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N’y allons pas par quatre chemins : Christopher Priest est tout simplement l’un des auteurs de SF favoris du Cafard cosmique. Parce qu’il exerce sur le fil d’une réalité toujours prête à s’effondrer, et parce que ses personnages existent avec le lecteur bien après le mot "Fin".
Commencée en terres de science-fiction, avec le célèbre Monde inverti l’œuvre de Priest a évolué vers des contrées nouvelles, entre Philip K. Dick et Haruki Murakami, qui en font aujourd’hui un des plus passionnants explorateurs de l’Imaginaire.
Destiné par ses études à la comptabilité [métier séduisant s’il en est], Priest a travaillé dans une entreprise d’expertise comptable, jusqu’à ce qu’il réalise un beau matin que cette profession l’ennuyait profondément !
Il décide alors, à 18 ans de devenir écrivain professionnel. Dix-huit mois plus tard, il publie ses premiers textes.
Priest publie plusieurs livres à partir de 1972, mais le succès n’arrive réellement qu’avec son troisième roman, Le Monde inverti, chef d’oeuvre de hard-science au ton étrangement distant qui sera célébré en France en particulier comme l’un des fleurons de la nouvelle SF britannique.
L’œuvre de Christopher Priest s’éloigne ensuite, peu à peu de la science-fiction, s’intéressant plutôt à des réalités floues et parallèles, que l’on pourra qualifier de fantastiques ou d’oniriques [faute de mieux...]
Inclassable, plus proche de la SF d’un Philip K. Dick [une de ses influences majeures] ou de J.G. Ballard que de celle d’Arthur C. Clarke, Christopher Priest est aujourd’hui l’un des auteurs les plus intéressants du genre, parce qu’il exerce à ses franges, avec une finesse d’esprit et de plume remarquables.
Christopher Priest a publié en 2002 outre-Manche un roman intitulé The Separation qui revisite, sur le mode de la spéculation, certaine heures sombres de la Seconde Guerre Mondiale. Ce roman a reçu le British Science Fiction Award 2002 et le Prix Arthur C. Clarke 2003.
Bien qu’il soit considéré par le milieu littéraire SF comme l’un des monuments de la SF britannique de qualité, à l’instar d’un Brian Aldiss ou d’un Michael Moorcock, Priest n’a jamais connu un succès foudroyant depuis Le monde inverti.
Grâce à l’adaptation cinématographique du Prestige, réalisée par Christopher Nolan, auteur du remarqué Memento, en 2007, un plus large public a découvert l’œuvre de Priest - mais il faut reconnaître qu’elle reste assez injustement méconnue. La France est l’un des rares pays à reconnaître son talent comme il le mérite.
Christopher Priest vit aujourd’hui à Hastings avec son épouse et ses jumeaux.

Les grands philosophes, dit-on, réécrivent toujours la même œuvre. Les romanciers, à leur façon, ne parviennent parfois pas à couper le cordon avec une œuvre, fut-elle terminée... A l’image d’un travail de deuil ininterrompu, le processus créatif ne cesse pas, aboutissant soit à des commentaires ou à des préfaces, bref à une intertextualité, soit, comme dans le cas du Glamour de Christopher Priest, à une refonte du roman.
Deux frères jumeaux dans le chaos de la Seconde Guerre Mondiale, une femme entre les deux, et la guerre qui change de sens... Une uchronie de haute volée.
Priest suit un cap d’une très grande originalité, pour une littérature étonnamment aboutie personnelle, radicale, exigeante, intime et presque somnambule...
L’écrivaine Alice Stockton habite un des villages du sud de l’Angleterre qui ont été contaminés par un accident nucléaire français ; le ministère de l’intérieur a saisi son dernier livre, et sa voisine, Eleanor, a été retrouvée assassinée...
Alors qu’elle se débat avec son éditeur et des problèmes de santé dus aux radiations, elle rencontre le fils d’Eleanor, Gordon Sinclair, un homme étrange dont elle devient en quelque sorte la proie..
Le roman le plus lynchien de Priest, pas le plus maîtrisé cependant.
A la fin du XIXème siècle, Alfred Broden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs renommés pour leurs numéros de téléportation, entrent dans une lutte fratricide qui met en péril leur carrière, leur vie, et même celle de leur descendance sur trois générations...
Des années plus tard, leurs arrière-petits-enfants affrontent avec terreur les sequelles de cette guerre sans merci aux origines mystérieuses.
S’il y avait encore un doute, il n’est cette fois plus permis : Christopher Priest est l’un des meilleurs auteurs contemporains de SF & Fantastique.
Publié aux éditions Lunes d’encre [sous une couverture parfaitement inadaptée et, pour tout dire, un peu ridicule], L’archipel du rêve est l’occasion idéale d’aborder Christopher Priest dans ce qu’il a de plus délicat, de plus douloureux et de plus difficile à cerner.
Si L’archipel du rêve est à mettre en rapport avec La fontaine pétrifiant [en Folio SF], ce recueil n’est pas non plus étranger aux autres romans parus également chez Lunes d’encre [Les extrêmes et l’extraordinaire Le prestige]. On y retrouve le perpétuel décalage des personnages par rapport à une existence souvent subie, une douleur existentielle bien difficile à exprimer et une étrangeté générale à la fois inquiétante et curieuse.
Teresa, jeune enquêtrice du FBI, a suivi la formation aux mondes ExEx, ces mondes virtuels violents et ultra-réalistes dans lesquels les agents apprennent à réagir à des situations de crises ayant réellement existé [tueur fou, prise d’otage, embuscade...]
Mais depuis qu’Andy, son mari, est mort dans une intervention, elle ne parvient plus à s’extraire de la virtualité et s’enfoncent de plus en plus loin dans ses souvenirs... ou est-elle en train de devenir folle ?
L’un des meilleurs moyen d’accéder à l’oeuvre singulière de Christopher PRIEST.
Rien ne va plus, entre chocs pétrolier et terrorisme sanglant, expansion de l’URSS à toute l’Europe du sud et j’en passe. Heureusement qu’il existe le Wessex...
Une roman mineur dans l’oeuvre de Priest.
« J’avais atteint l’âge de mille kilomètres » , c’est sans doute l’une des plus célèbres entames de livre de SF.
Helward Melmann a donc atteint l’âge de sa majorité et va enfin pouvoir intégrer les rangs d’une guilde. Comme la majeure partie de la population de la ville, il ne connaît rien du monde extérieur, n’ayant arpenté que les coursives de la ville.
Seul les membres de guilde sont autorisés à se rendre à l’extérieur et tous ont le même but, faire avancer la ville...
DOSSIERS :
> L'interview - Christopher Priest : Univers double, double identité [mai 2005]
Mr.C