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Publié le 01/01/2011

The Sundays Books (Les Livres du dimanche) de Mervyn Peake & Michael Moorcock

ED. DENOËL GRAPHIC, NOV. 2010

Par Ubik

The Sundays Books réunit deux auteurs britanniques de l’Imaginaire en Albion, et non des moindres. Casting de rêve pour un ouvrage hors norme : aux pinceaux Mervyn Peake et à la plume Michael Moorcock. De cette collaboration posthume naît un livre d’images, à la fois poétique et humoristique, s’aventurant dans l’intimité d’un auteur inclassable aux multiples talents : Mervyn Peake.
L’hommage digne et touchant de Michael Moorcock à son aîné et ami.


Michael Moorcock n’a jamais fait secret de son admiration pour Mervyn Peake. Un sentiment dont on retrouve l’écho dans son roman Gloriana. Souvent cité outre-Manche parmi les auteurs majeurs du XXe siècle, Peake est beaucoup moins célèbre dans l’Hexagone, notre connaissance de son œuvre se limitant à la trilogie de Gormenghast et aux illustrations produites pour Alice de Lewis Carroll, ouvrage récemment édité chez Calmann-Levy. Une renommée toute relative cantonnée au lectorat féru de bizarreries et d’univers absurdes — tournure d’esprit peu répandue en France...

The Sundays Books ne doit pas être considéré comme une grande nouveauté, un inédit à la parution longtemps repoussée. Il s’agit plutôt du fruit d’une collaboration par procuration, celle d’un auteur contemporain passeur de l’œuvre d’un prédécesseur révéré.
L’ouvrage jouit d’une longue préface de Michael Moorcock dans laquelle il contextualise le matériau iconographique à sa disposition, rappelant, à grand renfort de photos familiales, quelques jalons de la carrière et de la vie de Mervyn Peake.
L’auteur britannique laisse ensuite courir son imagination, se mettant dans la peau de Peake lors de sa retraite en famille sur l’île anglo-normande de Sercq. Ces longues journées venteuses où il ne fait pas bon sortir et où l’inactivité des enfants épuise les parents.
Armé de crayons et de son imagination, Peake échafaude des aventures empreintes de références à Robert Louis Stevenson, Lewis Carroll, Stanley L. Wood [http://en.wikipedia.org/wiki/Stanle...], James Matthew Barrie et bien d’autres. Des récits picaresques animés par des pirates d’eau douce en quête de trésors et des Indiens de pacotille dans un décor de fantaisie. Des histoires au non sense certain, agrémentées de chansons, de poèmes, de bouts rimés, de morceaux de bravoure extravagants, propres à amuser l’esprit des enfants. Une atmosphère de fête et de magie dont on a égaré la bande-son improvisée.
Le résultat ne laisse pas de marbre. L’émotion affleure comme souvent lorsqu’on touche à l’intime. Les lignes des cahiers transparaissent sous les dessins, parfois maladroits car improvisés dans le vif de l’histoire. Même si The Sundays Books évoque une époque bénie et révolue, l’amour ainsi que l’admiration concourant à sa réalisation semblent intacts. Avec une touche de nostalgie pour faire bonne mesure, car il n’y a pas de mal à convoquer le passé pour combler un manque.


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Au final, The Sundays Books peut paraître anecdotique. Il est certain que l’ouvrage n’apporte pas grand chose à l’œuvre de Mervyn Peake. En revanche, il dévoile une facette méconnue du personnage, puisque cantonnée au domaine privé, et s’impose comme le livre idéal pour les interminables journées d’oisiveté en famille, tout en étant l’hommage respectueux d’un fils spirituel à son père.

En somme, un bel objet, conçu comme un écrin pour accueillir ces choses fragiles et fugaces que l’on nomme souvenirs.