Polar et SF ont tant en commun ! Considérés longtemps comme des sous-littératures, voire des littératures de gare, ces deux mauvais genres gagnent peu à peu leurs lettres de noblesse. Lire du polar n’est plus une honte depuis que de grands auteurs ont pliés les ressorts du genre à une certaine exigence littéraire et à davantage de profondeur psychologique. Quant à la SF , elle n’est pas encore aussi chic, mais le mépris n’est plus permis depuis que des auteurs comme Philip K. DICK ont obtenu une certaine reconnaissance critique, en partie grâce au succès des adaptations cinéma, en partie grâce à la pertinence de leur questionnement dans le siècle embouteillé de problèmes éthiques [écologie, mondialisation, biotechnologie...] qui est le nôtre. Les deux genres jumeaux, nés simultanément dans les Pulps américains des années 1900 et quelques, avaient toutes les chances de se retrouver... des retrouvailles protéiformes puisqu’elles vont de l’échange de bons procédés... à la fusion totale.


LES PIONNIERS DU POLAR SF

On peut faire remonter jusqu’à Edgar A. POE l’idée que Science-Fiction et Littérature policière sont des genres cousins. Car justement, POE a posé les bases des deux genres.

Tout le monde s’accorde à reconnaître à POE la paternité du polar. Avec des textes comme « Double assassinat dans le rue morgue », où un meurtre en apparence aussi incompréhensible qu’irréalisable est résolu par le seul raisonnement d’un personnage, il définissait le principe du récit d’enquête : le meurtre est une énigme à résoudre et le coeur de l’intrigue. Arthur Conan DOYLE en créant Sherlock Holmes ne fit que qu’épurer le trait. Par ailleurs, Edgar A. POE, s’il n’a pas écrit de SF à proprement parler, en est une influence majeure. Certains de ses textes dépeignent des horizons fantastiques et dans le même temps scientifiquement maîtrisés, qui balisent la SF à naître dans les années suivantes. Citons en particulier "Les Aventures d’Arthur Gordon Pym" qui inspireront Jules VERNE ["Le sphinx des glaces"] et Howard P. LOVECRAFT ["Les montagnes hallucinées"]. Bref le grand Edgar a commencé à explorer ces deux sentiers souvent voisins que sont le polar et la SF.


Dès l’âge d’or, des auteurs de SF ont commencé à emprunter les ressorts du polar pour articuler leurs histoires. Ils sont mêmes deux à se disputer le titre de pionniers : Alfred BESTER et Isaac ASIMOV. Tous les deux vont chercher à renouveler le vieux principe du meurtre impossible en situant l’enquête dans des univers futurs.

Dans "L’homme démoli", couronné par le tout premier prix Hugo, lors de la Worldcon de 1953, Alfred BESTER imagine un XXIIIème siècle où de nombreux individus sont dotés de pouvoirs exceptionnels. Du coup, la police emploie des télépathes et il est devenu pratiquement impossible de commettre le moindre meurtre. Pourtant l’homme d’affaire Ben Reich va assassiner son adversaire sans être démasqué par les télépathes de la police... du moins pendant un temps. Dans cette première tentative de mélanger science-fiction et roman policier, BESTER s’intéresse moins à l’enquête elle-même qu’à ses personnages et aux sentiments qui les tourmentent, travaillant au plus près leur profil psychologique.

A peu près à la même époque, Isaac ASIMOV devient aussi un pionnier du polar-SF avec "Les cavernes d’acier", de gigantesques villes sous coupole. ce qui rend ici le meurtre impossible c’est le réseau de communication ultra-perfectionné qui a fait de chaque humain un ermite sans aucun contact avec ses congénères... Là où ASIMOV va plus loin, c’est qu’il met en scène la première équipe de policiers "mixte" entre un humain, Elijah Baley, et un robot, R. Daneel Olivaw. Le principe classique de la paire d’enquêteurs mal assortie se voit ré-inventé à travers le conflit homme-machine. Pour l’anecdote, de nombreux auteurs ont fait ou font aujourd’hui, le passage d’un genre à l’autre : citons Fredric BROWN, ancien détective privé, qui se tailla une solide réputation dans le polar avant de se lancer [pour notre plus grand bonheur] dans la SF, mais aussi plus proche de nous Dan SIMMONS, Michael M. SMITH ou Serge BRUSSOLO. Comme quoi le pas à franchir pour le polar-sf était petit.


