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Romancier, essayiste, journaliste, pamphlétaire, anthologiste, et auteur de nouvelles prolifique, Jacques STERNBERG a bâti une œuvre dense, ironique et sombre sans vraiment percer auprès du grand public.
Son humour incisif et sa soif de liberté ont pourtant durablement marqué le fantastique et la science-fiction, à travers des textes souvent courts et d’une noirceur corrosive.


« Il me semble que si nous avions de temps en temps quelques instants pour nous arrêter, regarder les choses, les juger, nous ne pourrions que demander grâce, reculer, effarés, pendre la fuite. »


L’enfance de Jacques STERNBERG, passée à Anvers, est aisée et sans souci. Son père est diamantaire et Jacques et sa sœur ne manquent jamais de rien. Le futur auteur est un cancre, toutes disciplines confondues, y compris en français. Il n’adore pas étudier. Il préfère jouer au tennis et regarder des films de Charlie Chaplin.

Les soucis commencent avec l’éclatement de la Seconde guerre mondiale. Les STERNBERG se réfugient à Cannes, mais la guerre les rattrape et en 1942, ils fuient vers l’Espagne. Là, c’est la guerre civile qui leur vaut l’emprisonnement, et les renvoie vers la France. La famille se voit retenue dans le sinistre camp de prisonniers de Gurs pendant huit mois.
C’est sans doute une erreur administrative qui lui permet d’éviter le sort dévolu aux Juifs. Son père, lui, est déporté à Majdanek, en Pologne, et il n’en reviendra pas.
Jacques parvient à s’échapper du camp en 1943, et il rejoint le maquis, dans le Cantal.

Après la Libération, il retourne chez lui, en Belgique. Il commence à écrire comme chroniqueur dans des journaux belges. Mais c’est la liitérature qui l’attire.
Adolescent, il s’était déjà essayé à l’écriture : un journal intime, quelques poésies, des histoires absurdes... Son séjour à Cannes lui avait permis de découvrir, à la Bibliothèque municipale, de grands auteurs comme William FAULKNER ou Erskine CALDWELL. Adulte, il se veut un auteur réaliste, comme Henri MILLER et de Louis-Ferdinand CÉLINE, qu’il admire. Il écrit donc plusieurs romans dans cette veine. Mais ne parvient pas à les faire publier - si bien qu’il finit par les détruire.

Marié et père de famille, il doit, pour subvenir aux besoins de sa petite famille, prendre un emploi d’emballeur dans une cartonnerie. Mais en parallèle, il écrit, et s’oriente de plus en plus vers la nouvelle, et le conte. Il en fait des lectures dans un cabaret littéraire nommé La Poubelle !

« Inquiétant, mais vrai : sur les 80 milliards d’individus qui ont déjà fréquenté notre terre aux cours des siècles, aucun n’a survécu. »

En 1952, Jacques STERNBERG vient s’installer en France, espérant réussir à convaincre un éditeur. Il cumule les petits boulots [dactylo, représentant de commerce, employé, publiciste...] mais parvient à publier quelques textes courts dans la revue Points, grâce au soutien de l’écrivain Jean PAULHAN.
Son style inclassable ne l’aide pas à débuter... mais finalement ses nouvelles sont remarquées par un éditeur belge, Eric LOSFELD, qui, aux débuts des années 50, publie son premier recueil. Son premier roman, Le Délit, paraît chez Plon en 1954, mais il se vend mal.

STERNBERG est lancé dans une carrière qui ne décollera jamais vraiment. En 1961, son roman L’Employé, qui tient autant de KAFKA que des Marx Brothers, obtient le Grand Prix de l’Humour Noir. Mais il n’obtient pas le grand succès populaire qui l’aurait fait mieux connaître. Seul Toi, ma nuit, en 1965, connaitra un certain succès, avec 20.000 exemplaires vendus.
Infatiguable et inspiré, il écrit sans cesse, et en particulier des textes courts : on lui connait aujourd’hui 18 recueils et plus de 1500 nouvelles et contes !

« Il n’y a que deux catégories dans la société moderne : les vendus et les invendables. »

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« Les Chefs d’œuvres du fantastique » [1967]
Une des anthologies de la revue Planète, dirigée par J. STERNBERG.

