Suivez le Cafard cosmique sur Twitter
Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook
Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.
netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.

Anthologie mythique et fondatrice du mouvement cyberpunk, « Mozart en verres miroirs » est un recueil de douze nouvelles très différentes dont le point commun est moins une pseudo obsession pour les technologies du futur qu’une formidable audace imaginative.
AU SOMMAIRE DU RECUEIL :
Si vous êtes persuadés que le cyberpunk, c’est réalité virtuelle à tous les étages, connexions neuronales obligatoires et plongée dans le cyberespace, vous avez tout faux. Le cyberpunk c’est bien plus que ça, et ce recueil est là pour le démontrer.
Comme l’indique Bruce STERLING en préface, le cyberpunk, c’est avant tout une génération d’auteur de SF née dans les années 80 et décidé à dépasser l’horizon habituel du genre. Il a eu ses précurseurs [J.G. BALLARD, Michael MOORCOCK, Brian ALDISS], ce qui ne l’empêche pas d’avoir une longueur d’avance sur la SF de son temps. Parce qu’il est branché sur le rééel, sur la pop-culture, sur l’underground, et sur une recherche formelle que les puristes du sens of wonder ont tendance à négliger et qui va naturellement vers davantage de vitesse et d’information.
On passe donc en cinquième avec quelques nouvelles qui accélèrent la prose à plaisir : Tom MADDOX ou Pat CADIGAN s’y entendent pour lacérer les dialogues et foncer tête baissée dans des univers trash où les technologies ne mènent pas toujours au paradis.
Rudy RUCKER, sans faiblir, fait davantage dans l’ironie en malmenant un Houdini inssaisissable. Et Marc LAIDLAW imagine une sorte d’ Akira survolté qui pourrait bien vous donner des cauchemars. Tout est dans l’efficacité.
Plus ambitieux, moins rentre dedans, J.P. KELLY rêve de Stonehenge, tout comme William GIBSON ouvrait le recueil par un mélancolique mirage de rétro-futur.
Si la nouvelle de Lewis SHINER, Le jour où des voix humaines nous éveilleront, est un peu en-dessous du lot, trois autres nouvelles légitiment à elles-seules la lecture du recueil : d’abord le maginifique Petra de Greg BEAR, univers post-cataclismique réduit à la taille d’une cathédrale de pierres vivantes, à la fois poétique et attachant. Ensuite Freezone de John SHIRLEY, très crédible variation sur le thème sexe, drogue et rock’n’roll. Puis Pierre vit de Paul DI FILIPPO, découverte d’un héritage maudit pour un jeune aveugle des bas-fonds.
Cela aurait pu suffire à faire de Mozart en verres miroir un excellent recueil. Et c’est en bonus qu’on s’embarque sur la station orbitale déglinguée de STERLING & GIBSON, ou dans le délirant voyage temporel imaginé par STERLING & SHINER pour la nouvelle éponyme finale, un texte qui prend l’exact contrepied des contraintes habituelles imposées aux "voyageurs imprudents" dans le tunnel du temps, pour un résultat trashicomique [ouais, j’avais envie d’inventer le mot] et jubilatoire.