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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

La vie de Richard MAYHEW bascule le jour où il rencontre une étrange jeune fille blessée poursuivie par deux tueurs d’un autre âge : il appartient maintenant au "Londres d’En Dessous", un monde baroque et cruel, caché sous la Cité, dans les égouts et le métro, et où l’on croise des Comtes, des Monstres, des Rats qui parlent et des Anges...
La seule issue pour Richard consiste à suivre la jeune fille, Porte, dans sa quête des assassins de son père...
Fantastiquement drôle.
Ce qui est le plus attachant dans ce roman, c’est l’humour que l’auteur a laissé retranscrit aux travers des pérégrinations de Richard. Car il faut le souligner, ce roman est bourré d’humour, au travers des répliques du héros dans les multiples situations parfois burlesques. Comment réagir si l’on découvre du jour au lendemain qu’il y a un autre monde que celui dans lequel vous vivez vous et moi (le monde d’En haut), un monde ou il y a des licornes, des monstres, des anges, des parleurs aux rats et où le commerce se fait uniquement par le truchement de troc - un mouchoir peut être de grand secours !
Culture punk.
Tout cet univers est très underground. Les sieurs Vandermar et Croup sont tout droits sortis d’un bande dessinée. Croup m’a fait penser à un croisement entre The Crow et Beetlejuice. D’ailleurs, on pourrait définir cet univers comme celui de The Crow auquel on aurait ajouté un zeste de magie.
Télévisuel.
J’ai senti que ce roman était très visuel et il est possible que l’auteur ait voulu un roman qui soit adaptable au cinéma, ce qui serait, je l’imagine très bien, assez facile. Le casting est même, pour moi, déjà fait...
Enfin, de nombreuses bonnes idées émanent de ce roman comme l’origine des stations de métros. Les méchants sont délibérément caricaturaux et l’héroïne... et bien Richard, qu’est ce que tu attends ?
J’ai passé un bon moment dans le Londres d’en bas de Gaiman. Lisez le !
Extraits :
« Ils étaient vêtus de costumes noirs, légèrement crasseux, légèrement usés, et même Richard, qui se classait au nombre des dyslexiques de la mode, sentit que la coupe en était un peu curieuse. C’était le genre de costumes qu’un tailleur aurait pu façonner deux siècles plus tôt, si on lui avait décrit un costume moderne sans qu’il en ait jamais vu. Les lignes ne tombaient pas juste, les détails non plus. »
Dès le début du récit, GAIMAN avoue l’astuce : le Londres d’En Dessous lui a été inspiré par le plan du métro londonien et ses stations aux noms étranges : Earl’s Court [La Cour du Comte], Angel, Knight’s Bridge [transformé en Night’s Bridge, le Pont de la Nuit]... en quelques pages voilà que surgissent sous Londres des créatures fantastiques et des lieux magiques.
Les droits cinéma de "Neverwhere" ont été achetés par Jim HENSON Productions, associé à Denise DINOVI, le couple gagnant de "Dark Crystal. GAIMAN doit en écrire le script.
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On pense à Lewis CARROLL, le père d’Alice, jeune fille naïve et curieuse tombée, elle aussi, dans un monde de merveilles souterraines, car l’humour noir et l’absurde sont les règles de l’En Dessous. Même les terribles Vandemar et Croups, démons cruels et névrosés, parlent comme des personnages de contes. La quête de Richard MAYHEW est savoureuse, même s’il faut reconnaître que GAIMAN est meilleur rêveur qu’auteur : sa plume est imaginative mais classique, et l’on sent bien que "Neverwhere" fut une série TV avant d’être un roman. |
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