LES POLARS D’ANTICIPATION SOCIALE

Spécialité française, le polar d’anticipation sociale est un "vrai" polar, inscrit dans un décor de Science-Fiction. L’intrigue centrale est l’élucidation d’un crime, et la SF sert d’ambiance ou d’environnement. La recette est très simple : pour obtenir un bon polar d’anticipation sociale, vous mélangez environ 70% d’un polar correct et 30% de Science Fiction. Vous secouez le tout sur au moins 250 pages [minimum] et vous servez bien frais avec un peu de coulis de fraise pour relever un peu la couleur.

Vous pouvez obtenir ainsi des œuvres telles que le cycle des « Futurs mystères de Paris » de Roland C. WAGNER : le héros « Temple de l’Aube radieuse » [Tem pour les intimes] est un détective privé un peu spécial, doué du pouvoir de transparence, ce qui lui procure une invisibilité à la fois pratique et... pesante. Tem exerce son métier dans un futur proche dominé par les sectes, résout les enquêtes les plus diverses, aidé en cela par une IA capricieuse et féministe, Gloria, un parrain gourou de secte, et un junkie immunisé à son talent. En grand fan de polar français, Roland WAGNER fait un clin d’œil au créateur de « Nestor Burma », Léon MALLET, dont son détective s’inspire grandement quand il doit prendre des décisions. Roland C. WAGNER se repose sur de vieux clichés du polar parsemé d’ingrédients SF. Par exemple, dans "La Balle du néant", il revisite le vieux thème du meurtre commis dans une pièce hermétiquement fermée, sur une victime ne pouvant techniquement pas être assassinée.


Si vous restez à notre époque, que vous aimez les anti-héros, les ordinateurs intelligents et polars noirs à la française alors vous serez comblés par « Les racines du mal » de Maurice G DANTEC, publié d’ailleurs, dans la Série Noire, une collection consacrée aux polars.

Maurice G. DANTEC a frappé fort en découpant son roman en deux, la première partie étant consacrée à la vie quotidienne glauquissime du psychopathe Andréas Schaltzmann, et la deuxième constituant le corps du polar, c’est à dire l’enquête du professeur Arthur Darquandier. Darquandier nous entraîne à la poursuite d’une « secte » interdite, cachée sur Internet que le héros traque avec l’aide de son fidèle « destrier », en l’occurence une « neuromatrice », sorte d’ordinateur révolutionnaire contenant une IA plus que capricieuse.

Toujours en territoire français, parlons un peu du "Travail du furet à l’intérieur du poulailler" de Jean-Pierre ANDREVON : Dans le monde qu’il a imaginé, la santé de la population ne cesse de s’améliorer. Du coup, le problème, c’est de maintenir les grands équilibres. Pour y parvenir, il faut supprimer 400 000 citoyens par an dans l’Hexagone ! Ils sont choisis avec art et méthode par le Grand Ordi, qui chaque matin procède à un tirage au sort morbide. "Le travail du Furet" consiste à liquider, pas forcément en douceur, tous ceux dont la vie doit prendre fin au bénéfice de la communauté. Un boulot comme un autre, en somme. Jusqu’au jour où un certain Furet, grand amateur de films noirs du XXe siècle, découvre sur sa liste le nom de Jos, l’amour de sa vie... Récemment adapté en bande dessinée, ce roman est un classique qui, même s’il a pris un coup de vieux, reste très actuel dans son postulat principal. Si l’on considère le nombre de pays dans le monde qui ont un problème de surpopulation, et qui n’hésite pas à pratiquer des réductions de vie à tout va. Il est cependant dommage qu’un roman aussi intéressant dans sa prise de position ait une intrigue qui s’essouffle si rapidement dès les premiers chapitres consommés.

