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Publié le 05/05/2003

"Solaris" de Stanislaw LEM

["Solaris", 1961]

REED. FOLIO SF, AVRIL 2002

Par oman

Solaris, un monde découvert il y a plus d’une centaine d’années, se révèle être le plus grand mystère scientifique de tous les temps. Un monde recouvert d’une mer aux reflets étranges. C’est ici que Kelvin est envoyé, auprès de trois scientifiques, qui malgré le mystère de plus en plus épais, tentent d’en percer les rouages.

C’est ici que Kelvin sera confronté à des événements de plus en plus étranges. Hallucinations ou phénomènes bien réel ? La réponse se trouve peut-être sur la planète...


« A dix-neuf heures, temps de bord, je me dirigeai vers l’aire de lancement. Autour du puits, les hommes se rangèrent pour me laisser passer ; je descendis l’échelle et pénétrai à l’intérieur de la capsule... »

Huis Clos efficace.

La première partie du roman a ceci d’impressionnant que l’on est propulsé dans une station au fin fond de l’espace, à des années-lumière de toute civilisation, de tout contact avec la société « habituelle ». Ici, une ambiance, une tension palpable s’exerce sur le lecteur. On est tout seul au milieu de nulle part, avec des scientifiques au comportement plus qu’étrange, près d’un monde, s’il n’est pas hostile, exerce une attraction hors du commun, tout en ignorant le danger potentiel. Car ici réside le mystère : quelle est cette planète ? Comment fait elle pour garder une orbite stable autour d’une étoile double ? Y a-t-il une entité vivante, intelligente ? Et dans ce cas, pourquoi n’y a-t-il pas de contact ? Ou peut-être ne savons nous pas reconnaître cet appel...

J’ai aimé la narration historique des premières expériences faites sur ce monde, raconté avec toute la paranoïa et la tension propres à la période de guerre froide, dont on devine que des parcelles d’information ont été tronquées, « secret défense ». Ce huis clos est véritablement étouffant, la paranoïa est à son paroxysme jusqu’au contact.

La place de l’homme dans l’univers.

Ce roman nous fait prendre conscience d’une chose : l’homme est -il capable d’appréhender un contact avec une espèce/entité venant d’outre espace ? Avons nous la volonté d’aller le comprendre ? Saurons nous reconnaître l’appel ? Nous, qui étudions de puis des dizaines d’années les messages radio, les émissions dans tous les spectres d’ondes. Pourquoi le contact ne se manifesterait pas d’une autre manière, plus concrète, mais aussi plus personnelle ?

Enfin, l’homme est un animal doué de raison, mais c’est aussi une machine biologique imparfaite. L’homme est vertueux, mais l’homme fait des erreurs. Einstein a dit : « il y a deux choses infinies : l’univers et la bêtise humaine ». Et cette bêtise, ces erreurs, sommes prêts à y faire face. Si soudain, ce qu’il y avait de plus enfoui, de plus noir en nous ressurgissait, saurions nous y faire face ? Saurions nous laver notre conscience après l’avoir étalée au grand jour ?

Impossible de savoir, nous oublions, nous effaçons, nous ignorons.


A NOTER :

Le cinéaste russe Andreï TARKOWSKI a porté "Solaris" à l’écran en 1972, et obtenu ainsi le Prix Spécial du Jury à Cannes. Son film diffère du roman puisqu’à la fin, l’océan de Solaris matérialise une portion de la Terre à sa surface.

Une nouvelle adaptation, américaine cette fois, a vu le jour en février 2003, avec l’acteur George CLOONEY dans le rôle principal, Steven SODERBERGH ["Ocean’s Eleven"] à la réalisation et James CAMERON ["Titanic"] à la production.

Outre des effets spéciaux forcément plus élaborés [chez TARKOVSKY, il n’y en avait quasiment aucun], un très beau film également.


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Inutile de tergiverser : "Solaris" n’est pas un livre facile. LEM lui-même avoue que c’est « un livre qu’[il] estime, quoiqu’[il] ne le comprenne pas en tout » !

Aux problèmes de traduction s’ajoutent une intrigue lente et de nombreux développements psychologiques...

Mais ce roman à deux temps est un des plus prodigieux romans sur la détresse humaine que l’on puisse lire. C’est véritablement une œuvre magnifique, tragique, dramatique. Les descriptions sont magiques. C’est un chef d’œuvre de la SF.