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Publié le 14/10/2007

« Personne ne regarde » de Davis GRUBB

[« Twelve Tales of Suspense & the Supernatural », 1964]

ED. RIVAGES / RIVAGES NOIRS, JANVIER 2007

Par Olivier

Davis GRUBB est un écrivain surtout connu... pour un film. Plus précisément, pour l’unique réalisation de Charles LAUGHTON, La nuit du chasseur. Davis GRUBB est en effet l’auteur du roman qui donna au cinéma son plus grand rôle à Robert MIRCHUM.

La publication d’un recueil de nouvelles, petite anthologie de la trentaine de textes publiés par cet auteur, est donc l’occasion de découvrir ce nouvelliste.


Publié pour la première fois en France, ce recueil n’est pas tout jeune : il a dépassé les 40 ans d’âge. Pour être très franc, ça se sent. Mais loin d’être ringards, les textes ont plutôt délicieusement bien vieillis.

Le recueil s’ouvre avec des rats. Le rat de Bubsy explore en effet la relation trouble qui peut lier une jeune fille aux rats, sur les bords du Mississipi, sur fond de puritanisme et de folie. Un premier texte fort sympathique suivi d’une virée dans le fantastique pur avec Le prince lapin, l’histoire d’un jeune garçon qui se venge de son institutrice en la transformant en lapin. Davis GRUBB opte ici pour un traitement original, explorant le remords et montrant qu’un mauvais tour est aussi une mauvaise idée. Que faire en effet de ce lapin dont vos parents ne veulent pas ? Car vous ne voulez tout de même pas avoir une mort sur la conscience, non ?

Toujours dans le rayon des passions tristes, la jalousie est également de mise, avec La malle en crin de cheval. L’âme d’un homme marié pouvant quitter son corps, celui-ci se permet d’espionner sa femme. Du coup, il se rend compte qu’elle a un amant. Jalousie et vengeance aboutissent à une chute absolument remarquable.
Cocufiage et vengeance encore, avec une petite incursion dans la SF : Personne ne regarde. Dans cette nouvelle qui donne son titre au recueil, un homme décide de se venger du comique qui lui a volé sa femme, et en profite pour l’humilier dans un sketch. Après cela, vous ne regarderez plus votre télé de la même façon - tout comme vous écouterez d’une nouvelle oreille La radio après la lecture de la nouvelle éponyme, dans laquelle, vous le verrez, un bruit de fond conduit à la folie.

La poésie est également au rendez-vous, avec L’homme qui vola la Lune, qui permet de s’apercevoir que décrocher la Lune par amour n’a rien de farfelu. Un texte très beau, simple et dépouillé, qui illustre avec originalité une expression galvaudée.
L’auteur ne dédaigne pas non plus le policier à l’état pur, avec le très bon Le retour de Verge Likens, où la vengeance est encore à l’honneur. Il s’agit ici d’un fils prêt à tout pour venger la mort de son père. En ces temps de vacances, il serait tout à fait approprié de lire Dodo, Ronfleur et Roupillon, où l’on pourra découvrir que la maltraitance ne vient pas toujours d’où l’on croit, surtout dans une nouvelle fantastique !


A la lecture de ce recueil, Davis GRUBB apparait comme un horloger de la nouvelle : oeuvrant avec un style efficace, exempt de toute boursouflure textuelle, il monte d’admirables pièges qui ne manquent pas de broyer leurs protagonistes.
Oscillant avec un égal bonheur entre policier et fantastique, qu’il mélange avec délice la plupart du temps, il nous offre donc un agréable moment de lecture. Voici donc un petit recueil fort sympathique, certes daté, mais dont la subtile mécanique marche encore à la perfection.
Que demander de plus ?
Ah oui, le DVD et le roman, La nuit du chasseur.
Bon film et bonnes lecture.