EN BREF

 
SYNDICATION


Suivez le Cafard cosmique sur Twitter

Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook

Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.

netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.


 
 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AUX LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

 

D'AUTRES AUTEURS

A VOIR AUSSI


A l’instar de Maurice Renard et de Régis Messac, Jacques Spitz appartient à cette génération d’écrivains français de l’entre deux guerres dont on redécouvre peu-à-peu l’œuvre. Celle-ci, à la fois désabusée et ironique, s’inscrit dans ce courant de la S-F française qui mêle les ressorts d’une littérature conjecturale à un traitement qui emprunte beaucoup au fantastique et au surréalisme.


Jacques Spitz est né en Algérie des œuvres d’un père militaire de carrière. Après de brillantes études à Polytechnique, il embrasse le métier d’ingénieur-conseil. En dépit d’un avenir tout tracé, il choisit de se consacrer presque exclusivement à l’écriture. Il s’illustre d’abord avec des ouvrages qui le rattachent au courant surréaliste. Il écrit ainsi plusieurs essais romancés et une pièce de théâtre intitulée : Ceci est un drame.

Toutefois, son goût pour la satire et le fantastique ne tarde pas à l’entraîner vers la science-fiction qui lui inspire, de 1935 à 1945, huit romans. Parmi ceux-ci, trois au moins attirent particulièrement l’attention et apparaissent, en quelque sorte, emblématiques du style de l’auteur : La Guerre des Mouches (1938), L’Homme élastique (1938) et L’œil du purgatoire (1945). On y découvre un écrivain à la plume alerte et caustique, ancré dans une esthétique S-F mais qu’il aborde avec un traitement qui lorgne du côté du fantastique.

En effet, la spéculation scientifique n’est pas le cœur de son propos. En fait, les récits de Jacques Spitz sont des tragi-comédies humaines qui se parent des vertus de la satire. Son attrait pour le bizarre et son goût de la conjecture se conjuguent afin de lui fournir un cadre propice à des intrigues désabusées. Il y met en évidence les faiblesses d’une nature humaine qu’il juge désespérante. Et rien ne vient tempérer ce scepticisme. Il ne faudrait cependant pas réduire l’œuvre de Jacques SPITZ uniquement à cet aspect des choses. Lorsqu’il s’agit d’inventer, l’auteur fait montre d’une extravagance et d’une démesure tout simplement vertigineuse. Ses visions sont rigoureuses et maîtrisées, ce qui leur évite ainsi de basculer dans le grotesque.

Après cette parenthèse science-fictive qu’il semble même renier, l’écrivain renoue avec des ouvrages d’une nature plus autobiographique et surréaliste. Il meurt à Paris où il a vécu presque toute sa vie, célibataire, décoré de la Légion d’honneur [il a pris part aux deux guerres mondiales] et à l’écart de tous embrigadement social. A l’heure où nous rédigeons cette fiche, une partie de l’œuvre de Jacques Spitz est à nouveau accessible grâce aux éditions de L’Arbre vengeur et à l’anthologie Chasseurs de chimères. Par ailleurs, on murmure que les éditions Bragelonne envisageraient de lui consacrer un volume de la collection Les Trésors de la S-F.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


  • L’Agonie de la Terre [1935]
  • Les Evadés de l’An 4000 [1936]
  • La Guerre des Mouches

    [1938]

Juste-Evariste Magne est un jeune homme promis à un brillant avenir. Diplômé en sciences naturelles, il est entré dans l’équipe du professeur Carnassier, une des grosses huiles du Collège de France qui, désormais, vise un siège à l’Académie des Sciences. Des jours durant, il soigne, élève, compte et examine les mouches drosophiles pour son patron, en attendant de se voir confier des tâches moins ingrates. Et si, par le plus grand des hasards, il observe un spécimen qui diffère des autres, il doit faciliter son croisement afin de relever de quelle façon les caractères distinctifs des parents se transmettent à leur portée. Cependant, une inquiétante invasion de mouches en Indochine vient remettre en question ce plan de carrière...

