Publié le 01/01/2005

« Sympathies for the Devil - R E D U X » de Thomas DAY

ED. DU BELIAL’, SEPTEMBRE 2004

Par PAT

Réédition du premier recueil de nouvelles de Thomas DAY, "Sympathies for the devil - Redux" reprend l’essentiel de ses caractéristiques, avec quelques petits changements notables [suppression de la préface, ajout de deux textes, élimination d’un autre, illustrations de Guillaume Sorel etc.]. Le propos principal reste heureusement [et jubilatoirement] le même : L’apocalypse. Dans toute son outrance.


Composé de 6 textes plutôt différents dans leur forme comme dans leur fond [malgré la thématique], « Sympathies for the devil - Redux » est probablement la meilleure manière d’aborder l’œuvre d’un auteur jugé radical, ultra violent et brutal. A la lecture des nouvelles, il apparaît pourtant que cette fureur sanglante est souvent motivée par une saine tendresse pour le genre humain, bien camouflée, certes, mais présente, et doublée d’un cynisme constant et déjanté.

C’est d’ailleurs ce qui séduit le plus chez Thomas DAY : cette manière toute bordélique [en apparence seulement, la construction des textes étant imparable] de présenter un monde en ruine, amoral, violent, machiste, manifestement désespérant, mais jamais vraiment sérieux. Texte central du recueil, « La notion de génocide nécessaire » [un vague éloge du nomadisme dans un futur proche] est un îlot de santé mentale et de calme, au milieu d’un océan d’humeurs moites et odorantes.

Reste que Thomas DAY est justement à l’aise avec les humeurs, et c’est dans ce registre qu’il offre le meilleur de lui-même. Ainsi « L’erreur », sublime nouvelle qui réconcilie Philip K. DICK et Thierry Paulin, dans une rocambolesque histoire aussi polardeuse que camée, pour un résultat non seulement magnifique, mais essentiellement parfait dans l’esthétique de l’immonde.

Plus loin, « Le démon aux yeux de lumière » prouve qu’efficacité narrative, inventivité délirante et intelligence stylistique peuvent s’allier à l’humour le plus vachard, pour une nouvelle qui propose une vision radicalement nouvelle [et fortement sexuelle, un détail qu’atrophient trop souvent nos amis religieux de toutes tendances] de nos bons vieux démons.


COMMANDER

On ne résumera évidemment pas les 6 nouvelles ici. Que le lecteur sache que, oui, décidément oui, « Sympathies for the devil - Redux » est un livre à lire. Mais c’est aussi un livre à rire, antagonisme de façade pour une sincère inquiétude quant à l’état général du monde et de l’abominable mesquinerie qui le caractérise.