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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Olivier
D’habitude, un écrivain s’entretient avec une personne qui connait son oeuvre, et qu’il connait à la rigueur, via leurs relations professionnelles : interviewé et intervieweur. Ici nous avons une chance énorme, car il s’agit d’un entretien avec une personne intime, qui connait donc parfaitement l’homme et l’auteur, pour avoir partagé sa vie avec lui. C’est donc un DICK naturel, joyeux, spontanné et décontracté qui se livre et donne des clés précieuses sur son oeuvre.
Les entretiens portent surtout sur l’actualité de DICK, en particulier l’adaptation en cours de "Blade runner" par Ridley SCOTT. DICK ne tarit pas d’éloges quant au film en tournage, malgré les divergences notoires entre le film et le roman, qui ont d’ailleurs plutôt l’air de le réjouir. Les entretiens consacrés à Blade runner sont donc instructif à la fois vis-à-vis du livre et du film, mais aussi par les critiques que DICK peut faire sur le cinéma de SF [critiques loin d’être infondées]. Le plus étonnant est sans doute l’enthousiasme quasi enfantin de l’auteur quand il raconte les effets spéciaux, la reconstitution d’une futuriste et crépusculaire ville de Los Angeles, le melting-pot racial et social que reflètent les figurants jouant la population de la cité... DICK avait hâte de voir le film et avait compris son impact commercial pour son oeuvre. Il décèdera trop tôt, hélas, pour le visionner.
Autre théme récurrent de ces entretiens : la fameuse "Trilogie divine" de DICK, et sa crise mystique de février-mars 1974. Ce qu’il en dit est absolument passionnant, car cela permet d’avoir un éclairage direct sur une oeuvre et un évènement complexes et surprenants à plus d’un titre. DICK évoque aussi le synopsis du roman qu’il allait commencer à rédiger à l’époque, "The owl in daylight", un roman qui s’annonçait particulièrement intéressant, construit autour de la rencontre avec des extra-terrestres aux sens distincst des nôtres... un roman qui ne verra jamais le jour.
Les entretiens sont aussi riches d’élucubrations parfois surprenantes, telles celles mathématico-musicales autour de PYTHAGORE et BEETHOVEN. DICK, mélomane averti, nous parle de musique classique ou de rock, évoque au passage la politique, mais se montre surtout fort enthousiaste quant au devenir des biotechnologies [les biopuces] et à l’avènement de la société de l’information.
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Discussion à bâtons rompus d’un homme qui ne savait pas encre que ses jours étaient comptés, ce livre a quelque chose d’incontournable pour tous les dickophiles. C’est également un précieux document pour qui veut se lancer à l’assaut de la "Trilogie divine", réputée difficile pour ses développements métaphysiques. Un livre a recommander pour qui veut en savoir plus sur l’écrivain, l’homme et sa mystique. |
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