Si vous voulez rester purement dans le polar d’anticipation, il vous faudra tôt ou tard essayer un roman explosif comme "Balles de charité" de Gérard DELTEIL, qui anticipe la logique de ghetto social à laquelle nous sommes confrontés et la démultiplie pour notre bonheur de lecture ou notre horreur de pensée. Du même auteur, on pourra aussi lire "2011", qui imagine les destins croisés de divers personnages dans un Paris en pleine crue, du jeune secouriste à la secte d’allumés [agréable, mais sans plus].

Enfin on peut citer le roman de Harry HARRISON, "Soleil vert", en V.O. "Make room ! make room !". Ce roman nous dépeint notre propre monde, en 2022, toutes les ressources naturelles ayant été épuisées. Seul le soleil vert, sorte de pastille nutritive, parvient à nourrir une population surabondante et miséreuse. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine. L’enquête policière forme la trame d’un récit qui mène au final à une réflexion sur la surpopulation qui guette la planète. Cette vision de l’avenir reste également très proche de notre réalité, à l’heure où l’humanité commence à s’interroger sur les problèmes d’épuisement des nappes pétrolières ou aquafères. Le fabuleux film éponyme qu’en tira le réalisateur Richard FLEISHER a marqué bon nombre d’amateur de SF.

On sent déjà avec ce dernier exemple que lorsque décorum apporté par la SF influence la trame du récit, le mélange polar-sf tourne à une fusion de plus en plus complexe...


LES HYBRIDES POLAR + SF + HISTOIRE

Dosage aléatoire de sf et de polar et d’uchronie ou de fantasy historique, ces hybrides nous ont semblés mériter un traitement à part. en voici deux exemplaires particulièrement inétressants.

Le premier cas que l’on pourrait mettre en avant est celui de Valerio EVANGELISTI, un auteur contemporain italien qui décrit les enquêtes d’un inquisiteur aux imbrications pluriséculaires. Les investigations de cet anti-héros possèdent des relations très étroites avec certains événements se produisant dans le futur. C’est ainsi que Nicolas Eymerich, un impitoyable défenseur de la foi chrétienne, qui a gravé son nom au fer rouge dans l’histoire de notre temps en écrivant le célèbre « Manuel de l’inquisiteur » au XIVe siècle, qui demeura le grand inquisiteur du royaume d’Aragon durant plus de cinquante ans, se retrouvera plongé [dans le premier tome] dans des intrigues entrecroisées où le futur explique le passé, où les mystères franchissent les siècles et trouvent leur résolution grâce à un habile jeu de miroirs temporels. Basées sur un rigoureux fond historique. Les enquêtes de Nicolas Eymerich nous présentent un détective de l’étrange, à mi-chemin entre Sherlock Holmes et Guillaume de Baskerville dans « Le nom de la rose », capable de déjouer les complots les plus machiavéliques et de terrasser toutes les hérésies.

Dans "L’aube écarlate", un cocktail de fusion de genre encore plus audacieux, Lucius SHEPARD ose une enquête policière gothique dans les Carpathes où, lors d’un rassemblement de la grande famille des vampires, un meurtre est commis dans l’enceinte d’un château fantastique. Détective, témoins et meurtrier sont des vampires, ce qui change pas mal la donne du point de vue de l’enquête... pas sûr que l’expertise ADN fonctionne dans ce cadre là !

Citons en deuxième exemple, l’excellent « Fatherland » de Robert HARRIS, qui nous montre par le biais d’une enquête criminelle classique, la triste réalité d’une Europe sous le règne des nazis. L’histoire se passe à Berlin, en 1964. « Les forces de l’Axe ont gagné la guerre en 1944 et la paix nazie règne sur l’Europe. Seule, l’Amérique a refusé jusqu’ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre. Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d’anciens S.S. de haut rang jouissant d’une paisible retraite. Chargé de l’affaire, l’inspecteur March s’interroge. S’agit-il d’un règlement de comptes entre dignitaires ? Mais, s’il s’agit d’affaires criminelles pourquoi la Gestapo s’intéresse-t-elle à l’enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui tue tout ceux qui la détiennent et semble menacer les fondations même du régime ? Le mystère s’épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de la liberté ». Ce récit policier uchronique a été interdit pendant un temps en Allemagne. Il est vrai qu’il pousse très loin la reconstruction historique sur un sujet sensible outre-Rhin. Grande réussite et best seller, "Fatherland" a même fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1994.


