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Publié le 26/10/2006

"Sur le seuil" de Patrick SENECAL

[PREM. ED. BEAUPORT, 1998]

ED. BRAGELONNE / L’OMBRE, 29 OCT. 2006

Par Shinjiku

Thomas Roy, célèbre écrivain d’horreur québécois, est retrouvé dans son appartement les dix doigts coupés, en état catatonique suite à une tentative de suicide. Le pragmatique et blasé psychiatre Paul Lacasse le reçoit non sans une moue sceptique dans son service psychiatrique.


Attention les yeux, Bragelonne va révolutionner le petit monde de la littérature fantastique en France grâce à des maîtres incontestés du genre, adulés outre-Atlantique. "Quoi c’est vraiment vrai ?" me demande le lecteur affamé d’horreur et de suspense... "Eh ben non, c’était une blague", répond-je avec un rictus malsain.

Du moins en partie : Patrick SENECAL, auteur québécois, est réellement connu en Amérique du Nord et le réputé meilleur de ses bouquins, en l’occurence "Sur le seuil", y est un best-seller adapté au cinéma en 2003 [je n’ai pas fait l’effort de chercher des renseignements sur ledit film, et on ne m’en voudra pas]. Qu’est-ce que cela signifie ? Que l’on prive le lectorat français de perles dissimulées ? Non, que le lectorat québécois a mauvais goût.

Je m’explique : que ce soit au niveau du style, de l’histoire, de la qualité de suspense ["Ce thriller, pour lequel on dirait que l’expression "suspense implacable" a été inventée, ne vous laissera pas dormir cette nuit", cf. la quatrième de couv’], de la profondeur des personnages ou des idées, ce roman est d’une vacuité abyssale. Même en cherchant bien, il n’y a rien à en retenir. Lorsque les personnages tournent pendant 150 pages autour d’un pot duquel on se fait une bonne idée depuis le début, la lassitude nous gagne.

Et si ce n’était que ça : les personnages principaux sont caricaturés à l’extrême, dénués de toute densité psychologique [paradoxal pour des psychiatres] et semblent disposer d’un bagage culturel et intellectuel de niveau collège. La platitude de l’écriture [Untel dit que, puis Unetelle dit que. Untel se sent alors très tourmenté, comme si... comme si il était très tourmenté] empêche de réveiller notre imagination mollement affalée dans un coin de notre cerveau. On pourrait se consoler s’il existait un tant soit peu d’ambiance, de frayeur au coin d’une page, de suspense de fin de chapitre : que nenni, on se contrefout des interrogations ésotériques dont on a saisi toute la teneur 200 pages avant les personnages, on n’a peur à aucun moment - et tout ça est, une fois de plus, une question de style défaillant [parachevée par une absence générale d’idées].

Histoire d’achever de façon moins stérile la pénible lecture de ce roman, on se met à évaluer l’objet qu’on a entre les mains pour faire à nouveau un constat d’échec : en dehors de la couverture moche on relève la grosse police de caractère et la taille impressionnante des marges, preuve que ce bon gros bouquin à 20 euros pourra aisément tenir en 200 pages en poche. Pour les fans de série Z je dis donc : patience.


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On l’aura peut-être compris, la collection "L’ombre" ne m’a pas spécialement convaincue avec ce premier titre. Gardons espoir : il y a parfois des livres pas si mal chez Bragelonne [en cherchant un peu]. Mais quand on songe que ce truc-là va se vendre alors que cet été disparaissaient les éditions de l’Oxymore ... ça fait mal.