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D'AUTRES AUTEURS


Le fabuleux conteur yoruba


Les parents de Amos TUTUOLA étaient agriculteurs au Nigeria. Il eut une enfance difficile, ne pouvant aller à l’école régulièrement, accaparé par le travail dans les champs, ce qui le poussa à abandonner définitivement sa scolarité alors qu’il était au collège. Pour survivre il effectua divers petits boulots de manière sporadique, de chaudronnier à veilleur de nuit dans un ministère en passant par planton ou encore messager.

TUTUOLA était victime d’un mal profond : l’ennui. Pour faire front, il s’inventa des histoires, issues des contes yoruba qu’ils connaissaient par cœur, et qu’il couchait sur le papier, dans un anglais imparfait, très proche de l’oral.

L’auteur s’immisça lui-même comme personnage principal de ses récits. Son premier roman, « L’ivrogne dans la brousse » fut publié chez Faber et Faber en 1952 à Londres. L’écrivain français Raymond QUENEAU, admiratif, le traduira l’année suivante.

TUTUOLA était si peu connu à l’époque que certains ont cru que c’était QUENEAU lui-même qui se dissimulait sous un pseudonyme. Mais le succès fut tel que, plus tard, TUTUOLA traduisit ses œuvres en yoruba [1]. Cette étonnante réussite lui value de sévères critiques de la part des intellectuels nigérians qui pensaient que cela jetait un discrédit sur leur pays. En effet, la prose de TUTUOLA est très étrange et sonne faux. L’auteur s’exprime dans un anglais approximatif tel que celui enseigné dans les années 30 au Nigeria, qui plus est basé sur le yoruba. TUTUOLA était d’ailleurs très conscient de ses fautes de syntaxe et d’orthographe.

Citons pour conclure Michèle Laforest dans sa préface de « La femme plume » : « Sûr de la valeur de son œuvre, connu à présent dans le monde entier, unique et inclassable, il avait à cœur de transmettre ce qu’il jugeait le plus précieux : la tradition, le souvenir des anciens, ces valeurs qu’il voyait se dégrader en Afrique et peu à peu s’éteindre ».

Amos TUTUOLA nous a quitté en 1997, à l’âge de 76 ans.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


- « L’ivrogne dans la brousse » [« The palm wine drinkard » - Première traduction française, 1953 - disponible actuellement aux éditions Gallimard / L’imaginaire, 2006.]

Depuis l’âge de 10 ans, notre narrateur boit du vin de palme sans modération. Son père alors engage un malafoutier chargé de lui préparer les calebasses de vin. Mais celui-ci va être victime d’une chute mortelle en tombant d’un palmier. Du coup, les amis du narrateur, eux aussi grands amateurs du vin de palme, ne viennent plus le voir car ils ne peuvent plus s’abreuver... Aux dires des anciens, les défunts ne montent pas directement au ciel mais séjournent auparavant quelques années sur terre. Notre narrateur, Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde, part donc à la recherche du malafoutier. Il parcourra un long périple semé d’embûches qu’il affrontera avec courage et grâce à des gris-gris lui permettant de se changer en oiseau, en courant d’air, en lézard et bien d’autres choses, qui lui seront bien utiles face aux esprits et autres créatures terribles et étranges...

Conte de tradition oral imprégné des mythes et légendes yorubas, ce récit rocambolesque teintées d’humour et d’originalité se dévore d’une traite. Un premier roman prometteur qui reçu un accueil très positif à sa sortie.

- « Ma vie dans la brousse des fantômes » [« My life in the bush of ghosts », première trad. française 1988 - Rééd. Poche 10/18, 1993 épuisée]

- « Simbi et le satyre de la jungle noire » [« Simbi and the Satyr of the Dark Jungle », VF en 1994 aux Editions Belfond, épuisée]

- « La femme plume » [« The Feather woman of the jungle », VF aux Editions Dapper, 2000]

Les gens du village se réunissent devant la maison du chef durant quelques veillées pour écouter le récit de ses vicissitudes au cours de ses voyages initiatiques. Les villageois sont abondamment abreuvés par celui-ci du traditionnel vin de palme. Chants et danses aux rythmes des tambours précèdent et succèdent chacun de ses récits. Tout commence lorsque adolescent, il est contraint d’aller chercher du travail hors de son village. En effet, son père, trop âgé pour s’occuper de la ferme, a emprunté pour nourrir et vêtir sa famille mais l’argent vient rapidement à manquer. Lors de ses divers périples, il devra se sortir du piège tendu par une femme plume qui fait bien des misères aux humains qui ne lui obéissent sur son territoire ; mais aussi venir en aide à un roi victime de sa femme qui détient un pouvoir surnaturel lui permettant de métamorphoser les gens ; ruser face à un couple de géants...

Dix ans après « l’ivrogne dans la brousse », l’auteur poursuit dans la même lignée en nous offrant un conte dans lequel la dimension surnaturelle se fait encore plus prégnante. La langue est toujours aussi surprenante et nous pouvons que vous invitez à savourer ce délicieux voyage.


Pegase


NOTES

[1] Le yoruba [nom local : yorùbá] est une langue tonale appartenant à la famille des langues nigéro-congolaises. Il est parlé par environ vingt cinq millions de personnes au Nigeria, où il est l’une des trois langues nationales, mais aussi dans certaines régions du Bénin et du Togo. Il se subdivise en de nombreux dialectes