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China Miéville frappe très fort en faisant entrer en collision une bonne douzaine d’imaginaires qu’on aurait cru incompatibles : Nouvelle-Crobuzon est une sorte de Gotham-City à la Dickens dans une Terre-du-Millieu génétiquement modifiée.
On y croise aussi bien des cactus-bipèdes que des scarabées anthropomorphes ou des intelligences artificielles. Dans cet univers grotesque et suintant, une chasse à la Gorgone va s’ouvrir...
GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE
PRIX ARTHUR C. CLARKE
BRITISH SCIENCE FICTION AWARD
Nouvelle-Crobuzon est une mégalopole monstrueuse. Différentes races humanoïdes cohabitent : des hommes, des khépris [qui ressemblent à des scarabées], des vodyanoi [sorte de crapauds géants], des cactus bipèdes et quelques autres races mineures.
Différentes "sciences" coexistent : on y trouve des machines à vapeur, de la pollution industrielle et même des intelligences artificielles émergentes... mais aussi des bio-manipulations thaumaturgiques, de l’alchimie, des mages télépathes et des monstres dignes de H.P. Lovecraft.
Le roman commence sur les difficultés de vie d’un couple mixte, mal toléré dans la société de Nouvelle-Crobuzon. Le Dr Grimnebulin est humain, scientifique touche à tout, expulsé de l’université. Sa compagne est khepri, scarabée femelle, elle réalise des oeuvres d’art, des sortes de sculptures à base de "baies prédigérées".
Un Garuda, de la race des homme-aigles, arrive à Nouvelle-Crobuzon à la recherche du Dr Grimnebulin. Il a été banni par sa tribu et ses ailes ont été coupées. Il demande au scientifique de trouver un moyen pour pouvoir voler à nouveau. Le Dr Grimnebulin remue ciel et terre pour trouver une idée et déclenche une suite d’évènements dévastateurs pour Nouvelle-Crobuzon et ses habitants.
China Miéville nous décrit la ville fantastique de New Crobuzon avec un réalisme et un souci du détail rarement égalés dans la littérature de l’imaginaire. L’atmosphère est noire et pesante.
Au fil de la lecture, l’auteur nous dévoile tous les aspects les plus sordides de la ville : la misère, la pègre, les révoltes rapidement écrasées par les armes dévastatrices de sa milice et l’ignoble cynisme du maire...
L’intrigue, narrée dans un style impeccable, est originale et bien ficelée. Autant le dire tout de suite, on est bien loin de l’éternel "héritier au[x] pouvoir[s] caché[s] qui va changer la face du monde à lui tout seul ou avec sa bande de gentils copains". La découverte de la culture des hommes-aigles ou du monde-clos des hommes-cactus sont à la fois monstrueuses et magnifiques. Et les Gorgones suceuses de rêves donneront bien du fil à retordre...
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Perdido Street Station est un chef d’oeuvre. Miéville renouvelle avec audace la Fantasy-urbaine. |
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