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Suite très attendue du célèbre Spin, Axis débarque ces jours-ci dans nos libraires. L’occasion de faire le point avec Robert Charles Wilson, désormais incontournable en France.


Commençons par la fin. Axis pose beaucoup de questions et apporte peu de réponses. C’est une façon de préparer les lecteurs à Vortex ?

Vortex paraîtra à la fin de l’année 2009, même si je n’ai pas encore de date officielle. Ce troisième roman répond effectivement aux questions soulevées dans Axis (toutes, j’espère !).

Vos romans n’ont pas de « fin » au sens usuel du terme. Votre « fin » est toujours ouverte. Vous prévenez vos lecteurs que l’histoire ne s’arrête jamais ?

C’est une question d’équilibre. Je n’aime pas beaucoup les livres qui proposent une fin définitive et bien emballée. Pour moi, ils ferment la porte à l’imagination, justement. L’histoire se termine, d’accord, mais la vie continue. Cela dit, je concède bien volontiers qu’Axis est encore plus ouvert que mes précédents romans (plusieurs lecteurs s’en sont d’ailleurs plaints). Spin ferait un one shot tout à fait acceptable, mais Axis a réellement besoin de Vortex pour s’achever correctement.

Dans Axis, vous reprenez l’idée d’une conscience globale déjà développée dans le Vaisseau des Voyageurs. Ces deux romans vous paraissent-ils liés ?

Oui, au sens où je remâche souvent les mêmes idées. Pas seulement l’idée d’une conscience globale, mais la façon dont elle se répartit dans l’univers à travers le temps et l’espace. Et ce qu’elle implique, de notre point de vue.

Axis nous semble plus mature, presque plus triste que vos textes précédents (vous n’apprécierez sans doute pas ce qualificatif). Vous vous concentrez intégralement sur vos personnages et sur leurs échecs. Au final, on a l’impression que vous vous êtes débarrassé de la quincaillerie SF dans Spin. On vous sent plus libre, du coup.

Je voulais que chacun des trois livres — Spin, Axis, Vortex — possède sa propre saveur. Dans Spin, l’échelle temporelle s’étire énormément, ce qui n’est pas le cas dans Axis, où les événements se déroulent sur quelques semaines. Vortex repart sur une perspective temporelle assez vaste, mais d’une façon que j’espère inattendue. Je considère ces trois romans comme une sorte de séquence, un triptyque. Pas une trilogie au sens habituel du terme, une seule histoire racontée en trois volumes.

Parlez nous de Julian Comstock. Les lecteurs français vous connaissent désormais comme un auteur de pure SF. Julian change la donne.

Julian Comstock représente un nouveau départ pour moi. Le ton est très différent et le contexte n’a rien à voir avec mes productions habituelles. Dans une autre interview, j’ai décrit mon approche comme une sorte de simili-vérité. Je veux dire par là que les détails de ce 22e siècle sont loin de proposer une extrapolation réaliste. L’extrapolation linéaire reste un exercice vain, à mon sens. Mais ma vision de cet avenir-là possède tout de même un certain degré de réalisme social et politique. En tant qu’écrivain, j’ai beaucoup apprécié ce sentiment de liberté, le fait de ne pas me sentir contraint par le cadre de la SF réaliste. Si les lecteurs taxent Julian Comstock de fable ou de fantasy historique, ça me va. Mais ça reste de la science-fiction au sens premier. J’y traite de l’inévitabilité et de l’imprévisibilité des changements à travers le temps.

Ce roman est d’abord une novella. Vous l’avez augmentée, en quelque sorte. Comment revient-on sur un travail terminé ?

Quand j’ai écrit la novella Julian : A Christmas Story, j’avais déjà le roman en tête. La novella a servi de test, en quelque sorte. Le texte est très différent de ce que je fais habituellement, et j’avais envie de voir comment mon histoire serait accueillie. Ce fut un succès (j’ai été nominé au Prix Hugo). Du coup, j’ai pu faire avaler à mon éditeur l’idée d’un roman entier entre les parutions d’Axis et de Vortex. La novella englobe la première partie du roman. Pour moi, la fin fonctionnait suffisamment bien pour s’arrêter là. Plusieurs critiques y ont vu un embryon d’histoire, un « chapitre un ». Il y a évidemment du vrai là-dedans.

Que pensez-vous d’un auteur comme Iain Banks qui alterne SF et mainstream avec le même succès ?

C’est un talent enviable. Et c’est aussi quelque chose de très rare en édition, où le marché exige des auteurs prévisibles, carrés et fiables.

Revenons à Vortex. Que pouvez-vous nous en dire ?

Sans trop dévoiler l’intrigue, Vortex traite de l’interaction finale entre l’humanité et les Hypothétiques. J’y glisse aussi le thème récurrent de la mutabilité humaine. À la fois sur le court terme (une existence) et sur le long terme (l’espèce). Deux personnages d’Axis réapparaissent. Turk Findley se retrouve dans des endroits inattendus.

Spin a rencontré un succès considérable en France. Beaucoup de lecteurs attendent Axis avec impatience. Qu’avez-vous à leur dire ?

Ce que j’ai dit plus haut. Ce n’est pas un autre Spin. C’est un livre différent, susceptible de plaire à un lectorat différent.

De toute façon, vous leur direz de vive voix aux Utopiales de Nantes, en novembre prochain, n’est-ce pas ?

Absolument. Et j’attends ça avec impatience.


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