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Mystérieux parce que totalement absent des médias depuis près de 50 ans, celui que certains considèrent comme le plus grand écrivain américain de son temps manie le verbe avec une érudition hystérique et un sens du burlesque et du tragique difficile à égaler.


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Une représentation de Thomas PYNCHON en BD.
Réalisée d’après l’une des rares photos, toutes très anciennes, de l’auteur.

En 1997, alors que sortait son cinquième roman « Mason & Dixon », une équipe de la chaîne américaine de télévision CNN traqua Thomas PYNCHON avec la ferme intention de dévoiler enfin à tous son vrai visage. Elle y parvînt, mais PYNCHON s’opposa à la diffusion... et fut finalement obligé d’accepter une interview en échange de la non-diffusion des images volées.
Evidemment, il s’agissait d’une interview audio... Pendant ce qui reste à ce jour comme sa seule ITW accordée à la presse audiovisuelle, il eut une réponse restée célèbre : interrogé sur sa nature de reclus, il affirma « Je crois que reclus est un mot de code utilisé par les journalistes et qui signifie « qui n’aime pas parler aux reporters ».

Mais attention : le phénomène Thomas PYNCHON dépasse le mystère de son identité [même si les médias vont une grosse fixation là-dessus.] : à l’origine de cette curiosité pour l’homme, il y a une réelle fascination pour l’écrivain et pour l’étrangeté superbe de son oeuvre.

COMPLEXE, ERUDIT ET FANTASQUE

Thomas PYNCHON a publié sa première nouvelle en mai 1959, dans le journal universitaire, le Cornell Writer : elle est intitulée « Small Rain ». Il poursuivait alors des études littéraires à l’Université de Cornell, après deux années d’études d’ingénieurs abandonnées en cours de route, et un brève année dans l’US Navy, en 1956.

Diplômé en 1959, il se met aussitôt à la tâche sur son premier roman « V. », tout en travaillant quelques temps comme rédacteur technique chez Boeing, sur le site de Seattle [la firme Yoyodine, qui apparaît dans « V. » et dans « Vente à la criée du lot 49 » est inspirée de cette expérience chez l’avionneur]. En 1963, « V. » reçoit le prix du Meilleur roman de l’année de la Fondation Faulkner.

Un voyage à New-York, puis à Mexico, et PYNCHON s’installe en Californie. Il écrit son deuxième roman, « Vente à la criée du lot 49 » [1966] souvent recommandé comme le plus facile d’accès de ses romans - bien qu’il imbrique et connecte des éléments aussi disparates qu’un service de poste parallèle baptisé Tristero et un scandale industriel de transformation des ossements de soldats américains de la Deuxième Guerre Mondiale en filtre à cigarettes.

Les romans de Thomas PYNCHON ne sont pas faciles à lire. Ils sont complexes dans leurs structures, construits sur des intrigues concaves, des phrases d’une longueur inhabituellement longues et usant de la digression sans modération. Ils sont érudits, considérant comme acquis la connaissance de certains faits historiques, mathématiques, scientifiques, culturels ou politiques obscurs, voire fictifs, évoquant des époques ou des lieux lointains, voire imaginaires, conjuguant ésotérisme, mythes urbains, légendes oubliées, complots séculaires et congrégations incongrues, et employant un vocabulaire recherché.
Ils sont absurdes, recensant des paroles de chansons parodiques, animant des personnages aux noms farfelus [Benny Profane, Oedipa Maas, Tyrone Slothrope, Brock Vond sont quelques uns de ses héros...] avec un sens du burlesque souvent découpé dans des réalités atroces.

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« {Gravity’s Rainbow} »
Edition anglaise.

Troisième roman : « Gravity’s Rainbow », paru en 1973, est célébré par la critique comme le chef-d’œuvre de Thomas PYNCHON. Objet de monographies, d’études et de débats littéraires, il est considéré comme l’archétype de la littérature US post-moderne, comme dirait l’autre.
Le livre pousse à son paroxysme les principes de PYNCHON : durant les derniers mois de la Deuxième Guerre Mondiale, une intrigue à l’intérieur d’une intrigue à l’intérieur d’une intrigue à l’intérieur d’un mécanisme d’horlogerie dont les rouages seraient la paranoïa, le colonialisme, le racisme et l’entropie. Le tout à plusieurs voix.
Le roman fut en compétition pour le Prix Pulitzer, le jury le recommanda unanimement... avant que l’organisation du Prix refuse tout net en prétextant que « L’Arc-en-ciel de la gravité » était hors compétition, parce que « illisible, obscène et sur-écrit »
Ah, un détail : « L’Arc-en-ciel de la gravité » est à nouveau trouvable en France, réédité au Seuil en mai 2007 [la précédente réédition datait de... 1988].

