

En mai, la pétition de soutien à Nathalie LE GENDRE a dépassé les mille signatures. C’est une très belle victoire. La vôtre. Elle montre que les lecteurs ont aussi le droit à la parole dans le monde de l’édition. En attendant une issue que l’on espère favorable pour la parution du livre de Nathalie LE GENDRE, nous voulions vous remercier de votre signature et de votre soutient pour elle et pour Denis Guiot.
Nous vous tiendrons au courant de la suite des événements.
Jérôme Vincent et Thierry Hornet Actusf et le Cafard Cosmique
PLUS DE 1000 PÉTITIONAIRES ONT DEJA SIGNÉ !!
La pétition ActuSF/Cafard cosmique est désormais close. Elle a été envoyé aux éditions Mango, qui en ont accusé réception.
Vous le savez sans doute - ou pas -, les éditions Mango ont refusé de publier dans leur collection "Autres Mondes", Les Orphelins de Naja, le dernier roman de Nathalie Le GENDRE. Un roman pourtant inscrit au programme des sorties 2007, mais qui met en scène des pratiques pédophiles au sein d’une église du futur. Un sujet à l’évidence trop sensible pour le responsable éditorial de Fleurus et Mango Jeunesse, puisqu’il a annoncé à Denis Guiot, le directeur de "Autres Mondes", que Les Orphelins de Naja ne sortirait pas. Motif : "Il ne veut pas d’emmerdes avec les actionnaires".
Les actionnaires de Fleurus et Mango Jeunesse, c’est la holding de contrôle franco-belge Médias-Participations, qui essaime discrètement dans des secteurs aussi divers que la bande-dessinée [Dargaud, Le Lombard et Dupuis], la presse [Rustica, Votre maison Votre jardin, Cuisine et terroirs], l’animation [Ellipse animation] et la télévision [Télé Melody et KTO]. La fondation de ce groupe en 1985, s’est largement appuyée sur le succès du magazine Familles Chrétiennes. À sa tête alors, Rémy Montagne, avocat d’affaires, conservateur et catholique militant. Un militantisme qui va largement infuser au sein des différentes sociétés du groupe.
En dépit du décès de son fondateur en 1991, le Médias-Participations est resté sur sa ligne éditoriale originelle, et c’est elle, aujourd’hui, qui conduit à ce pénible épisode autour du roman de Nathalie Le GENDRE.
On peut certes parler de censure ou de pratiques moyen-âgeuses, mais à notre sens, c’est à la fois bien pire, et en même temps dramatiquement contemporain. Car nous avons ici affaire à une pratique d’autocensure sournoise, motivée uniquement par une mesquine pétoche de technocrate. Bien moins grandiloquente que la peur du scandale, c’est la trouille de se faire taper sur les doigts qui motive la décision de la direction éditoriale de Mango. Il sont les sujet banals de la peur qu’insuffle le pouvoir de l’argent. Stress du cadre sup’ qui sent grincer la goupille de son siège éjectable. Au final c’est presque la peur de la peur qui les anime. Ils veulent être tranquilles. Auquel cas, ils n’ont sans doute pas choisi le bon secteur d’activité.
"Je ne veux pas d’emmerdes avec les actionnaires.", le nouveau mantra des grands prêtres de la concentration économique qui ne sortent plus sans leur parapluie. Il résonne dans les couloirs moquettés des grands groupes industriels, et se banalise un peu plus chaque jour. "Surtout pas de vagues, surtout pas de vagues !". Et c’est précisément parce qu’il nous semblait important d’en faire - des vagues -, que d’un commun accord, ActuSF et le Cafard Cosmique ont décidé de relayer ensemble cette lettre ouverte adressée à Mango, à l’initiative de Jean-Marc Ligny. Parce que c’était une occasion de rappeler qu’on n’écrit pas des livres avec un tableur, qu’une ligne comptable n’a jamais fait rêver - en tout cas pas nous - et qu’on ne dirige pas une maison d’édition avec seulement une calculette et des formules statistiques.
Cette autocensure minable, uniquement conditionnée au politiquement correct, apanage des lâches et des thuriféraires d’un pouvoir diffus d’actionnaires fantômes est un cancer qui appelle toute notre vigilance et dont il nous faut d’urgence inoculer le vaccin, sous peine de se retrouver un jour vide de toute intelligence.
