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Publié le 01/12/2007

« Question de mort » de Johan HELIOT

ED. BALEINE / CLUB VAN HELSING, SEPTEMBRE 2007

Par Mr.C

Le monstre ? Un colosse masqué de cuir à la cruauté écoeurante, qui aime découper ses victimes à la tronçonneuse lorsqu’elles échouent à déjouer ses énigmes - tout en filmant la scène.
Le héros ? Un chasseur de prime haut de gamme, obèse et obsédé par les fast-food.
Le résultat : l’un des meilleurs CVH de la première saison.


Je sais, j’arrive après la bataille : les forums ont déjà tangué sous les empoignades des pro et des anti Club Van Helsing, applaudissant un épisode, démontant un autre, appréciant l’initiative tout en ironisant sur les limites de l’exercice, ses facettes mercantiles et la qualité très irrégulière de ses rejetons.
Il a suffit d’une bonne grève de la RATP pour que je me retrouve bien content de pouvoir glisser dans ma poche le petit format de l’un des premiers CVH, paru en mai dernier, Question de Mort de Johan HELIOT. Pourquoi celui-là ? Parce qu’il a fait parti des plus ovationnés du fandom.
Je viens donc - pardonnez moi - confirmer ici ce qui se savait déjà : cet épisode du CVH est très réussi. Si vous le saviez déjà, il est temps de cliquer sur une autre page.

Ce qui fonctionne d’emblée, c’est qu’HELIOT joue le trash sans scrupule : Question de mort épouvante à la tronçonneuse, décalant la torture en quizz-télé pure boucherie. « Question pour un champion meets Hostel » comme dirait un commercial de Canal+. Tu n’as pas compris la question ? Tiens, prend-ça dans l’œil. Et ya pas de Dictionnaire Larousse en lot de consolation. A qui le tour ?
Autant l’avouer : la mise en image complice de scène de tortures hyper-réalistes par la nouvelle vague du cinéma d’horreur US post-Saw ne me provoque qu’un profond dégoût matiné d’incompréhension : et alors ? Mais HELIOT est trop malin pour tomber dans le panneau.
Alors il balance là-dedans un limier encore plus répugnant que le bourreau : Big B. Biscayne est un pachyderme qui n’aime rien mieux que bouffer gras, il halète dès qu’il marche, il sue dès qu’il lève un bras. Il conduit un 4X4 surdimensionné. Mais il incarne le Bien. Et ses intuitions le mettent rapidement sur la bonne piste, appuyée par la logistique informatique fournie par le Club Van Helsing.

C’est donc parti pour 181 pages de chasse au Sphinx, énigmes en bandoulière, poids lourd virant au frein à main dans la gadoue d’un camping moisi des environs de feu-La Nouvelle Orléans, fille à poil qui hurle très fort, réfrigérateur rempli de trucs pas catholiques. Bref, « Massacre à Halloween sur Elm Street ».
Le roman n’est pas bien long, et son final est moins réussi qu’on aurait pu l’espérer : ah, le monologue du méchant qui tombe comme un cheveu... dommage, jusque là c’était du quasi sans faute. Mais on conseillera aux lecteurs déçus du CVH [paraît qu’il y en a...] de ne pas louper cet épisode : quand Tarantino en fera un film, je ne serai pas le dernier à acheter mon billet.


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C’est gras, glauque, gore, maîtrisé avec souplesse, l’humour en coin, et sans fioriture. Sérieusement : il n’est pas si simple de réussir à bâtir récit aussi nerveux dans les lois du genre. On aimerait que Johan HELIOT récidive dans un cadre moins "cadré", ça pourrait dépoter.