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Publié le 06/06/2006

"Tideland" de Mitch CULLIN

["Tideland"]

EDITIONS NAÏVE, MAI 2006

Par PAT

Dans le domaine du “paysage mental”, les bons livres sont rares. Si “Tideland” n’est assurément pas le chef d’oeuvre vanté par ses éditeurs, ce court livre est tout de même un modèle du genre.

Raconté à la première personne sous forme de dialogues imaginaires, “Tideland” décrit minutieusement l’étrange quotidien d’une gamine d’une douzaine d’années, au beau milieu d’un Texas paumé et parfaitement accessoire.


Seule habitante d’une maison à l’abandon, Jeliza-Rose s’invente un univers personnel, peuplé de créatures et d’amis fantasmagoriques. C’est le cas de ses 4 têtes de poupées Barbie, chacune ayant son caractère propre et discutant avec la petite fille le plus naturellement du monde.

Sur le canapé du salon, le père de Jeliza-Rose pourrit lentement. Vieux guitariste de country sur le retour, il a débarqué ici avec sa fille pour échapper aux complications qui auraient immanquablement suivi la découverte du corps de sa femme après une OD fatale. Probablement mort de vieillesse, le vieux se momifie lentement pendant que sa fille mène sa vie au milieu des ordures et des immondices.

Fascinée par une voisine déglinguée qui se ballade en costume d’apicultrice, Jeliza-Rose découvre les secrets du monde des adultes et le lien quasi psychotique qui unissait son père à cette voisine taxidermiste [qui s’occupera d’ailleurs d’empailler le corps du musicien, mettant en place l’un des plus beaux décors de la littérature contemporaine].

En marge de ces retrouvailles, Jeliza-Rose vit des aventures quasi épiques sur une surface pourtant réduite [une épave de bagnole magnifiquement transformée en sous-marin par la magie de l’imagination, cernée de requins particulièrement hargneux] en compagnie du frère de la voisine, un semi débile gentil comme tout, mais qui possède tout de même deux bâtons de dynamite dans sa chambre...

NB : Ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique chapeautée par Terry GILLIAM himself. Détail amusant, « Tideland » est un roman très visuel, sans scénario minutieusement construit. On attend donc avec une impatience mal contenue le résultat passé à la divine moulinette du non moins divin GILLIAM.


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Bien raconté, drôle, émouvant et, somme toute, bien déjanté, “Tideland” possède une gravité qui lui confère une indéniable élégance. Reste qui si certains passages sont véritablement excellents, on a surtout l’impression d’assister à une débauche de très bonnes idées, sans véritable structure centrale.

De fait, “Tideland” est un roman trop linéaire et presque ennuyeux. Deux défauts que l’originalité du ton et l’évidente sincérité de l’auteur n’arrivent pas à masquer.