ActuSF / Le Cafard Cosmique.
A l’instigation de Jean-Marc LIGNY, auteur de SF et de SF Jeunesse [en particulier chez Mango / Autres Mondes], la pétition ci-dessous sera adressée à la direction des Editions Mango Jeunesse. Ce texte a été mis en ligne simultanément sur le site d’ActuSF et sur celui du Cafard cosmique, pour tenter de recueillir un maximum de signature de soutien à Denis GUIOT.
Monsieur le Directeur Éditions Mango Jeunesse 15/27 rue Moussorgski 75018 Paris
Monsieur,
Nous, signataires de la présente, avons découvert avec stupéfaction, sur divers supports liés à nos professions, le communiqué suivant, émanant du directeur de la collection « Autres Mondes », M. Denis GUIOT :
La direction éditoriale de Fleurus - Mango Jeunesse vient de m’annoncer que le roman de Nathalie Le Gendre Les Orphelins de Naja - que j’avais prévu de publier en mai 2007 dans la collection "Autres Mondes" que je dirige - ne paraîtra pas. La raison : le roman de Nathalie dénonce certaines pratiques pédophiles au sein d’une Église du futur (l’histoire se passe au XXIIIe siècle) sur une planète nouvellement colonisée.
La direction éditoriale « ne veut pas d’emmerdes avec les actionnaires ». C’est vrai que, dans une collection appartenant à un groupe publiant nombre d’ouvrages religieux et leader du marché européen du missel, ça ferait désordre...
Denis GUIOT
Sachant que :
nous considérons donc que l’interdiction de publication de ce roman, que ne justifie aucun impératif technique, littéraire ou légal, équivaut à un acte de censure pure et simple, exercé par un groupe de presse et d’édition d’obédience catholique.
Vouloir censurer un tel sujet - la pédophilie de certains prêtres - pourrait de plus être interprété comme un silence au mieux coupable, au pire complice.
Nous, soussignés, vous demandons donc, Monsieur, en accord avec votre direction, de revenir instamment sur votre décision et autoriser la parution de ce roman à la date et dans les conditions prévues par le contrat qui lie son auteur à votre maison d’édition.
La pétition ActuSF/Cafard cosmique est désormais close. Elle a été envoyé aux éditions Mango, qui en ont accusé réception.
Début du XXIIIème siècle.
Dans le cadre du projet " Terre saine de corps et d’esprit " développé par l’Organisation Mondiale de Protection de l’Enfance, des millions d’enfants défavorisés (gamins des rues, enfants exploités sexuellement, jeunes délinquants, orphelins misérables) sont envoyés sur Naja, une planète récemment ouverte à la colonisation et confiée à l’Armée et à l’Église, pour qu’ils aient une seconde chance dans la vie.
En fait, la Terre cherche avant tout à se débarrasser de ses éléments indésirables. Privé de moyens, le projet dérape et les "orphelins de Naja" se retrouvent à nouveau dans une situation misérable.
Violée par son tuteur à quatorze ans, Kihsana est renvoyée de son orphelinat. Elle sera recrutée par les services secrets de la base Delta qui la transformeront en enfant-espion chargé d’infiltrer les réseaux pédophiles qui se sont créés sur Naja.
Dans ce roman écrit au scalpel, Nathalie Le GENDRE dénonce violemment - mais sans tomber dans la caricature, ni pratiquer l’amalgame - l’exploitation des enfants utilisés à des fins militaires comme enfants-espions ou sexuelles, par des personnes dont la mission, au contraire, est de les protéger.
Les Orphelins de Naja est aussi un roman d’action au rythme haletant et à l’émotion soutenue, porté par une jeune héroïne à la farouche volonté de vivre.
Nathalie Le GENDRE est le seul écrivain a avoir remporté deux fois de suite le fameux Prix des Incorruptibles avec « Dans les larmes de Gaïa » [en 2005] et « Mosa Wosa » [en 2006]. Elle sera l’invitée du Salon Européen du livre de jeunesse de Sarrebruck [du 9 au 12 mai 2007]
Les éditions Mango et Fleurus, par la voix de leur directeur Pierre-Marie Dumont (Président des Editions Mango, Directeur Général du Groupe Fleurus), nous ont envoyé un petit mail aujourd’hui pour demander un droit de réponse sur Actusf suite à la pétition en soutient de Nathalie Le Gendre.
