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K.S. ROBINSON est un littéraire : diplômé en littérature, il a obtenu son Ph.D. [doctorat] en lettres anglaises en 1982, à l’Université de Californie, San Diego. Il n’est pas anodin que sa thèse ait porté sur l’un des auteurs les plus célèbres de la SF américaine : baptisée Les romans de Philip K. DICK, cette thèse a d’ailleurs été publiée en 1984 [1].
A cette époque, ROBINSON venait de se lancer dans sa première œuvre ambitieuse, the Three Californias Trilogy, trois romans qui font le portrait de trois Californies parallèles très différentes : The Wild Shore présente une Califormie d’après la bombe atomique qui tente difficilement de se relever. The Gold Coast montre à l’opposé une Californie surtechnologique, victime de sa foi aveugle dans le progrès scientifique. Enfin Pacific Edge dépeint une Californie utopique qui cherche le meilleur équilibre entre technologies et valeurs humaines.
Déjà les thèmes de KSR transparaissent : le souci de la Nature et de l’Homme, la recherche d’une Utopie qui prennent en compte à la fois le bien-être social et le développement durable.
The Three Californias Trilogy n’a pas été intégralement publiée en français. Du coup, l’œuvre la plus célèbre de KSR est son autre trilogie, la célèbre Trilogie Martienne, qui ambitionne rien moins que de raconter l’histoire de ce que pourrait être la terraformation de la planète rouge. Le succès de la trilogie est dû à la qualité de ses bases scientifiques, qui la rendent très crédible, et aux qualités d’écriture de K.S. ROBINSON, auteur qui sait ne pas perdre de vue ses personnages et nous les rendre proches.
Tout commence par l’installation de la première colonie scientifique martienne en 2027 dans Mars la rouge, sa lente transformation, pendant Mars la verte qui en fait, deux cent ans plus tard, avec Mars la bleue, une planète sœur de la Terre.
KSR réussit là un sacré tour de force, imaginant de nombreux protagonistes dont les points de vue, parfois opposés, sont tous défendables, et traitant des difficultés scientifiques, politiques et sociologiques dans tous leurs détails.
Réellement passionné par le sujet, K.S. ROBINSON, qui est membre de la Mars Society [2] a également publié en 1999 un recueil intitulé Les Martiens, constitué de nouvelles situées dans le même univers, et mettant en scène certains des personnages de la trilogie [3].
La thématique écologique, très présente dans la Trilogie martienne, sera l’inspiration d’autres romans de KSR, en particulier les Chroniques des années noires, et une nouvelle trilogie consacrée aux conséquences catastrophiques du réchauffement planétaire, entamée avecLes quarante signes de la pluie et qui se poursuit avec Fifty degrees below [à paraître en novembre 2007 aux Presses de la Cité], et Sixty days and Counting.
Le souci écologique de KSR se prolonge dans une réflexion économique qui remet en cause le bien fondé du système capitaliste : plusieurs de ses romans imaginent des alternatives au libéralisme, basées sur des réseaux de coopératives ou une certaine exigence de moralité et de justice sociale.
Amoureux de la Nature, KSR est un grand amateur de marche en montagne et d’alpinisme. Il partage parfois cette passion avec ses lecteurs, semant dans certains de ses romans des scènes d’escalade... C’est le cas notamment dans Mars la verte, une des nouvelles du recueil Les Martiens, qui raconte une expédition d’alpinistes sur les flancs du volcan Olympus Mons.
Marié, père de deux fils, K.S. ROBINSON vit actuellement en Californie.
[1] Cette thèse a été traduite en français chez les Moutons Electriques en juin 2005 - Lire ici la critique
[2] La Mars Society est un club qui s’est donné pour but d’encourager tous les projets visant à mieux connaître et exploiter la planète Mars
[3] A noter que James CAMERON, le réalisateur de Titanic, a acheté les droits de la trilogie martienne pour l’adapter sous la forme d’une série télévisée.

