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Publié le 01/11/2004

Rivage des Intouchables de Francis Berthelot

REED. FOLIO SF, FEV. 2001

Par Olivier

Sur Erda-Rann, planête conquise dans un futur lointain par une Humanité, qui a muté pour s’adapter. Cette planète se divise en deux paysages :
- La Loumka, mer fluide et visqueuse à la fois, qui semble douée d’une conscience propre. Les humains qui l’habite, les Yrvènes ont une peau est caoutchouteuse et parsemée de pigments multicolores qui sont sublimés par l’art des tatouages. Ils ne se nourrissent que d’aliments liquides et se fient à leurs intuitions.
- Un désert chaud et aride, habité par les Gurdes, êtres logiques et froids, couverts d’écailles et imprégnés de leurs certitudes, qui ne se nourrissent que d’aliments solides.

Un beau roman, à la narration un peu particulière, qui est une belle métaphore montrant à quel point l’humanité peut être conne.


« Il n’y a que deux choses qui soient infinies : l’Univers et la connerie humaine. Quoi que je ne sois sûr de moi que dans le second cas. » « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé. » Ces deux citations d’Einstein résument assez bien le livre.

Connerie humaine aidant, la différenciation entre les Yvrènes et les Gurdes est vite devenue un antagonisme, rendant inévitable une guerre pendant laquelle de nombreuses atrocités furent commises. La paix est venue au prix d’une loi très dure, la Loi d’Instinct, qui proscrit tout contact physique entre les deux peuples, et le zèle avec lequel elle est appliquée n’a rien à envier à sa profonde connerie.

Heureusement, Berthelot n’est pas un pessimiste, et il laisse donc une place à l’espoir. Dans les deux camps, on trouve des gens qui rejettent cette loi, au moins en pensée, comme le père du héros, un jeune Gurde nommé Arthur, qui travaille, ô horreur, sur l’eau !
Arthur, alors jeune enfant, va devenir l’ami d’un Yrvène, Cassian, avec qui il aura des contacts physiques, sous le regard horrifié de sa mère.

Au fil de l’histoire, les deux personnages vont devenir les porte-paroles des transvers, cette jeune génération qui rejette la loi de séparation et qui vivent ensemble et en harmonie. Bientôt, une terrible épidémie (qui n’est pas sans rappeler le sida) va ravager le monde des transvers. Les souffrances et la maladie pourront-elles malgré tout aider à vaincre les préjugés et donc la connerie humaine ?


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Au final, un très beau roman, sur la différence et la maladie [il a été écrit dans les années 80, en pleine épidémie du sida].

Ce livre est à recommander à tous les amateurs de Sturgeon, qui aiment les plumes qui savent être être sensibles sans être larmoyantes, et à tous ceux qui pensent que la connerie humaine n’est pas une fatalité.