EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

 
 
Publié le 06/02/2011

Terra ! de Stefano Benni

[Terra !, 1983]

REED.MNEMOS, NOV. 2010

Par K2R2

Ecrivain, poète et journaliste italien, Stefano Benni est loin d’être un débutant de la scène littéraire, il flirte même depuis de nombreuses années avec les littératures de l’imaginaire. Mais c’est bien la première fois qu’il se lance dans un roman post-apo pur sucre, enfin pas tout à fait car Terra ! date de 1983. Roman satirique joyeusement barré qui épingle avec plus ou moins de finesse les travers de notre société moderne, Terra ! se situe à mi chemin entre un Douglas Adams et un John Brunner. Alors, Stefano Benni a-t-il trouvé le juste-équilibre entre humour décalé et critique acerbe du consumérisme ? Pas sûr. D’autres s’y sont cassé les dents bien avant lui.


Imaginez un peu. L’apocalypse nucléaire a bien eu lieu, tout cela parce qu’un petit rongeur, accablé par la chaleur harassante du désert californien, s’est glissé dans un conduit de climatisation du centre de contrôle des armes nucléaires, provocant un court-circuit tout à fait insignifiant mais à l’origine d’une terrible méprise. Voilà comment la troisième guerre mondiale a débuté, donnant naissance à un hiver nucléaire épouvantable, obligeant les survivants à se terrer sous la surface pour se protéger des radiations et du froid. À bout de souffle, l’humanité survit tant bien que mal, alors que les ressources énergétiques se font de plus en plus rares. Les hommes ont bien tenté de gagner les étoiles, mais jusqu’à présent, aucune planète de remplacement n’a été jugée viable. Jusqu’à ce qu’une tête brûlée, un explorateur freelance, découvre aux confins d’un amas stellaire une planète assez vaste et accueillante pour héberger définitivement les survivants. Sauf que ce dernier a disparu après avoir envoyé son dernier message. Qu’importe, l’une des trois principales nations terrestres décide de brûler ses dernières réserves énergétiques pour organiser une mission de reconnaissance. Bien évidemment, l’espionnage étant devenu un sport fort répandu, les deux nations concurrentes (le Japon et un conglomérat regroupant la Russie et les pays du golfe persique) envoient de leur côté des missions concurrentes. Et pendant que ces fines équipes parcourent la galaxie, un scientifique et un télépathe chinois fouillent les vestiges de vieilles cités incas, à la recherche d’une mystérieuse source d’énergie.

Avantageusement (ou abusivement) comparé en quatrième de couverture à Swift et Vonnegut, Stefano Benni s’en donne à coeur-joie, mais reste assez loin des deux maîtres ; on frise au mieux la farce gentiment farfelue. On sourit au détour d’un chapitre, on relève de temps à autre une idée brillante, mais la plupart des effets tombent à plat. L’ensemble manque singulièrement de mordant et de profondeur, parce qu’en définitive Stefano Benni ne pousse jamais la logique jusqu’au bout (soyons clair, c’est la fin qui plombe indiscutablement ce roman). La critique est bien trop légère et si les astuces font sourire elles restent fugaces et n’imprègnent jamais le lecteur. Finalement, et c’est bien là le plus gênant, les petits contes et autres paraboles, insérés régulièrement au fil des chapitres, font figure de véritable bouffées d’air frais dans une trame générale qui manque singulièrement de pêche.


COMMANDER

Soit, prenons alors Terra ! pour ce qu’il est, un petit roman sympathique, plutôt bien écrit, assez drôle et relativement léger, mais trop bancal. Quant à Stefano Benni, ses écrits ultérieurs prouvent qu’il est bien l’auteur brillant que Terra ! laisse transparaître au détour de certains chapitres.