La nouvelle est un "genre" qu’il a défendu toute sa vie, et qu’il a participé à faire mieux connaître et apprécier, notamment en tant que maître d’œuvres des anthologies de la revue Planète.

Peu connu du grand public, il s’est fait un nom dans la littérature de genre : la revue absurde qu’il a créé en 1955, Le Petit Silence illustré fut un peu le précurseur du journal Hara-Kiri. Il est l’un des pionniers de la revue Fiction [pour qui il signe aussi quelques couvertures] et aussi l’un des premiers auteurs publiés dans la collection Présence du Futur avec La sortie est au fond de l’espace en 1956.
En 1962, il participe à la fondation de l’anti-mouvement Panique, avec Alejandro JODOROWSKY, Roland TOPOR et Fernando ARRABAL. Il est aussi un chroniqueur acide pour le Magazine Littéraire et dans France-Soir, aux débuts des années 70.

En 1967, il écrit le scénario du film Je t’aime, je t’aime d’Alain RESNAIS, dans lequel il imagine qu’un homme qui a raté son suicide sert de cobaye à une expérience de voyage dans le temps. Mais au milieu des évènements de mai 68, le film a reçu un accueil mitigé au Festival de Cannes, ce qui l’a déçu. Il refusera plus tard de travailler à l’adaptation de Malpertuis d’après Jean RAY.

« Un laborieux castor destructif, voilà ce que l’homme est à mes yeux. »

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« Futurs sans avenir » de Jacques STERNBERG
Recueil paru en 1971 dans la collection Ailleurs & Demain de Robert Laffont, créée et dirigée par son ami Gérard KLEIN.

Anarchiste et réfractaire aux honneurs, STERNBERG refusait d’être un écrivain "à temps complet". Illustrateur à ses heures [notamment pour la revue Fiction], c’était un grand passionné de voile et il posséda plusieurs petite embarcations, des dériveurs avec lesquels il accomplissait de longues balades en mer, y compris par mauvais temps. Entre 1974 a 1983, il a vécu 6 mois par an à Villers-sur-Mer, dans le Calvados, pour naviguer et écrire en solitaire.
C’était également un dragueur impénitent et assumé, et un grand fan de Vélosolex : il ne se déplaçait pas autrement à Paris.

Son roman Sophie, la mer et la nuit [1976] rencontre un certain succès de vente, mais pas les suivants. Albin Michel refuse le Dictionnaire des idées revues sur lequel il a travaillé depuis des années... [c’est un autre éditeur qui le publiera finalement]. A partir de 1989, il laisse totalement tomber le roman pour se consacrer au format court, ses fameux livres de contes aux titres improbables comme 188 Contes à régler et autres Contes griffus.
Son dernier recueil est publié en 2002. Il meurt 4 ans plus tard, d’un cancer des poumons, à Paris.

« La mort, décidément, m’aura gâché toute ma vie. Rien de ce que j’ai vécu ne pourra me consoler de cette certitude d’y passer un jour. Une seule question reste en suspens : est-ce que la mort me consolera de ma vie ? »

Splendide incompris de la littérature, terriblement pessimiste et radicalement libre, comme le furent avant lui Ambrose BIERCE ou Emil CIORAN, STERNBERG considérait la science-fiction comme la forme moderne de la fable. Son œuvre est à lire pour s’éclaircir l’esprit et résister à la bêtise et au conformisme.


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A VOIR AUSSI :
> Un site dédié à Jacques STERNBERG et son œuvre



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« Le délit » de Jacques STERNBERG

Le jeune amateur de SF ne connait peut-être pas [encore] Jacques STERNBERG, prolifique auteur de nouvelles fantastiques, réputé pour ses contes au ton absurde et grinçant, qu’ils fussent griffus, glacés ou encore 300 pour solde de tout compte.
Le STERNBERG romancier est encore moins connu. Saluons donc l’excellente initiative d’une petite maison d’édition strasbourgeoise, La dernière goutte. Elle a en effet eu la grande idée de rééditer Le délit, un des premiers romans de STERNBERG.

 

Mr.C