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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Ubik
C’est un florilège de nouvelles, parues ici et là entre 1999 et 2004, que nous propose les éditions de l’Atalante.
Premier recueil de Pierre BORDAGE, il nous permet de nous rendre compte du talent de cet auteur face aux exigences de la forme courte.
A la réunion physique de textes écrits sur une période de 5 ans, ce recueil ajoute la fusion concrète de ceux-ci autour du thème de l’anticipation plus ou moins lointaine. En effet, mis à part un court préambule [« Le cheval de Troie »], volontiers autobiographique, BORDAGE nous révèle, par touches successives, le portrait d’une société future, une vision pas très gaie mais où dans les angles morts l’humain tente de s’aménager des niches de bonheur éphémère. Paradoxalement, c’est dans les nouvelles où l’humain est durement éprouvé ou dans celles où il s’efface presque totalement, que l’alchimie opère le mieux.
« Nouvelle Vie™ », qui donne son titre au recueil, appartient à cette catégorie. Elle illustre sans se bercer d’illusions l’interrogation : quels enfants laisserons-nous à la Terre ? « Jours de noce » et « Dans le potager » extrapolent le devenir de l’homme explorant successivement le thème de l’univers virtuel et celui du génie génétique. J’avoue ma préférence pour la cruauté végétale de la seconde. « Kali la démente » offre une variation intéressante sur le thème galvaudé du tueur en série. Cette nouvelle vaut autant pour la description hallucinante d’une métropole bien éloignée des visions aseptisées. Dans la veine de « L’Ange de l’abîme », « Eurozone » nous plonge dans une vision, elle-aussi très évocatrice, d’un futur en proie à la haine, la déliquescence et l’appât du gain.
Mais BORDAGE a foi dans l’Homme et en sa compassion. Il imagine dans « La classe de maître Moda », un dispositif permettant aux plus démunis de profiter du système éducatif des pays développés tout en testant l’altruisme des écoliers de ces mêmes pays. « Paix bien ordonnée » peut sembler totalement utopique, voire d’une naïveté confondante. Pourtant, en réfléchissant, le constat que pose ce texte n’est pas dépourvu d’intérêt car finalement la démarche de faire la paix avec les autres ne nécessite-t-elle pas effectivement de la faire avec soi-même d’abord ?
Parmi les récits qui ont moins emporté mon adhésion se trouvent quatre nouvelles. « Ma main à couper », variation sur le thème du jeu déjà abordé dans « Wang », m’a paru la plus faible car trop convenue. « Les frères du G5 » est lisible mais ne brille pas d’une grande originalité. « Juliet » et « Goderon » sortent du cadre terrestre pour se fixer outre espace. Le premier texte, paru auparavant dans l’anthologie thématique « Eros millenium », brode sur le thème de l’amour improbable entre un E-T et une femme tandis que le second est une banale chasse au trésor sur une planète lointaine.
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Enfin, « Tyho d’Ecce » conclut brillamment le recueil en nous livrant la correspondance d’un soldat en campagne contre une espèce E-T. Ce sujet paraît moins classique lorsque l’on apprend que celui-ci est un adolescent de quatorze ans ! Absurdité de la guerre et inanité des adultes qui usent d’enfants comme supplétifs à leurs ambitions. Ca ne vous rappelle rien ? Ce recueil de Pierre BORDAGE est un ouvrage tout à fait honorable que l’on ne peut que recommander, même à ses détracteurs. |
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