A peine un an après la sortie de « Les quarante signes de la pluie », les Presses de la cité publient le second volet de la trilogie de Kim Stanley ROBINSON consacrée à la problématique du réchauffement climatique.
Le premier volume, essentiellement destiné à l’exposition de la situation, nous avait quelque peu laissé sur notre faim, avec en bouche comme un goût d’inachevé. Pourtant l’oeuvre ne manquait pas de qualités et il suffirait de pas grand chose pour concrétiser les attentes que nous avons placées sur ce second volume. C’est que depuis peu, un certain « AquaTM » de Jean-Marc LIGNY a placé la barre très très haut en matière d’anticipation écologique et le sieur KSR est attendu au coin du bois. D’ailleurs peut-on encore parler d’anticipation alors que le dernier rapport du GIEC [Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat] vient à nouveau d’enfoncer le clou en la matière et dresse une mise en garde plus qu’inquiétante. [1]
S’il fallait citer trois auteurs emblématiques de la science-fiction des années 90, Kim Stanley ROBINSON [KSR pour les intimes] figurerait indiscutablement aux côtés de Iain M. BANKS et de Dan SIMMONS.
Avec sa trilogie martienne, KSR déroulait une oeuvre maîtresse dont l’ambition et l’ampleur n’avaient d’égal que la maîtrise de la narration et la qualité de la plume. Après trois volumes de presque mille pages chacun, on aurait cru que l’auteur californien avait tout dit de Mars et de sa terraformation ; erreur, voici qu’avec ce recueil intitulé sobrement « Les Martiens », il nous livre une nouvelle facette de l’aventure martienne, une vision aux allures de puzzle géant dont les pièces viennent s’imbriquer délicatement, mais qui conserve une taille résolument humaine.
Alors que le monde ne cesse de tergiverser dans l’espoir de fixer enfin une date de décès pour la planète, que chaque jour des milliers d’espèces, parfois encore inconnues des scientifiques, disparaissent au rythme de la déforestation et de l’urbanisation galopante, la conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique [conférence tenue à Nairobi] vient de s’achever sur un nouveau statu quo.
Pendant que « pays riches » et « pays pas tout à fait riches mais ça ne saurait tarder » se renvoient la balle et refusent d’assumer leurs responsabilités, les habitants de certaines îles du Pacifique, des Caraïbes ou de l’Océan indien, commencent sérieusement à s’interroger quant à la pérennité de leur mode de vie sur des terres qui émergent d’à peine quelques mètres au-dessus des eaux et qui - de plus en plus régulièrement - sont submergées par la fureur de l’océan. Je disais donc, pendant que le monde s’en fout et que les Inuit s’équipent de climatiseurs, Michael CRICHTON [soutenu par ses potes du Carbon Club] nous pond de mauvais romans censés démontrer par A+B que de réchauffement climatique il n’y a point.
C’est à peu de choses près sur cette toile de fond que débute le dernier roman de Kim Stanley ROBINSON, un premier volume qui annonce une future trilogie que l’on espère à la hauteur des enjeux précités.
En préambule, une question obsédante se pose. Pourquoi cette étrange traduction du titre original du nouveau roman de Kim Stanley ROBINSON ? Pourquoi ces Chroniques des années noires au lieu d’un titre approchant celui voulu par l’auteur ? Face à ce mystère, le lecteur ne peut faire que des suppositions, la pire étant le parti pris idéologique qu’une Histoire où la civilisation judéo-chrétienne n’existe pas, ne peut qu’être "Noire" !
Publiée en 1984, Les menhirs de glace est l’une des toutes premières œuvres du futur auteur de la très primée "trilogie martienne". On y décèle déjà son intérêt pour la planète rouge, avec cette histoire de mystification de la mémoire somme toute intéressante, à défaut d’être fondamentale.
Mr.C