Il en profite pour donner sa version des faits et expliquer son point de vue sur le roman de Nathalie Le Gendre.
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Monsieur le Directeur de la Publication
J’ai pris connaissance de l’éditorial de La Gazette du Cafard cosmique de Février que votre site électronique Cafardcosmique.com a consacré au roman de Nathalie Le Gendre intitulé « Les Orphelins de Naja ».
Il me semble que la déontologie du journalisme exige de ne reproduire une information qu’après en avoir vérifié la véracité et de ne relayer une accusation lancée contre une personne, physique ou morale, qu’après avoir permis à cette personne d’exposer son point de vue. Je ne doute pas que sont bien vôtres ces exigences qui sont à la base du respect mutuel qui permet le « vivre ensemble » en démocratie. Je suis donc étonné que vous ayez publié vos communications sans prendre la peine de nous contacter pour connaître notre point de vue. Ce point de vue, il me paraît utile de le faire connaître à vos lecteurs, afin que ce soit librement qu’ils se forgent une opinion.
La collection Autres Mondes, dont nous sommes fiers d’être les Editeurs, est composée de publications destinées à la jeunesse. Au-delà de ses qualités littéraires, le mérite de cette collection est de permettre aux jeunes de réfléchir à des questions de société, à partir d’une histoire passionnante transposée dans le futur.
En tant qu’Editeurs, nous adhérons totalement à ce projet. Cependant, les ouvrages étant publiés sous notre marque, il nous revient de garantir qu’ils conviennent au public visé, tant sur le plan de la forme que du fond. Cette responsabilité est un élément essentiel de la déontologie de notre métier.
De toute façon, si nous jetions aux orties notre déontologie pour ne juger les manuscrits qu’à l’aune de critères commerciaux et financiers, la Loi de la République nous rappellerait aussitôt à nos devoirs. En effet, l’édition des publications destinées à la jeunesse est régie par la loi du 16 juillet 1949, version consolidée au 5 janvier 1988, qui édicte des responsabilités très contraignantes pour les éditeurs : « Les publications visées à l’article 1er [destinées aux enfants et adolescents] ne doivent comporter [...] aucune insertion [...] de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques » Or, l’on sait qu’aujourd’hui, Convention européenne des Droits de l’Homme aidant, sont assimilés à des préjugés ethniques les préjugés fondés sur l’appartenance ou la non appartenance à une religion. La loi précise par ailleurs : « A l’égard des infractions prévues à l’article 2 de la présente loi, les directeurs ou éditeurs seront, pour le seul fait de la publication, passibles comme auteurs principaux des peines portées à l’article 7. » L’Editeur a donc au premier chef le devoir et la responsabilité de veiller à ce que les publications pour la jeunesse qu’il édite, ou envisage d’éditer, respectent les jeunes lecteurs et les lois qui le défendent.
C’est dans ce contexte déontologique et législatif que le Directeur éditorial de Mango- Jeunesse, M. Christophe Savouré, a indiqué au Directeur de collection, Denis Guiot, qu’il ne publierait pas en l’état le dernier manuscrit de Nathalie Legendre et qu’il souhaitait en discuter avec l’Auteur.
En l’occurrence, c’est une contre-vérité de prétendre que M. Christophe Savouré ait dit que « cet ouvrage ne paraîtrait pas ». Il a dit, en substance, qu’il ne pouvait pas publier cet ouvrage en l’état, mais qu’il souhaitait, avec l’Auteur, débattre des problèmes que lui semblait poser sa publication. La qualité littéraire de l’ouvrage n’est bien-entendu pas en cause. Dans l’absolu, son contenu ne l’est pas non plus. Il est même assez remarquable. Mais le sujet traité, la pédophilie, oblige à s’interroger sur la manière dont l’histoire et ses péripéties vont être reçues par des jeunes « à partir de 11 ans ».
