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Publié le 05/03/2005

Pauvres créatures de Alasdair Gray

[Poor things, 1992]

ED. METAILIÉ, 2004

Par PAT

Alasdair Gray s’offre un petit plaisir avec Pauvres créatures : proposer une relecture radicale de Frankenstein, via une histoire rocambolesque et évidemment [c’est une habitude] politique.

Vrai génie de la littérature honteusement peu connu en France, Alasdair Gray poursuit inlassablement expérimentations délirantes, délires narratifs joyciens ou autres romans majeurs sous une fausse forme mineure, l’ensemble constituant une seule et même oeuvre aussi impeccable qu’unique.


A travers l’histoire de Bella Baxter, jeune femme suicidée, ressuscitée via la greffe du cerveau de son fœtus presque à terme, Alasdair Gray orchestre la confrontation d’une enfant sans tabou [dans un corps d’adulte] à la société victorienne dans ce qu’elle a de plus rétrograde.

Mais sous couvert de satire du XIX siècle, c’est essentiellement le XXème que GRAY assassine avec humour, cynisme et compassion, pour un résultat aussi brillant qu’étourdissant.

Alors que la belle virevolte d’amants en amoureux, elle découvre à quel point le monde est affreux. Pour son tuteur et sauveur, expliquer à quel point la planète est malade relève de l’impossibilité pure et simple. Mais Bella Baxter est tout sauf stupide, et sa naïveté lui procure un regard aussi lucide que vivifiant sur l’humanité. Comme à son habitude, Gray émaille le texte d’appendices, d’explications universitaires et de documents authentiques, mariant avec un plaisir évident fiction et réalité, le tout avec un humour pince sans rire très british, mais incroyable de justesse.

C’est d’ailleurs ce mélange d’humour désespéré et de désespoir humoristique qui donne au livre toute son ampleur.


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Roman passablement allumé, pamphlet politique libertaire, manifeste féministe percutant et remuant, Pauvres créatures est tout bêtement un chef-d’œuvre.

Simple, modeste, pas prétentieux pour un shilling, mais chef-d’œuvre quand même. Avis.