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Publié le 01/02/2007

« Poisson-Chien » de Laurent RIVELAYGUE

ED. LA VOLTE, JANVIER 2007

Par Pegase

Poisson-chien est le premier roman d’un auteur de 36 ans. En dehors de l’écriture, RIVELAYGUE exerce diverses activités : graphiste, blogueur et plasticien.
Le livre est une sorte de polar complètement allumé qui risque de laisser quelques lecteurs abasourdis. Si vous adhérez à ce style d’humour, vous allez passer un très bon moment.


Au début on est un peu déconcerté, croyant assister à une succession de situations granguignolesques indépendantes les unes des autres. Mais peu à peu la toile du récit émerge. La première page est un bon indicateur de ce qui vous attend par la suite. Racontons brièvement le début. Mors Mortis, un tueur en série névrosé, est certain que son poisson rouge est un chien. D’ailleurs, il l’appelle Albert Fisch. Normal.

Là-dessus, le facteur débarque, entend son interlocuteur parler au poisson comme à un chien, et lui fait remarquer que, non, c’est bien un poisson rouge, pas un chien. Notre ami pète une durite et lui éclate la tronche à coups de pioche. Faut pas prendre les gens pour des cons.

On voit se dégager cinq ou six personnages clés, parmi lesquels Bokmunst, un directeur d études qui tient une cyberencyclopédie délirante destinée aux "oubliés de la culture" et aux "naufragés du savoir" dans laquelle il narre ses expériences à propos du chat de Schrodinger ou du paradoxe de Zénon d’Elée ; Avida Dineros, une galeriste nymphomane qui s’éprend d’un artiste qui vient de créer une Tour Eiffel en allumettes [ou bien serait-ce une bite ?] ; les jumeaux policiers Igor et Fedor Goronov un brin perturbés du bocal qui mènent l’enquête sur le tueur en série ; Roméo Frankstein, un garçon de six ans qui peint des corps écrasés sans doute un traumatisme de son enfance car son grand-père est mort écrabouillé par un éléphant ; et bien d’autres encore...

Voici un court extrait que je trouve hilarant :
« Maman, tu as vu le monsieur avec le chien mort ?
Je pense qu’il n’est pas mort ma chérie, il est juste tétraplégique,
je m’arrête je me retourne, votre petite a raison, madame, il est bien mort, mort et empaillé,
la petite ouvre de grands yeux émerveillés,
génial ! Maman, quand tu seras morte, moi aussi je te ferai empailler et je te mettrai des roues pour te promener partout.
la mère la regarde, effarée, lui colle une baffe... ».

Poisson-chien peut s’apparenter à une comédie policière mais il serait extrêmement réducteur de lui coller cette étiquette. C’est avant tout un trip démentiel, parfois un peu space. L’art est relativement présent dans le roman à travers certains personnages, on note la présence d’illustrations et de collages loufoques et étranges.

Le bémol est que l’auteur change à chaque nouveau chapitre [il y en a 109] de narrateur, et par moments, on se demande qui parle...
A signaler aussi une technique de dialogue déroutante mais on se familiarise assez vite. La dimension psychologique des personnages est fouillée et le moins qu’on puisse dire c’est que la normalité n’est pas de rigueur.


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J’ai énormément ri et je vous invite fortement à jeter un œil au Poisson-chien.

Un auteur à suivre de près.