Permettez-moi de m’étonner que, sans avoir lu la moindre ligne de ce livre, vous vous laissiez aller à colporter des jugements aussi gratuitement malveillants sur l’attitude de son Editeur. Je me permets de suppléer succinctement votre ignorance. L’histoire se passe au XXIIIe siècle sur une planète nouvellement colonisée où des enfants « défavorisés » sont « déportés » pour être « <rééduqués » sous l’autorité de « l’Eglise » et de « l’Armée ». Finalement, on découvre que « l’Eglise » a mis en place des réseaux pédophiles qui se fournissent en « chair fraîche » dans les orphelinats qu’elle dirige. Sur cette planète dédiée, presque tous sont complices et participants : soeurs, frères, Mère supérieure, prêtres et évêques.
Quel est le problème ? Il a semblé aux responsables éditoriaux que si des adultes ou des grands adolescents étaient capables, grâce à ce beau livre, de réfléchir, sans faire de transpositions abusives, à l’existence bien réelle de la pédophilie dans des institutions comme l’Eglise, il existait des risques que des enfants de 11, 12 ou 13 ans soient conduits à faire des amalgames susceptibles de nourrir chez eux des préjugés simplistes. Le livre se retournerait alors contre son objet qui est d’apprendre aux jeunes à éclairer leur discernement face aux conditionnements que peuvent leur imposer les membres des institutions.
Pour mieux vous faire comprendre notre position, je vais moi aussi faire une transposition. Il y a eu et il y a des enseignants pédophiles. Imaginez qu’un livre propose l’histoire suivante : Au XXIIIe siècle, sur une planète nouvellement colonisée, des enfants sont déportés pour être abusés sexuellement au sein de « l’Education nationale » qui est présentée, en tant qu’institution, comme organisatrice de réseaux pédophiles. Ce livre, aussi remarquable serait-il par ailleurs, le mettriez-vous dans les mains de jeunes de 11, 12 ou 13 ans, sans au moins en avoir débattu auparavant, sans avoir bien pesé le pour et le contre avec l’Auteur ?
Ce livre pose bien d’autres questions, toujours dans la mesure où il entre dans une collections qui s’adresse à des jeunes « à partir de 11 ans ». Le viol d’une jeune fille de 13 ans, par son tuteur, est raconté d’une manière, certes jamais complaisante, mais assez impressionnante et réaliste et, surtout, ce viol peut être compris par de jeunes lecteurs comme une bonne action (il s’agit de mettre la victime enceinte pour lui éviter d’être envoyée dans une maison de passe). L’usage de la drogue, qui est généralisée chez ces millions de malheureux enfants, peut être compris comme le seul moyen d’échapper aux difficultés de l’existence, etc. Bref, ce sont des questions qu’un Editeur responsable doit se poser avec l’Auteur avant de publier un ouvrage pour la jeunesse. Quitte à consulter des spécialistes pour éclairer le discernement.
Pour finir, je me tiens à votre disposition pour commenter toutes les erreurs de fait contenues dans vos communications, afin que vous puissiez informer vos lecteurs en toute connaissance de cause, et non sur les seules allégations de M. Denis Guiot.
Vous êtes responsable d’un organe de presse, vous êtes donc particulièrement sensible à tous les enjeux éthiques de la transmission de l’information. Je veux croire, même si vous ne partagez pas toutes nos raisons, que vous saurez, dans une juste mesure, leur faire droit. Et je ne doute pas que vous aurez l’honnêteté intellectuelle de les diffuser aussi largement que vous avez cru devoir diffuser des « informations », qui, quand on connaît les faits, relèvent de la catégorie des rumeurs tendancieuses.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de la publication, l’expression de mes sentiments distingués et respectueux.
Pierre-Marie Dumont
Président des Editions Mango
Directeur Général du Groupe Fleurus
P.S. De surcroît, il est apparu à l’Editeur que, tel quel, l’ouvrage pouvait risquer de tomber sous le coup de la Loi. L’article 29 créé par la Loi 1881-07-29 prévoit que : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication [...] de cette allégation ou de cette imputation est punissable même si elle vise une personne ou un corps non expressément nommé, mais dont l’identification est rendue possible par les termes du discours... » L’article 32 ajoute : « La diffamation commise [...] envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance ou non appartenance à [...] une religion sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende... »
Les auteurs de Mango Jeunesse ont pris l’initiative d’une lettre ouverte dans laquelle ils soutiennent Denis GUIOT et Nathalie LE GENDRE.
