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Publié le 15/03/2005

"Sunk" de Fabrice COLIN & David CALVO

EDITIONS LES MOUTONS ELECTRIQUES, MARS 2005

Par Ubik

On m’avait dit que Fabrice COLIN et David CALVO réunit ensemble ça détonnait. Dans leur dernière livraison commune, « Sunk » paru chez Les moutons électriques, les deux lascars en remettent une couche et semblent s’être fait un malin plaisir d’en faire à nouveau des tonnes. Pour l’occasion, je teste mon ubiquité pour dresser un compte rendu en double point de vue.


UBIK 1 : Au premier abord, c’est-à-dire entre mes mains qui feuillettent, « Sunk » est le genre de roman qui attire le regard. Il faut adresser un grand coup de chapeau à l’éditeur André-François RUAUD car c’est un bel ouvrage qu’il nous propose là. La maquette flatte l’œil aveuglé par tant de monotonie et de laideur par ailleurs et, à l’intérieur, la mise en page intègre le plus naturellement possible au corps du récit les illustrations d’Arnaud CREMET. Au fait, est-ce que je vous ai dit que j’aimais beaucoup la façon dont les images d’Arnaud CREMET me titillaient favorablement le nerf optique, ajoutant par la même occasion, une dimension visuelle impeccable au texte ? Non ? Bon, c’est chose faite.

UBIK 2 : Bonjour la pommade. Certes, l’attrait pour l’objet est indéniable si on est fétichiste compulsif. Néanmoins, il n’en demeure pas moins un nombre conséquent de fautes d’orthographe et autres coquilles. Ou alors, c’est fait exprès ?

UBIK 1 : M’ouais ! Attachons-nous plutôt au lieu singulier où se déroule l’histoire. Sunk est une île improbable séparée en deux par une ceinture nuageuse constituant une barrière psychologique, mais pas seulement, infranchissable. Nul ne sait exactement si elle coule ou si la mer monte. Chaque jour, le ressac vient lécher goulûment de plus en plus près les pieds de ses habitants...

UBIK 2 : Attention de ne pas se faire croquer les oignons par les squales.

UBIK 1 : Tsss ! Sur ses côtes vit une population d’aspect grotesque, je pense notamment à ce sémaphore qui ouvre chaque chapitre. C’est là, un des points particulièrement réussi du roman, ce que renforce avec bonheur les illustrations imaginatives d’Arnaud Cremet. Cette population n’est d’ailleurs pas loin d’évoquer la faune particulière dont Mervyn Peake peuple la forteresse de Gormenghast. Hommage ou clin d’œil ? En tout cas, cela fonctionne bien.

UBIK 2 : Ben voyons ! Est-ce vraiment raisonnable ces trognes ridicules ; des personnages qu’on afflige de nez de cochon ou le cul à l’envers. Est-ce sensé de les infliger au lecteur ?

UBIK 1 : Bref, parmi ces créatures, CALVO et COLIN attachent notre attention à deux frères, Arnaud et Sébastien qui sont dotés d’un caractère bien trempé mais radicalement différent. C’est leur point de vue que nous suivons, alternativement, pendant que la mer monte. Autre grande réussite que ces deux personnages à la fois sensibles et déterminés. Bonne occasion de disserter sur les liens fraternels.

UBIK 2 : Ah ahahah ! N’importe quoi. ces deux frères. Moi, j’vous dit CALVO et COLIN sont deux sales gosses qui se foutent de la gueule du monde. Ceci me les rend sympathiques finalement.

UBIK 1 : Hum... Puisque le sujet est abordé, je pense justement qu’il ne faut pas réduire « Sunk » à une lecture au premier degré. Un niveau supérieur, disons symbolique, de lecture est envisageable [ là, je ne m’avance pas beaucoup, c’est marqué dans le résumé ].

UBIK 2 : Ah bon ? Allez balance ! Ca m’intéresse tes escarres verbeux.

UBIK 1 : Voilà donc. « Sunk » est une parabole sur notre monde.

UBIK 2 : Aaaaaah ! C’est pour ça que je n’ai pas tout capté.

UBIK 1 : Celle-là, c’est le bouquet. Bon, je veux dire plutôt une métaphore. Il faut envisager l’île comme un raccourci de l’existence. On naît, on meurt et entre les deux on essaie de survivre en se dotant d’éléments de connaissance ou de croyances adéquates ; ceci afin de donner un sens à la vie.

UBIK 2 : Ouaip ! Un récit sous LSD [ lourde stimulation délirante ].

UBIK 1 : De surcroît, CALVO et COLIN jouent avec les clichés de la fantasy. Ils en gauchissent la forme ; ils les détournent avec un humour irrésistible. A ce titre, la composition de la compagnie pour la conquête des cimes est mémorable. Nous ne sommes pas loin du sommet burlesque atteint par le fameux cirque volant des Monty Python.

UBIK 2 : Elle est complètement déglinguée la compagnie. Un nain monté comme un âne se prénommant Elvis, une gonzesse à moitié désapée, un vieux sage radotant, une armure barbare, un schizophrène doté des deux même personnalités [ et qui s’appelle Bien Bien, c’est le pompon ! ], Bob le paysan et une taupe ! Où va-t-on ? Quant à la quête initiatique ; une succession de soûleries au picon bière, des pugilats d’ivrognes, une roue de la fortune de la mort, des canards communistes [ manquerait plus qu’ils vendent La cause du palmipède ]. Tiens à force d’en parler, je commence à aimer le joyeux nihilisme et l’irrespectueuse déconnade de tes deux auteurs. J’suis sûr qu’on aurait pu être des potes au lycée.


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UBIK 1 : Sans doute. J’allais oublier pour terminer que ce roman m’a été chaudement recommandé par Daylon.

UBIK 2 : Ouaip ! Il ne reste plus qu’aux lecteurs potentiels à l’acheter pour se faire un avis personnel. On a été vachement utile !