Le troisième roman de S-F de Jacques Spitz joue à la fois sur les ressorts du roman catastrophe et sur ceux de la satire. Sa grande force réside, sans aucun conteste, dans son ton. A la manière d’un entomologiste, l’auteur dépeint les derniers mois d’une civilisation humaine pour laquelle il ne semble nourrir aucune affection. Car cette humanité ne s’efface pas paisiblement. Elle s’entête à résister et ses grouillements de survie ne contribuent qu’à aggraver les destructions. Et le lecteur de rire (jaune) de l’absurdité des tentatives des hommes pour endiguer la marée inexorable des mouches. Nul corps social ne sort indemne de ce récit implacable qui est, au final, tout simplement jubilatoire.

  • L’Homme élastique [1938]
  • L’Expérience du Dr Mops [1939]
  • La parcelle « Z » [1942]
  • Les signaux du soleil

    [1943]

Lorsque Philippe Bontemps se prépare à affronter les rigueurs hivernales du Pic du Midi, il sait qu’il le fait pour une bonne cause : parfaire son mémoire de Doctorat sur les taches du soleil. Il ne s’attend évidemment pas à prendre part à une guerre dans laquelle l’existence même de l’humanité est en jeu. En effet au fil de ses observations, il découvre que certaines taches solaires respectent un code qu’il ne tarde pas à déchiffrer. Ces taches seraient des signaux témoignant d’un marchandage entre les habitants de Vénus et ceux de Mars. Et l’objet de cette négociation ne serait rien de moins que l’oxygène et l’azote de l’atmosphère terrestre. En dépit des preuves qu’il apporte pour l’étayer, la découverte de Philippe Bontemps ne suscite qu’incrédulité auprès de ses confrères. Pourtant, la baisse de la pression atmosphérique et d’imprévisibles tempêtes dévastatrices viennent confirmer ses suppositions alarmistes.

Le septième roman de S-F de Jacques Spitz a un petit air de Guerre des mondes. Ici, les vénusiens et les martiens n’agressent pas la Terre avec la volonté délibérée d’éradiquer l’humanité. En fait, ils ne sont pas du tout au courant de l’existence de celle-ci. Pour eux, seuls comptent l’oxygène et l’azote qu’ils convoitent. Au final, Les signaux du soleil apparaît comme un roman un tantinet moins pessimiste que ne le laisse présager son amorce. Le voyage aux Etat-Unis de Philippe Bontemps a même un côté bouffon et sa rivalité amoureuse tient clairement du vaudeville. Bref, ce roman est une bouffée d’air frais dans un contexte, par ailleurs, passablement pesant.

  • L’Œil du purgatoire

    [1945] : cf. critique ci-dessous.



Lire la critique

COMMANDER

Joyeuses Apocalypses de Jacques Spitz

Ces derniers temps, Jacques Spitz revient à la mode, et l’on ne saurait s’en plaindre. Après la réédition récente de L’Œil du purgatoire chez L’Arbre vengeur, c’est au tour des éditions Bragelonne de rappeler à notre bon souvenir l’auteur de « romans fantastiques » avec cet étonnant omnibus comportant trois courts romans dont un inédit, six nouvelles pour la plupart inédites, et une intéressante postface de Joseph Altairac confrontant l’auteur français à H.G. Wells.

 

Lire la critique

COMMANDER

L’Oeil du Purgatoire de Jacques Spitz

L’œuvre de Jacques Spitz se fait rare dans les rayons des librairies, il est donc heureux de voir L’Arbre Vengeur rééditer L’Oeil du Purgatoire, publié pour la première fois en 1945.
Journal d’un peintre dont la quête de la beauté, semblant toucher à sa fin, va se renouveler pour contaminer l’ensemble de son univers, cette œuvre entre science-fiction et fantastique se révèle d’une force esthétique rare qui ne peut laisser indifférent.

 

Ubik