Après un recueil de nouvelles en 1984, [« L’Homme qui apprenait lentement », « Slow Learner », précédé d’une précieuse autobiographie], plusieurs articles critiques [en particulier dans le New York Times Book Review] ou participation à de rares écrits collectifs, PYNCHON, qui n’est pas ce qu’on appelle un romancier prolifique, publie son quatrième roman, « Vineland » en 1990, puis son cinquième « Mason & Dixon » en 1997.

L’HOMME INVISIBLE

L’une des particularités de PYNCHON est d’avoir développé une quasi invisibilité. Malgré sa notoriété grandissante, il n’a en effet jamais accepté aucune apparition publique. Les seules photos connues de lui datent... des années 50. En 1973, lorsque est paru son troisième roman, « L’Arc-en-ciel de la gravité », la rumeur courut : Thomas PYNCHON existait-il réellement ? N’était-il pas le nom d’emprunt d’un autre écrivain ? [1]

Doué d’un sens du deuxième degré paranormal, PYNCHON a fait une apparition sonore unique dans un épisode du dessin-animé « Les Simpsons », sous l’apparence d’un personnage au visage recouvert d’un sac en papier. C’est la seule et unique fois que l’on entendit sa voix en public.

PYNCHON écrit pour un public exigeant et c’est pour cela qu’il est considéré par certains critiques littéraires comme l’un des plus grands romanciers américains contemporains, à l’égal de Don DeLILLO, Philippe ROTH ou Cormac McCARTHY.

En juillet 2006, un communiqué de presse de Penguin Book a annoncé la publication du sixième roman de Thomas PYNCHON pour la fin de l’année 2006. Le site Amazon.com, qui ne connaissait pas encore le titre du roman, offrait aux internautes de la pré-commander. Une seule donnée : sa longueur, fixée à 992 pages. PYNCHON lui-même donna sur le site un avant-goût du roman, en situant l’action entre la Foire Internationale de 1893 à Chicago et les mois suivant la fin de la Première Guerre Mondiale, et promettant les apparitions de Nikola Tesla, Bela Lugosi et Groucho Marx. Finalement, « Against The Day » est paru en VO fin 2006.


BIBLIOGRAPHIE


  • V. [V., 1963]
  • Vente à la criée du lot 49 [The Crying of Lot 49, 1966]
  • L’Arc-en-ciel de la gravité [Gravity’s Rainbow, 1973]
  • L’homme qui apprenait lentement [Slow Learner, 1984], recueil de nouvelles
  • Vineland [Vineland, 1990]
  • Mason & Dixon [Mason & Dixon, 1997]
  • Contre-Jour [Against The Day, 2006]


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« Contre-Jour » de Thomas PYNCHON

[« Against The Day », 2006]

Énorme chose de 1200 pages [on n’a pas pesé, par contre], le dernier Thomas PYNCHON se présente comme une “épopée toute tendue vers la grâce.” Dont acte. En attendant, Contre-Jour est une expérience littéraire à lui tout seul. L’auteur, on le connaît. Ou plutôt non, on ne le connaît pas. On murmure qu’il n’existe pas, que c’est Fabrice COLIN, que c’est un collectif écrivant à 16, 24 ou 35 mains [il y a un manchot] en fonction des interprétations. Pas grave, si le reste est littérature, c’est précisément ce que Contre-jour n’est pas. Ou différemment. Contre-jour, c’est gros. C’est très bien traduit [Claro est décidément très fort, même s’il abuse des “tel un”, “tel une”, “tels des”]. Et c’est aussi d’une totale [et rare] limpidité. En plus d’être excitant, retournant, hilarant et épouvantable.
De la méta-littérature pour cinglés ? Sans doute. Mais pas que.

 

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« L’arc-en-ciel de la gravité » de Thomas PYNCHON

[« Gravity’s rainbow », 1973]

Précédemment paru en 1975 chez Plon puis en 1988 au Seuil, « L’arc-en-ciel de la gravité » de Thomas PYNCHON est réédité aujourd’hui chez ce même éditeur dans une quasi indifférence générale, à l’exception du Web ou l’auteur fait figure d’icône.
Il faut dire que la discrétion légendaire de PYNCHON et le caractère hors norme de sa production ne contribuent pas à son exposition médiatique. Mais le 4ème de couverture nous invitant à un voyage « post apocalyptique », quoi de plus naturel que le Cafard y mette son grain de sel ?

 

Mr.C


NOTES

[1] On soupçonna J.D. SALINGER, lui aussi réputé pour sa discrétion.