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Attention : génie !
Non, il ne faut rien exagérer... mais tout de même, voilà un type épatant : grand physicien, auteur prolifique de vulgarisations scientifiques, notamment sur l’astronomie, sur les radars et sur ... la plongée sous-marine, son autre passion. Et surtout, l’un des auteurs de SF les plus lus au monde, en particulier grâce au célébrissime 2001, Odyssée de l’espace.
Né à Minehead, dans le Somerset, Arthur C. CLARKE est le fils d’une postière et d’un ingénieur des télécommunications obligé de se reconvertir en fermier après avoir été gazé pendant la Première Guerre Mondiale.
Enfant, le jeune Arthur découvre la SF dans les pulps américains, comme , Amazing Stories ou Astounding Stories of Super Science, qui le passionnent. Son père l’initie à l’astronomie, et le garçon passent de longs moments à observer la lune avec fascination.
CLARKE devient fonctionnaire à Londres, est mobilisé quand éclate la Deuxième Guerre mondiale, et devient instructeur radio à la Royal Air Navy ; il se spécialise dans les services radar et participe à l’élaboration du système d’alerte radar britannique, un atout indéniable dans le conflit contre les armées allemandes. Il travaille notamment aux premiers essais d’atterrissage guidé au sol, à la base de Davidstow Moor dans les Cornouailles.
C’est pendant cette période, en 1945, qu’il publie un article resté célèbre [1] dans lequel il est le premier a imaginer le principe de l’orbite géostationnaire, principe appliqué de nos jours aux satellites de télécommunications... C’est pourquoi l’Union internationale d’astronomie a baptisé depuis l’orbite géostationnaire, à une altitude d’un peu moins de 36 000 km, "Orbite de Clarke". Parmi ses autres inventions, l’ascenseur spatial, imaginé dans Les Fontaines du Paradis, régulièrement mis à l’étude par les ingénieurs spatiaux du monde entier.
Après la guerre, CLARKE reprend ses études scientifiques et décroche des diplômes de mathématiques et de physique au King’s College London. Mais notre talentueux scientifique est aussi un rêveur à l’imagination débordante : épaté par le cycle des Last and First Men du britannique Olaf STAPLEDON, qui raconte l’histoire de l’humanité sur deux milliards d’années, il a commencé à imaginer lui-même le futur. Il vend ses premières nouvelles de SF : en 1946, il publie Rescue Party dans Astounding Science Fiction.
L’homme de science et l’écrivain de SF mènent leurs existences en parallèle : devenu Président de la Société interplanétaire britannique, CLARKE obtient la reconnaissance en publiant des ouvrages de vulgarisation sur l’astronautique comme Vol interplanétaire [1950], ou L’Exploration de l’espace [1951]. Dans le même temps, côté science-fiction, le succès public commence avec Les Enfants d’Icare [prix Hugo et Nebula] en 1953, et CLARKE peut se permettre, progressivement, de devenir écrivain à plein temps.
Cette même année, lors d’une tournée aux Etats-Unis, CLARKE rencontre une jeune américaine, Marilyn Mayfield, qu’il épouse - leur histoire sera cependant de courte durée.
En 1956, il s’installe définitivement au Sri Lanka, île qu’il avait découverte au début des années 50 grâce à sa passion pour la plongée sous-marine. il y avait d’ailleurs créé un club de plongée. Il ne quittera plus son île d’adoption, et y obtiendra la double-nationalité. Mais, atteint du syndrome post-polio en 1988 [il avait contracté la poliomyélite en 1959], il devra peu à peu se contraindre à se déplacer seulement en fauteuil roulant.
Le roman le plus célèbre d’Arthur C. CLARKE est 2001, Odyssée de l’Espace. Ce roman est adapté du scénario qu’il a co-écrit avec le réalisateur Stanley KUBRICK pour le film éponyme. Il est basé en fait sur une nouvelle de CLARKE, La Sentinelle, écrite en 1948 [2].
Dès sa sortie en 1968, le film de KUBRICK a marqué les esprits par l’ambition de son propos et ses audaces esthétiques. 2001, Odyssée de l’Espace est considéré comme un chef-d’œuvre du cinéma de SF. Son impact public a beaucoup fait pour la célébrité d’Arthur C. CLARKE, qui lui donna trois suites.
