


Dès 1877, l’astronaume Giovanni SCHIAPARELLI, directeur de l’observatoire de Milan, dresse la première carte détaillée de Mars. Sur cette carte apparaissent des canali, des canaux reliant les "mers" de l’hémisphère nord aux mers du sud de la planète.
Ces canaux vont exciter l’imagination de générations de chercheurs jusqu’à aujourd’hui :
Mars attise d’autant plus la curiosité des astronomes qu’à la fin du XIXème siècle la planète se trouve en opposition avec la Terre, c-a-d dans la position la plus proche qu’elle puisse connaître de nous. C’est notamment pour cela qu’H.G. WELLS imaginera, le premier, une invasion martienne dans « La Guerre des Mondes » en 1898.
Hélas ! Finalement, les canaux s’avèrent de simples effets de reliefs et d’ombres, comme le prouve en 1909 Eugène ANTONIADI grâce à la puissante lunette astronomique de Meudon. Car Mars est parcourue de montagne et même de canyons de longueur impressionnante. Et s’il n’y a pas de canaux, autant se l’avouer, il n’y a sans doute pas de Martiens...

La première sonde lancée vers Mars est Mariner 4. Partie de Cap Canaveral en 1964, elle a atteint Mars l’année suivante et trasmis les 22 premières photos de la surface martienne.
On découvre une planète déserte et froide, pourvue de deux calottes glaciaires, traversée de canyons titanesques et cabossée de montagne immenses. [Le mont Olympus, haut de 21 000 mètres, culmine deux fois plus haut que l’Everest !]
En 1972, les clichés pris par Mariner 9 donnèrent aux scientifiques le sentiment que Mars recelaient sans doute de l’eau. Enfin en 1997, la sonde américaine Pathfinder dépose le robot Sojourner dans la région d’Ares Vallis. Sojourner est le premier à poser la roue sur le sol martien pour prélever des échantillons de roches et faire quelques photos souvenirs.
Depuis la NASA envoie régulièrement des sondes, avec plus ou moins de succès [comme la disparition de trois sondes en 1999]. Quatre engins sont en cours de mission, et en 2005 décollera Mars Reconnaissance Orbiter, un satellite pourvu d’une caméra extrêmement précise.

Un cliché de la surface martienne envoyé par la sonde Viking a fait beaucoup de bruit : on y aperçoit comme les contours d’un visage sculpté en relief à la surface de la planète.
Il n’en fallu pas plus pour relancer les croyances en une civilisation martienne disparue !
Mais des clichés du même endroit pris plus tard par une autre sonde vinrent ruiner tous les espoirs : il s’agissait encore d’un effet de lumière... et toujours pas un Martien à l’horizon ! N’empêche, la photo circule partout sur le net, et les théoriciens du complot se donnent des frissons en imaginant que la NASA de n’avoir pas tout dit sur le fameux visage... [1]

6 sondes automatiques sont parties osculter la surface martienne cette année.
La première sonde européenne, Mars Express, a décollé du cosmodrome de Baïkonour en juin 2003 à bord d’une fusée russe Soyouz. Elle déposera un petit robot, Beagle 2, chargé de rechercher des traces d’eau sur Mars
deux sondes américaines, Global Surveyor et Odyssey, tourneront autour de mars, photographiant la surface en quête d’eau là encore
une sonde japonaise, Planet-B Nozomi, se joindra au cortège ensuite
enfin deux autres sondes américaines, Mars Exploration Rover [MER] 1 et 2, respectivement baptisée Spirit et Opportunity, devraient arriver en janvier 2004 et se poser en deux régions distinctes de la planète.

La distance entre la Terre et mars oscille entre 100 et 300 millions de km. Autant dire que Mars, c’est loin, quand on sait que la Lune ne se trouve "que" à 300 000 km et qu’y organiser un aller-retour ne fut pas simple. Avec les fusées chimiques, les seules que nous maîtrisions aujourd’hui, il faudrait, au mieux, 6 mois pour faire le voyage... et 6 mois pour revenir. En comptant environ 500 jours sur place [pour obtenir à nouveau une distance réduite entre les deux planètes], la mission Terre-Mars nécessitera 2 ans et demi de voyage !
...et il reste donc deux problèmes techniques à régler :
1 - trouver la force de propulsion nécessaire [on imagine des moteurs nucléaires, ou à anti-matière, mais ce ne sont que des projets, et rien de tout cela ne fonctionne encore.]
2 - organiser la vie en vase clôt d’un équipage condamné à 2 ans et demi d’enfermement et de recyclage... [des labo travaillent là-dessus, mais on est loin des résultats.]
L’envoie d’un vol habité vers Mars bute sur un point crucial : l’argent ! La technique n’est sans doute pas au point non plus, mais elle pourrait l’être si seulement le budget était là pour le permettre. Or ce n’est pas le cas.
En 1989, Georges BUSH [père] annonce un débarquement US sur Mars en 2018... mais le projet, estimé à 500 milliards de $ est abandonné faute de moyens. En 1990, la NASA plancha sur un projet appelé Mars reference Mission, prévoyant l’envoi sur 3 ans de plusieurs modules successifs permettant d’établir une base d’exploration sur Mars, habitables par 6 cosmonautes.
Malgrè son budget plus raisonnable - 60 milliards de $ tout de même ! - l’opération ne fut jamais lancée.

Mars n’étant pas, au naturel, une planète très accueillante pour nous autres humains, les ingénieurs essaient d’imaginer comment la doter d’une atmosphère respirable. On appelle cette opération le terraformation. On doit le concept à l’écrivain britannique de S.-F. William Olaf STAPLEDON, et le mot à un autre auteur de S.-F., Jack WILLIAMSON.
Selon la NASA, Mars, il y a quelques millions d’années, était pourvue d’une atmosphère de CO2, et l’eau existait à l’état liquide, s’écoulant sous forme de fleuves et de mers. Ce CO2 a dû se fondre dans la roche, formant des carbonates. On peut donc le retrouver en réchauffant l’atmosphère.
2 : Il faudrait dans le même temps faire fondre la glace de la surface, par exemple au moyen d’immenses miroirs placés en orbite, et focalisant les rayons du soleil. L’eau circulerait à nouveau à la surface de Mars.Si les trois opérations sont bien menée, on pourrait obtenir une atmosphère respirable sur Mars. Mais selon les calculs, il faudrait environ 900 ans pour y parvenir avec les techniques actuelles !
Ce dossier s’appuie sur plusieurs articles de presse [en particulier Sciences & Vie Magazine, Libération, le NouvelObs]. NASA/JPL et D.R. pour les documents photographiques. Les graphismes sont propriétés du Cafard cosmique - 01/09/2003
[1] Le très passable film de Brian DE PALMA, « Mission to mars » [2000], reprend l’idée du visage sculpté... comme quoi les légendes ont la vie dure.
Mr.C