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Cinquième livraison de la meilleure anthologie périodique de France catégorie SF&F, étiquetée Printemps 2007 et emballée d’un croquis très cafardcosmiquien qui nous a valu un sourire comblé. L’intérieur est tout aussi enthousiasmant.
AU SOMMAIRE :
ET AUSSI :
Hélas, ça démarre mal. Laurent QUEYSSI, petit protégé de la bergerie d’A.-F. RUAUD, ne nous a pas convaincu avec ce Fuck City sans queue ni tête, bourré d’idées amusantes voire originales dont aucune n’aboutit jamais à quoi que ce soit de construit. Un festival de fausses pistes qui pourrait être drôle s’il n’était pas vain et au final davantage le résultat d’un manque de maîtrise flagrant bien plus que d’une intention d’auteur.
« Neurotwistin’ », le premier roman de QUEYSSI était de la même matière : foutraque, parfois brillant, souvent confus, finalement raté.
Bon, désolé, on veut pas être méchant, mais QUEYSSI, c’est pas encore ça.
Dès la deuxième nouvelle, le niveau monte Les démons d’Ansley de James SALLIS, tactile, souple, superbe] mais pour faire court, nous irons droit au tiercé gagnant qui fait de cette anthologie un must : Le nom des fleurs de Kate WILHELM, Les vacances du batelier de Jeffrey FORD et Magie pour débutants de Kelly LINK.
Ces trois nouvelles, format novella, ont en commun des ambiances épaisses et des styles audacieux. Kate WILHELM coince un photographe un peu blasé entre le FBI et une fillette recherchée. Il se trouve que la fillette en question a disparue dans un accident [?] d’avion. Mais qu’elle réapparaît sans prévenir ici ou là, et semble avoir l’étrange capacité de grandir de plusieurs mois en quelques jours. Le photographe, instrumentalisé par le FBI, se prend de tendresse pour l’insaisissable fillette. Une histoire qui recèle quelques surprises et des personnages qu’on a du mal à oublier.
Jeffrey FORD, décidément un auteur à suivre de près [avez-vous lu La fille dans le verre ?], envoie un batelier en congés ; mais le batelier s’appelle Charon, passeur du fleuve des Enfers, et il s’embarque [pour de bon] dans des vacances infernales... les paysages sont signés Salvador DALI et les costumes de Neil GAIMAN, et l’imagination de Jeffrey FORD ose le reste, c-a-d l’essentiel.
Enfin Kelly LINK ose une histoire d’adolescents [en plein découverte de leurs émotions et de leurs corps], fascinés par un feuilleton TV pirate ubuesque mais profondément censé, La Bibliothèque, entre Docteur Who, et Buffy contre les vampires. C’est irracontable, ça sort de nulle part, c’est tordant, tordu, superbe.
Voilà pour le meilleur. Autour, il y a du très bon : les deux textes de Jack O’CONNELL dessinent un univers cohérent où la chance est palpable et les livres proprement captivants ; Rodolfo MARTINEZ, sur le mode de l’essai universitaire, opèrent un convaincant rapprochement entre BORGES et LOVECRAFT.
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En fin de recueil, un récit à plusieurs voix comme les apprécie Fabrice COLIN, sympathique mais peut-être pas vraiment à sa place ici, et un récit de Steven UTLEY, petit bijou qui donne envie de retenir ce nom, voire de le noter quelque part pour ne pas oublier de saisir dès parution le prochain texte qu’il publiera en France. Ce « Fiction n°5 » maintient le très bon niveau de la revue et ne décevra pas les habitués. |
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