Lorsque Neil Armstrong posa le pied sur la Lune en 1969, les autorités américaines saluèrent l’écrivain, soulignant qu’il leur avait fourni « le moteur intellectuel essentiel qui nous a conduits jusque sur la Lune ».
CLARKE est un romancier dont plusieurs ouvrages sont considérés comme des grands classiques du genre. Outre L’Odyssée de l’espace et Les Enfants d’Icare, citons Rendez-vous avec Rama [prix Nebula et Locus] qui sera aussi le point de départ d’un cycle de plusieurs tomes. Il a également écrit deux autobiographies : "Ascent to Orbit" qui évoque son parcours scientifique et "Astounding Days", son autobiographie d’auteur de science-fiction.
Si l’on en croit ses pronostics, l’homme mettra le pied sur Mars vers 2021, et découvrira une civilisation avancée dans notre galaxie en 2024.
Annobli par la Reine en 1998, CLARKE se fit plus discret dans le monde littéraire sur la fin de a vie. Il n’étonnait plus vraiment, co-écrivant des ouvrages un peu banals où son nom figurait en grosses lettres comme garantie de qualité...
Son dernier roman, Le dernier théorème, co-écrit avec Frederik POHL, est paru fin 2007.
Arthur C. CLARKE s’est éteint le mercredi 19 mars 2008, dans son île d’adoption du Sri Lanka, et demeure à jamais, avec Isaac ASIMOV, l’un des plus grands auteurs de la S.-F. anglo-saxonne de l’après-guerre.
Il laisse trois maximes célèbres nommées « Lois de Clarke », qui se voulait une réplique aux fameuses « Lois de la robotique » de son "concurrent". La plus célèbre indique que « toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie ». C’est une maxime mainte fois vérifiée.
Tout commence avec la découverte d’un étrange monolithe de pierre noire sur un des satellites de Saturne... tout finit aux confins du Cosmos, du Savoir et du mystère de la Vie... La race humaine conduite vers la connaissance par de bienveillants aliens, depuis les premiers hommes de l’Age de pierre qui découvrent l’outil, jusqu’aux spationautes à l’assaut des étoiles, trahis par les intelligences artificielles. Un archi-classique.
Cette fois, les voilà : les extra-terrestres débarquent. Ou plutôt non : leurs énormes soucoupes se sont positionnées au-dessus des grandes capitales du monde, et ils ne communiquent que par l’intermédiaire du Secrétaire général des nations unies, qui ne les a jamais vu en vrai. Ils apportent leur immenses savoir, mettent fin aux guerres, aux maladies, font de la Terre un paradis...mais refusent de se montrer.
Rendez-vous avec Rama [Rendez-vous With Rama, 1973] REED. J’AI LU
Sensation étrange que de se replonger, vingt ans après, dans le livre qui vous a ouvert les portes de la Science-Fiction... Avant de rouvrir le livre, c’est l’appréhension qui domine ; la crainte de découvrir que le livre aux 6 prix [dont le Hugo, Nebula et Locus], que l’on avait mis sur un piédestal, ne soit en définitive qu’un vieux classique poussiéreux. Mais, une fois le livre terminé, force est de constater qu’il n’a pas pris une ride.
Pour les suites, en revanche, c’est une autre histoire...
Au XXIIème siècle, un ingénieur projette de construire un ascenseur spatial. Cette technologie permet de véhiculer par des câbles un satellite, du fret ou des passagers depuis la Terre jusqu’à une station terminale située en orbite géostationnaire. Ce moyen de transport assimilable à une fronde s’avère plus économique et plus sur que les fusées traditionnelles.
Cependant le terminus terrestre doit se trouver sur un plan équatorial ; diverses contraintes conduisent rapidement l’entrepreneur à choisir l’île de Taprobane [inspirée, nous dit CLARKE dans sa postface, de Sri Lanka] et plus précisément une montagne sacrée ou résident des moines bouddhistes. Devant l’opposition religieuse au projet, un autre choix va s’offrir à l’ingénieur : Mars. Où donc sera construit cet ascenseur ?
Mr.C
[1] L’article, intitulé Wireless World est paru dans le British Journal
[2] La nouvelle La Sentinelle, proposée par CLARKE en 1951, lorsqu’il était un jeune écrivain, à un concours organisé par la BBC, n’avait alors pas été retenue...