LES POLARS-SF

Le polar tourne autour de thèmes qui sont propres à la Science-Fiction, et qui sont le plus souvent la clé de l’enquête policière. La démarche du personnage principal est propre au polar, d’ailleurs il est souvent policier, détective privé ou journaliste. Mais les questions qui se posent à lui n’auraient pu apparaître en dehors d’un univers d’anticipation scientifique. Le polar-sf est né, greffe totalement réussie d’un des deux genres sur l’autre... [mais lequel ?]

Etoile polaire de la fusion polar-sf, "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? " de Philip K. DICK, rendu célèbre par le fabuleux film "Blade Runner" de Ridley SCOTT. Un Blade Runner, c’est un tueur chargé d’exterminer les androïdes rebelles qui s’infiltrent sur Terre. Et Rick est le meilleur Blade Runner de la côte Ouest. Ce qui ne l’empêche pas d’être un tendre : il rêve de remplacer un jour son simulacre [électrique] de mouton par un vrai ! Hors de prix sur une planète où s’éteint la vie animale ! Aussi quand on lui propose une somme fabuleuse pour éliminer de dangereux Nexus 6 signalés en Californie, il fonce... Mais, face à lui, surgit la très belle Rachel. Femme ou androïde ? L’aime-t-il ? Peut-il l’aimer ? L’humanité est elle envisageable pour un androïde ? DICK dépeint toujours des sociétés fascinantes, palpables. Il dénonce des problèmes et des interrogations qui sont propres à notre société de consommation, parfois avec beaucoup d’avance sur son temps.

Dans "Minority report", autre polar-sf, récemment adapté au cinéma par Steven SPIELBERG, Philip K. DICK dépeint une société dotée d’une police capable d’anticiper le crimes en arrêtant leurs auteurs avant qu’ils ne commettent, grâce à des personnes douées de précognition.[lire aussi "Substance Mort", qui voit l’infiltration d’un réseau de dealers par un flic forcé de consommer lui aussi des drogues plus qu’hallucinogènes.]


Kevin W. JETER, en fidèle disciple de DICK, fusionne lui aussi roman noir et anticipation, et reprend à son compte la thématique de la frontière ténue séparant réalité et virtualité. Dans ses romans, il incorpore à ce canevas ses propres réflexions, sa fascination pour les univers rétro-futuristes et une vision résolument sombre des lendemains qui nous attendent, pour en faire une oeuvre complexe, dérangeante et novatrice. "Noir" est représentatif de son oeuvre : dans un futur proche, Los Angeles est devenue une métropole rutilante et attractive, enclave privilégiée au sein d’un monde qui s’enfonce petit à petit dans un inéluctable marasme économique et social. Mais derrière cette façade dorée se dissimule un univers labyrinthique souterrain, où les nantis se pressent en quête de plaisirs interdits. McNihil, ex-flic désabusé reconverti en privé, s’est fait chirurgicalement altérer la vision pour appréhender son environnement en noir et blanc, comme dans un vieux film d’Humphrey Bogart. Il s’est spécialisé dans les enquêtes sur les contrefaçons et travaille pour l’une des rares mais puissantes corporations qui semblent tout contrôler dans ce monde sombre et interlope. Appelé à élucider le meurtre d’un jeune cadre, il va rapidement se lancer sur la piste d’un simulateur on line ouvrant sur un maëlstrom d’expériences érotiques parmi les plus taboues...


L’arrivée du genre cyberpunk, offre de nouvelles possibilités. Par exemple Richard MORGAN qui, pour son premier roman [un cyber-polar], s’inspire de la tendance cyberpunk s’exprimant au travers des mangas japonais [tels que « cybercity » ou « ghost in the shell »] et des romans de William GIBSON, ou Walter J. WILLIAMS [cf. le DOSSIER CYBERPUNK]. Dans "Carbone modifié", il s’approprie le principe du meurtre-énigmatique. Car dans ce monde, la mort n’est plus un problème : la conscience est stockée dans une pile corticale implanté en chacun dès sa naissance, et s’il nous arrive un pépin... il suffit de trouver un nouveau corps, et ça repart ! Seule limite : il faut en avoir les moyens... Dans ce paysage, Takeshi Kovacs, un mercenaire interstellaire, se retrouve sur Terre, chargé d’enquêter sur le suicide d’un milliardaire. Mais pourquoi se suicider quand on sait qu’on revivra le lendemain ? Un roman haletant, rudement efficace, superbement maîtrisé.


