Publié le 13/01/2000

"Petite musique de nuit" de Lucius SHEPARD

ED. FLAMMARION, 2000


Quatre nouvelles qui lorgnent davantage du côté de la littérature générale que de l’imaginaire et une novella qui relève purement de la SF.


Les deux premières nouvelles du recueil, "Petite musique de nuit"et "La bête des terres intérieures" sont probablement les textes les plus intéressants de ce recueil. La première conte la difficile séparation entre un critique de jazz et sa femme, épouse sublime et surtout volage ; SHEPARD s’intéresse aux derniers instants de ce couple qui s’entre-déchire jusqu’à la mort sur fond de musique jazz. Une plongée dans l’esprit dérangé d’un homme qui ne peut accepter la fin d’une histoire d’amour ; à mi chemin entre la folie et le fantastique. La seconde, nous permet de pénétrer dans le monde de la boxe, celui d’un vieux boxeur fatigué et pas loin de raccrocher ses gants. Atteint par un début de cécité, en raison d’un décollement de la rétine, Mears ne combat plus que grâce à son instinct et à cet étrange don qui lui permet de voir le véritable visage de ses adversaires et le monstre qui se cache en chacun d’eux.

"Tous les parfums d’Arabie", bien qu’empreinte d’une atmosphère exotique envoutante, est sans doute la nouvelle la plus classique de ce recueil, on y sent une certaine authenticité, mais il manque un peu de souffle à cette histoire d’amour sur fond de contrebande dans le désert du Sinaï. Un texte qui reste néanmoins remarquablement écrit et étonnamment poétique dans les descriptions des sublimes paysages d’Orient.

"L’Amérique du sport" est le texte le plus mainstream de ce recueil, une histoire assez amusante de règlement de compte entre gangsters à la manque.

"Une histoire de l’humanité", petite novella d’environ 110 pages est le seul texte de SF, sympathique mais pas inoubliable. Dans une terre post-apocalyptique, un groupe d’humains doit affronter des révélations étonnantes sur ses origines. L’occasion pour SHEPARD de se détendre avec une histoire qui repose essentiellement sur l’action et des personnages solides.


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Comme d’habitude, CHAMBON ne s’y est pas trompé en publiant ce recueil, tous les textes présents sont au mieux excellents, au pire très bons, SHEPARD y fait preuve d’un talent d’écriture assez exceptionnel et louvoie habilement entre littérature générale et fantastique.

Sans doute un bon départ pour ceux qui voudraient découvrir cet auteur en douceur.