un mot] et jubilatoire.
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Ce recueil, qui appartient quasiment déjà à l’Histoire du genre, fera un bien énorme à tous ceux qui lisent de la SF depuis longtemps et désespèrent parfois de la voir aller au-delà de ses thèmes de prédilection. Pop, trash, et légèrement dingue, il est un must que je conseille à tous. |
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