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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par K2R2
Petit historique pour ceux qui sont assis au fond près du radiateur. Après avoir réussi à tirer le prince Devoir des griffes des fidèles du prince Pie et l’avoir ramené sain et sauf au château de Castelcerf, Fitz Chevalerie, alias Tom Blaireau pour le commun des mortels, est chargé par la reine d’assurer l’enseignement de l’Art au jeune prince, qui est également son cousin.
En sus, Fitz doit également assurer la protection de Devoir, toujours menacé par les Pie et surveiller la délégation outrilienne, qui escorte la fiancée du prince, mais dont les motivations semblent pour le moins ambiguës. De plus les relations entre Devoir et sa jeune fiancée sont loin d’être un long fleuve tranquille, tant est si bien que vexée par l’attitude du prince, la narcheska lui lance un défi avant de repartir froissée pour les îles outriliennes.
Désormais, les fiançailles ne seront effectives que si le prince ramène la tête du mythique dragon noir Glasfeu. C’est à partir du départ de la délégation outrilienne que débute ce dixième tome intitulé Serments et deuils. Fitz a désormais la mission de former le prince Devoir à l’Art, cette magie étrange dont il ne reste plus que quelques malheureux représentants : Fitz, le prince Devoir et un valet à moitié idiot nommé Lourd. En dépit de sa formation fragmentaire, Fitz devra faire office de maître d’Art et constituer un clan d’Art, autour de la personne du prince, afin de lui assurer un soutien inconditionnel.
Pour autant, le prince n’est toujours pas à l’abri des Pie, ces membres renégats du Lignage décidés à s’emparer du pouvoir afin de permettre aux hommes et aux femmes doués du vif, cette magie qui relie un homme à un animal dans une relation exceptionnelle et fusionnelle, de ne plus vivre persécutés. Fitz et les proches du prince sont terrifiés à l’idée que les Pie annoncent à tout le royaume que Devoir, le futur roi des Six-duchés est également doté du pouvoir du vif. Une menace que Fitz doit éliminer rapidement, d’autant plus que l’ennemi a infiltré de nombreux espions au sein même du palais. Une situation délicate dont il faudra tirer le prince avant d’entreprendre le voyage en quête du dragon Glasfeu.
Si vous n’avez absolument rien compris à ce résumé, rassurez-vous, c’est juste que ce roman ne peut absolument pas se lire de façon indépendante, à la rigueur vous pouvez commencer à partir du tome sept, mais ce serait encore un pêché que de se priver des six premiers tomes. C’est la deuxième fois que vous êtes prévenu, décidément vous êtes têtu si vous persistez à lire cette critique. Quant aux autres, ils savent déjà que ce cycle est une véritable drogue, qu’une fois commencé il est impossible d’arrêter sa lecture, quitte à passer des nuits blanches, à avoir les yeux bouffis de fatigue et une tête à faire peur à cause du manque de sommeil. Ce dixième tome ne déroge pas à la règle, Robin HOBB maîtrise son intrigue comme jamais, le style est d’une fluidité exemplaire et la narration n’a d’égal que la perfection des dialogues.
Les personnages principaux, le Fou, le prince Devoir, la reine Kettricken, Umbre et même Lourd, sont toujours aussi attachants, toujours justes dans leurs réactions et dans leurs relations avec les autres protagonistes. Quant-à Fitz, cet anti-héros absolument incroyable, son destin touche au plus profond le lecteur tant son sort peut nous paraître à la fois terriblement injuste et pourtant magnifié par son sens du devoir et son abnégation exceptionnelle. Pourtant Robin HOBB n’en fait jamais trop et ne sombre en aucun cas dans le pathos dégoulinant, ou si peu qu’on lui pardonne volontiers ses petits écarts [Fitz a si souvent frôlé la mort qu’on finit par le croire invincible].
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Au bout de dix tomes, le lecteur pourrait avoir l’impression que l’auteur prend un malin plaisir à tirer à la ligne et à faire un peu trop durer l’histoire, pourtant chaque développement se justifie dans l’intrigue et jamais l’ennui ne vient gagner le lecteur tant Robin HOBB sait habilement doser action et développements politiques. On sent pourtant que le dénouement final n’est plus très loin et c’est avec une avidité certaine qu’on attend les prochains tomes qui scelleront désormais de façon définitive le destin de Fitz Chevalerie et du royaume des Six-Duchés. |
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