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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Au milieu des années 70, une maladie d’un nouveau genre a frappé le genre humain. Une maladie qui s’est propagée en quelques mois et a mis fin à la civilisation telle que nous la connaissons.
Dans la banlieue de Los Angeles, Robert Neville a vu s’éteindre doucement sa femme et sa petite fille - puis il les a vu mourir. S’il avait obéi à la loi, il aurait dû porter leur corps au gigantesque bûcher dressé par les autorités, mais il n’a pas pû.
Alors il a mis en terre sa femme. Et l’horreur n’en a été que plus terrible lorsqu’en pleine nuit celle-ci est venue, murmurant son nom, gratter à sa porte, le teint blème, couverte de terre...
Hanté par ses souvenirs cauchemardesques, Richard Neville survit, seul, dans un pavillon familial qu’il a barricadé et équipé d’un groupe électrogène. La nuit, il essaie de dormir malgré les hurlements de ses anciens voisins qui rôdent autour de chez lui, cherchant à détruire son abri en dépit des gousses d’ail qu’il accroche partout et renouvelle régulièrement. Le jour, il se ravitaille, "chasse" les vampires endormis pour les détruire d’un coup de pieu en bois en plein cœur.. et veille à rentrer avant le coucher du soleil.
« A présent, c’est moi le monstre... »
L’originalité du récit de Richard MATHESON tient dans le traitement très scientifique qu’il a choisi de faire du thème du vampirisme : opposé à ses ennemis buveurs de sang, Richard Neville a d’abord recours aux remèdes classiques véhiculés par la légende : l’ail, les crucifix, les miroirs, les pieux de bois.
Mais, poussé à étudier ses prédateurs pour leur résister plus longtemps, il va comprendre que certaines "bonnes vieilles méthodes" ne sont d’aucune efficacité - et que les autres, si elles fonctionnent, ont une explication toute scientifique.
On opposera à cela que Richard MATHESON n’est pas un auteur de science-fiction et que les développement qu’il fait d’un vampirisme assimilé à une maladie bactériologique ne tiennent sans doute pas la route d’un pur point de vue scientifique. Néanmoins, c’est une approche nouvelle et suffisament efficace pour tenir en haleine le lecteur et alimenter les craintes et les doutes du personnage principal.
Le savoir faire de Richard MATHESON est redoutable : de l’errance désespérée de cet homme seul, survivant sans avenir rongé par son passé, il arrive à tirer un roman à suspens sans faille. Le lecteur se prend à partager les peines de Robert Neville, à trembler avec lui lorsque le danger s’annonce, à souhaiter une fin heureuse à cet impossible cauchemar. Les découvertes concernant la bactérie responsable de la maladie, l’épisode du chien errant, puis celui de la rencontre avec un autre survivant relancent l’intrigue et ce roman assez court se lit, en conséquence, en quelques heures intenses.
Je suis une légende a été adapté au cinéma à trois reprises :
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Ecrit dans les années 50, [25 ans à l’époque avant la date prévue pour le cataclysme], Je suis une légende est un classique à juste titre : le dernier Homme sur Terre, assailli par les souvenirs du bonheur enfui, contraint à la barbarie pour échapper à barbarie plus grande encore, est un héros qu’aucun lecteur n’aura de peine à s’approprier. On ne dévoilera pas la fin [déchirante], qui justifie le très beau titre du roman - et on se contentera de recommander ce roman très chaudement. |
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