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Nous, auteurs cosignataires de cette lettre ayant tous publié dans la collection « Autres Mondes », vous informons que nous apportons notre total soutien à Nathalie Le Gendre et à Denis Guiot. Il est pour nous inacceptable qu’un manuscrit validé par notre directeur de collection soit censuré par la direction éditoriale des éditions Mango.
Comme beaucoup d’autres titres de la collection « Autres Mondes », le
manuscrit de Nathalie Le Gendre s’appuie sur des faits de société avérés. Nous rappelons en outre qu’il s’agit d’un roman de science-fiction, non d’un essai ou d’un quelconque pamphlet. Il transpose dans le futur une situation où la dignité humaine est bafouée, afin de permettre à ses lecteurs de réfléchir au problème abordé grâce à la richesse narrative et émotionnelle du roman et à la distanciation propre à la science fiction.
Denis Guiot a créé la collection « Autres Mondes » il y a sept ans et le succès
de cette collection ne s’est jamais démenti. Son travail en profondeur a permis à nos livres de trouver leur place dans la littérature jeunesse actuelle.
La plupart d’entre nous interviennent de nombreuses fois par an dans les collèges et lycées tant en France qu’à l’étranger, défendant très souvent la collection, son audace, son homogénéité et la constance des textes sur le plan de la qualité. Les retours critiques des personnes qui travaillent chaque jour au contact des jeunes lecteurs (enseignants et documentalistes) sont quasi unanimes : « Autres Mondes » a réussi à s’imposer comme une collection de référence incontournable. Chaque année, nos romans sont sélectionnés dans des prix littéraires et remportent des récompenses décernées par les critiques et les lecteurs. L’humanisme qu’ils défendent force le respect des professionnels (éditeurs, critiques, bibliothécaires, documentalistes, libraires...).
Nous savons tous que cette reconnaissance est due en grande partie au travail de Denis Guiot. Il accompagne étroitement la gestation de nos titres. Nous respectons ses points de vue parce qu’il respecte nos sensibilités et qu’il nous accorde sa confiance dans le processus de notre création. C’est notamment parce qu’il possède la qualité de fédérer autour de lui des personnalités créatrices très différentes que la collection surprend par la richesse des styles et des thèmes abordés.
Qu’a à craindre Mango en publiant Les Orphelins de Naja ? Nous rencontrons
des milliers de jeunes chaque année lors des échanges dans les établissements scolaires et nous pouvons vous assurer que le thème qui les touche le plus concerne les atteintes à l’intégrité et à la dignité des personnes. Transposer dans le futur, avec précautions et sans pratiquer l’amalgame, l’existence de cas de pédophilie dans l’Eglise, c’est entre autres apprendre à nos lecteurs que le meilleur moyen de protéger leur intégrité est de rester en éveil, de savoir que la barbarie peut malheureusement prendre les visages les plus dénués de tout soupçon. Ceci n’est pas une invention. C’est hélas ce que nous rappellent les faits divers des journaux. En parler est vital car la violence se nourrit du silence qui l’entoure.
Compte tenu des points développés dans cette lettre, vous comprendrez que
nous ne continuerons pas à publier dans « Autres Mondes » si Denis Guiot ne peut travailler en totale confiance sur chacun de ses projets. Car cette confiance est la base de notre travail d’équipe. Nous demandons par conséquent que le choix de Denis Guiot concernant la publication des Orphelins de Naja soit respecté, sans quoi nous cesserons notre collaboration avec la collection.
Parce que cette collection serait alors amputée de ce qui fait sa force : la lucidité de son engagement et son souffle de liberté. Pour éviter un tel gâchis, nous vous demandons donc de reconsidérer sérieusement votre décision et de revenir sur votre première intention.
Les cosignataires :
Jean-Pierre Andrevon, Ange (Anne Guéro), Robert Belfiore, Pierre Bordage, Fabrice Colin, Christian Grenier, Gudule, Johan Heliot, Dany Jeury, Christophe Lambert, Loïc Le Borgne, Christian Léourier, Frédérique Lorient, Danielle Martinigol, Eric Simard, Joëlle Wintrebert.
La pétition ActuSF/Cafard cosmique est désormais close. Elle a été envoyé aux éditions Mango, qui en ont accusé réception.
Mr.C