Pour la France, citons DOA, qui avec les "Fous d’avril" nous raconte l’histoire de Markus Freys, un flic recruté par Europol, dont les origines russes un peu troubles s’ajoutent à des talents particuliers. Des évènements étranges frappent la communauté des « passeurs » [des techniciens du Net]. Joshua, le jeune frère de Markus, est lui aussi un passeur, un petit génie de la réalité virtuelle, et va mettre en garde Markus sur d’étranges affaires de cyber-criminalité. L’enquête ne fait que commencer et Markus voit peu à peu ceux qui l’entourent mis en grand danger. Y a-t-il un tueur sur le Réseau ?

Qui est-il ? Comment l’arrêter et échapper à la conspiration politique de plus en plus puissante qui a pris le contrôle de cette enquête terrifiante ? Et pourquoi ce mystérieux criminel semble-t-il si bien connaître Markus et son frère ? DOA explore le domaine des projets de recherche doté d’une éthique douteuse, a l’heure où l’on s’interroge sur les Intelligences artificielles et le clonage. Reprenant un peu le thème d’Akira d’Otomo, les « fous d’avril » est un premier roman intéressant malgré son style et sa narration parfois un peu lourds [un auteur à suivre].


La physique quantique possède aussi son polar SF et ceci grâce à Greg EGAN, qui avec "Isolation" nous imagine un monde rempli de nanotechnologie à en crever, où les moustiques génétiquement modifiés font de l’espionnage industriel, et où la théorie des quantas permet de choisir l’avenir entre tous les avenirs possibles, y compris les moins probables... L’intrigue est la plus mathématique que l’on ait lu depuis longtemps, la réflexion prend une forme d’algorithme névrosé autour de la réalité, très proche d’ailleurs en cela de l’univers de Philip K. DICK. Le roman est assez difficile à appréhender et l’on peut se perdre assez facilement dans sa lecture.


Autre auteur produisant un mélange hétéroclite, Michaël Marshall SMITH est apparu sur la scène SF d’une façon aussi rapide qu’inattendue. Ses livres ne suivent pourtant pas un schéma classique et plonge des intrigues policières dans des univers à la sauce cyberpunk, le tout agrémenté de scènes de pure terreur !

Le constat est sans appel : ses livres sont appréciés par la critique, le public et même par le monde du cinéma. « Frères de chair », son deuxième roman, illustre bien la contribution de la SF, de l’horreur, du fantastique et du polar à son histoire. Il raconte l’histoire de Jack RANDALL, qui a fuit avec six « alters », des clônes destinés à servir de pièces de rechange humaine et se retrouve avec à ses trousses toute la mafia de New-Richmond, cité volante clouée au sol et encerclée de taudis.Le moins que l’on puisse dire c’est que les deux genres se marient merveilleusement. Les éléments spéculatifs de la science-fiction apportent des perspectives intéressantes au polar qui reste au final de structure fort classique.


CONCLUSION :

En se penchant ainsi sur le mixage des genres, on en vient à chercher à les redéfinir pour mieux les discerner. Qu’est-ce qui fait un polar ? La présence d’un flic ? Le principe d’une enquête, ou d’un meurtre ? Et qu’est-ce qui fait la SF ? [la question à cent balles !!!] Et du coup, comment faire quand l’auteur prend un malin plaisir à faire en sorte qu’une I.A. n’y retrouve pas ses petits nanobots ? Finallement, à travers cette liste d’exemples de tous les dosages possibles entre SF et Polar, nous espérons simplement vous avoir donné envie de lire, sans a priori, de nouveaux auteurs qui ont l’audace de dépasser les étiquettes pour laisser courir leur [notre] imagination.


paul muad’dib