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Publié le 01/12/2006

« Nanotikal » de Marcus HAMMERSCHMITT

ED L’ATALANTE, NOV. 2006

Par Nolive

Les éditions de l’Atalante poursuivent vaillamment leur exploration des SF européennes. Au menu de cette fin d’année, « Nanotikal », premier roman de Marcus Hammerschmitt traduit en France après trois nouvelles ["In Eros Millenium", Galaxies n°38 et "Utopiæ 2005").
Au programme : nanotechnologies et guérilla sur fond de conquête de l’Europe par les ... Mayas, au XXIIème siècle.


Les deux dernières incursions outre-Rhin proposées par l’Atalante [Andreas ESCHBACH et Michael MARRAK poussent le lecteur, confiant, à se jeter sur ce « Nanotikal » surgi de nulle part. Frénétique, il entame la lecture de la quatrième de couverture :
« 2136. Les Mayas, maîtres des nanotechnologies, dominent l’Espagne. Sur les ruines de Compostelle se dresse la puissante cité-Etat de Nanotikal.  »
Mouais...

Admettons.
Le lecteur a confiance. Il se plonge donc dans un roman qui s’avère vite richement documenté sur la culture Maya, culture que l’auteur lui fait découvrir sans jamais sombrer dans le cours magistral ou la conférence érudite. Malheureusement, cette somme de connaissances, aussi intéressante qu’elle soit, ne suffit pas à occulter les gros défauts du texte - et ils sont légion, à commencer par le fait qu’il semble écrit à la hache : style heurté, ellipses brutales, l’auteur n’a visiblement pas l’intention de prendre son temps. Au point qu’on ne retient finalement pas grand-chose de ce bouquin, hormis ses carences.

La plus évidente tient dans l’argument : qu’une civilisation néo-maya surgisse dans le courant du XXIème siècle, pourquoi pas... mais pas une ligne n’est consacrée aux mécanismes d’une telle résurgence, rien qui puisse expliquer comment une civilisation anéantie six siècles plus tôt a pu se constituer en Etat souverain, acquérir la suprématie en matière de nanotechnologies et mener une guerre de conquête victorieuse contre toute l’Europe océanique, dans un contexte international dont on ne saura rien, si ce n’est que le Vatican n’est pas content...
Un peu dur à avaler, en matière d’ellipse...

Et voilà que sur ce fond se déroule une intrigue assez basique, entre roman d’action et complots politiques stéréotypés, qui esquive allègrement toute réflexion sur les thèmes abordés : rien sur les implications socio-économiques et humaines de l’exploitation intensive des nanotechnologies et des IA (très humainement mesquines, les IA), rien sur la notion d’engagement des résistants, rien sur la résurgence du mysticisme ou la réappropriation des mythologies...

Et en prime, les clefs de l’intrigue révélés à grands coups de monologues pompeux par des personnages improbables tenant tellement du deus ex machina que c’en est risible.


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Bref, un roman hautement dispensable malgré le soin apporté à la description de la société maya, dont le seul titre de gloire est sans doute le refus du « politiquement correct » qui semble caractériser Marcus HAMMERSCHMITT.

On pouvait s’attendre à mieux de la part d’un éditeur dont la réputation de découvreur n’est plus à faire...