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Par PAT
Publié aux éditions Klincksieck dans la collection 50 questions, ce nouvel essai consacré à la Science-fiction ne révolutionne certes rien, mais apporte sa pierre à un édifice critique qui s’étoffe années après années.
Avec un corpus impressionnant et plutôt original [bon nombre d’ouvrages cités - et abondamment détaillés - sont totalement inconnus du grand public ou plus simplement inédits en France], les deux auteurs font un historique évidemment inévitable, mais l’illustrent intelligemment en choisissant les titres avec beaucoup de lucidité et un recul suffisant pour expliquer la nature du genre, ses tenants, ses aboutissants et ses rêves plus ou moins inaccessibles.
De la SF, on retient surtout son caractère d’anticipation et de lecture du monde réel. Ainsi, l’illustration de couverture en est le plus parfait exemple : dessin de 1913 de l’italien Antonio Sant’Elia, on y voit ce que l’artiste appelle La citta nuova, un immeuble, une rue, des automobiles. Vision d’une étonnante banalité de nos jours, mais stupéfiante de justesse et de modernité pour l’époque.
Le présent essai ne développe pas autre chose. La SF est une littérature essentiellement subversive, clairement iconoclaste, évidemment dérangeante, mais surtout pertinente. Merveilleux miroir d’un réel forcément imparfait, elle autorise, développe, prévoit et dissèque le long d’une Histoire qui n’est heureusement pas finie. Hommage, analyse poussée, aperçu historique, guide de lecture, « Science fiction, une littérature du réel » concentre de nombreux ingrédients pour une saveur subtile.